Lexipedia

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-12-18

Wortprotokoll

Il n'y a pas que les personnes qui sont en visite chez nous qui sont concernées par les questions de traduction. La Suisse accueille aussi de nombreux étrangers qui viennent de divers pays. Dans le canton de Neuchâtel, nous avons beaucoup d'anglophones qui viennent des Etats-Unis ou d'Angleterre, actifs dans des entreprises de pointe dans les domaines de l'horlogerie et de la microtechnique, plus ou moins bien intégrés et comprenant plus ou moins bien le français. Ces personnes peuvent aussi être amenées à consulter nos services médicaux, et je ne sais pas si tous les médecins du canton de Neuchâtel savent l'anglais plus ou moins bien.

Actuellement, les droits des patients sont de plus en plus étendus. On admet que le patient doit comprendre le traitement qui lui est appliqué et, dans toute la mesure possible, il doit y adhérer. Cependant, il ne s'agit pas seulement du respect du patient, mais aussi de l'efficacité du traitement. Si le patient comprend et approuve le traitement qu'il suit, il y a de fortes chances pour qu'il le suive mieux et qu'il guérisse plus vite. On sait actuellement, par certaines enquêtes, qu'une grande partie des patients ne suivent pas les traitements prescrits, qu'ils ne prennent pas les médicaments ou qu'ils les prennent à des doses différentes de celles prescrites, ce qui entraîne un certain manque d'efficacité.

Il est évident que pour que le patient puisse participer à la réussite de son traitement, il faut qu'il comprenne ce qu'on lui demande, ce qu'on attend de lui. Cette possibilité de traduction ne fait pas seulement partie de l'efficacité, mais aussi de la sécurité du traitement. En ce sens, la prise en charge d'interprètes par la LAMal peut se révéler utile, et même parfois nécessaire. Il est important que le financement des services d'interprétation soit assuré au niveau national, et pour le moment cette question n'est pas réglée. Il y a fort à parier que cette prestation supplémentaire ne serait pas coûteuse, du fait que la grande majorité des patients parlent la langue de la région où ils vivent. Pour la petite minorité de ceux qui doivent recourir à un interprète, on peut admettre que l'augmentation de l'efficacité du traitement peut compenser partiellement les coûts engendrés.

Selon l'OFSP, le coût des prestations d'interprétariat s'élèverait actuellement à 5 millions de francs. Ces frais sont financés de diverses manières par les cantons, les fonds privés, les ressources propres des hôpitaux, etc. Les traducteurs existent déjà. La liste est à la disposition des autorités, puisqu'ils sont déjà utilisés dans le domaine judiciaire. Il ne s'agirait donc pas de créer de nouvelles listes, de donner de nouvelles formations, mais uniquement de recourir au réseau qui existe déjà. Le droit d'être entendu dans les procédures judiciaires fait que l'Etat met déjà des interprètes à la disposition des étrangers confrontés à la justice. Il suffit donc que l'on ajoute cette prestation soit à la liste des prestataires reconnus par la LAMal, soit à la liste des prestations remboursées par le Tarmed. L'OFSP et H+ ont désigné un groupe d'experts qui nous a fait parvenir un rapport très intéressant sur l'accueil des étrangers dans les hôpitaux. H+ tient beaucoup à l'introduction de cette prestation. Les hôpitaux ont l'expérience de ce qui est nécessaire pour leurs patients.

Je vous propose donc d'adopter la motion Recordon.

Ory Gisèle · Ständerat · 2008-12-18 | Lexipedia | Lexipedia