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Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2008-12-11

Wortprotokoll

Je tiens d'abord à remercier les intervenants pour le jugement positif qu'ils portent sur le travail qui a été effectué au sein du domaine des EPF. Monsieur Bischofberger, Madame Leumann et Monsieur David l'ont souligné. Monsieur David a été - c'est son charisme - plus critique et cela mérite que l'on s'y arrête un instant.

Je crois que l'on ne peut pas mesurer de manière trop appuyée le succès de l'école polytechnique sur le fait que des places sont créées ou non. Ce n'est pas l'école polytechnique qui peut créer des places de travail. Elle peut former des gens qui sont capables de vouloir créer des places de travail, mais l'école polytechnique ne peut pas être rendue responsable du fait que ces dernières années, par exemple, les salaires étaient tellement élevés dans le domaine des finances que les gens qui auraient eu la vocation d'aller dans l'industrie sont partis dans la finance. Je crois que les choses vont se corriger d'elles-mêmes.

Le deuxième point, c'est qu'en écoutant votre discours, on a l'impression que l'école polytechnique est une université technique, une sorte de "HES plus". L'école polytechnique a aussi pour vocation de faire de la recherche fondamentale. Je crois que le jour où l'on abandonnera cette vision des choses, on mettra en péril toute la chaîne jusqu'à la production. En effet, c'est à travers la recherche fondamentale que se reconstituent - c'est un thème que j'ai souvent abordé - les réserves de technologies. Lorsque vous faites de la recherche fondamentale, vous n'êtes pas sûrs d'aboutir à une technologie nouvelle. Mais sans la recherche fondamentale, à coup sûr, vous n'aurez pas de technologies nouvelles très intéressantes.

N'oublions pas l'importance de la recherche fondamentale pour les écoles polytechniques. C'est là qu'elle doit être faite et on ne peut pas tout mesurer au résultat économique. Bien sûr qu'il y a des améliorations à faire et les EPF en sont conscientes. Elles sont un peu en compétition pour le nombre de "spin-off" qui sont créées chaque année. Les deux écoles jouent, globalement, bien leur rôle quand on compare le résultat obtenu en Suisse avec le résultat qui est atteint dans les grandes universités américaines qui sont toujours citées en exemple.

Un autre point sur lequel j'ai écouté vos remarques, mais où j'ai eu le sentiment qu'on n'était peut-être pas d'accord à cent pour cent, c'est l'aspect concernant les technologies nouvelles et le besoin en ingénieurs. Vous l'avez dit, on jugera les écoles polytechniques sur leur capacité à fournir des gens aux secteurs technologiques nouveaux. Puis, en fin d'intervention, vous avez rappelé que l'on a besoin d'ingénieurs. Mais on a besoin d'ingénieurs aussi dans des technologies traditionnelles pour renouveler les infrastructures, pour faire des tunnels. Il ne s'agit pas toujours de technologies nouvelles, il s'agit de gens qui sont capables d'adapter les techniques nouvelles à un métier traditionnel.

Lorsque je discute avec des industriels, un certain nombre d'entre eux regrettent - faussement, à mon sens, parce que [PAGE 969] les écoles polytechniques continuent à faire un effort dans ce sens - que les écoles polytechniques ne fournissent plus à l'économie suisse assez d'ingénieurs traditionnels en mécanique, en génie civil. Ce qui m'a d'ailleurs positivement surpris cette année, c'est le nombre d'étudiants en mécanique, qui est à nouveau en augmentation. Il y a des espèces de tendances souterraines dans les choix, que l'on maîtrise peu et qui tiennent sans doute à des personnes ou à des événements extraordinaires. Bref, je suis convaincu que le système fonctionne bien.

Comme l'a dit Monsieur Bischofberger, il y a non pas une menace, mais une concurrence plus forte maintenant avec les universités allemandes qui sont en train de faire un effort, notamment les universités d'élite. Je suis convaincu qu'il faut avoir à l'esprit la nécessité d'avoir des entrepreneurs innovateurs et qu'il faut créer un esprit dans ce sens, mais n'oublions pas la recherche fondamentale, n'oublions pas les sciences de l'ingénieur traditionnelles, parce qu'il y a un puissant besoin de renouvellement de nos infrastructures. Donnons donc les moyens et la liberté aux écoles polytechniques de remplir leurs fonctions.

Je crois que cela sera un challenge ces prochaines années: sera-t-on capable de leur laisser assez de liberté pour qu'elles puissent répondre aux besoins nés de la concurrence internationale? Peut-être quand même pas trop de liberté, parce que si on leur laisse, en matière de salaires notamment, une liberté trop grande, assez rapidement elles trouveront toutes les raisons pour augmenter tout le monde au-delà de ce qui est nécessaire. Mais cette question sera discutée au quotidien avec le président du Conseil des écoles polytechniques fédérales ici présent, qui est assis modestement à l'ombre de la colonne du temple, et avec les autres responsables des écoles.