Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP/EVP/glp · 2009-03-03
Wortprotokoll
Je voudrais tout d'abord souligner que nous ne discutons pas d'un détail. Le seul problème sérieux de la Suisse est son approvisionnement en énergie. A ce titre, il faudra tirer sur toutes les ficelles. Il faudra des mesures d'économie, il faudra développer le renouvelable, mais il faudra aussi assurer la transition, et l'énergie de fission est une des possibilités pour assurer cette transition. Nous ne pouvons pas faire l'impasse là-dessus et, comme certains l'ont fait, opposer stérilement une voie à une autre. Il faudra les prendre toutes.
Je voudrais en venir maintenant au scepticisme dont ont fait preuve un certain nombre d'orateurs. Oui, tous les cinquante ans on nous annonce que l'énergie de fusion sera au point dans cinquante ans. Je voudrais poser une question aux gens qui sont dans cette assemblée: savez-vous combien de temps il a fallu pour mettre au point la machine à vapeur? La possibilité théorique a été découverte par Héron d'Alexandrie au Ier siècle de notre ère, mais la réalisation pratique est l'oeuvre de James Watt au XVIIIe siècle. Donc, la recherche nécessite beaucoup de patience, et l'on ne peut jamais prédire ce qui va se passer.
Je prends un autre exemple, personnel celui-ci: quand je suis arrivé en 1972 à l'Ecole polytechnique fédérale, le président m'a demandé de créer une commission pour lutter contre les ordinateurs personnels qui n'avaient manifestement aucun avenir. Il s'est donc trompé et je n'ai pas dirigé cette commission.
Nous ne savons donc pas ce qui va se passer. Dire, comme le prétend Monsieur van Singer, qu'il n'y a pas d'avenir, c'est prendre la position opposée à celle de ceux qui disent qu'il y a un avenir. Nous nous trouvons devant une proposition indécidable. Cependant, nous sommes embarqués et nous devons prendre une décision. Dans ce cas-là, dans le doute, dans l'incertitude, la règle en matière de recherche ne consiste pas à dire: "Dans le doute, abstiens-toi" mais: "Dans le doute, explore ce doute", comme l'a fort bien dit Monsieur Noser.
Quant à prétendre qu'il faut se serrer la ceinture parce que nous sommes dans une crise économique, je dirai que c'est le moment idéal pour investir dans la formation, dans la recherche et dans la culture.
Enfin, dernier argument, je dirai que nous ne sommes pas seuls. Nous occupons un petit strapontin à l'intérieur d'Euratom alors qu'un pays comme la Corée, qui nous est comparable, est un participant à temps plein. Alors voulons-nous, oui ou non, rester un pays développé techniquement en courant les risques que la recherche implique? [PAGE 46]
Votre commission vous propose donc de suivre le Conseil fédéral.