Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-03-03
Wortprotokoll
Voilà bien un sujet qui oppose de nouveau l'UDC au reste du monde! Evidemment, nous serons les seuls à voter pour cette abrogation de la norme pénale antiraciste. Mais puisque la liberté d'expression est encore de mise dans cette salle, je vais quand même essayer d'expliquer pour quelles raisons nous le faisons.
Pour nous, la démocratie est d'abord caractérisée par la liberté d'expression. La restriction de cette liberté est l'apanage des systèmes totalitaires. Et c'est donc, à nos yeux, indigne de la Suisse. Car là ou les gens ne peuvent pas parler librement, nous avons effectivement une contrainte, nous avons le délit d'opinion. C'est exactement ce qu'introduit cette norme pénale antiraciste: elle introduit un concept de délit d'opinion.
Le Code pénal prévoit déjà la diffamation, l'injure et l'atteinte à l'honneur. Cet arsenal est prévu, on pourrait - et on l'a [PAGE 61] déjà fait dans le passé - invoquer le racisme comme circonstance aggravante, ce qui ne me gêne pas. Mais la norme pénale antiraciste, elle, met la pression sur la critique et surtout sur sa libre expression. Or, à nos yeux, il faut pouvoir parler librement de tout. De nos jours, vous critiquez le PACS et vous devenez un homophobe; vous critiquez le côté antidémocratique de la norme islamique, vous êtes un islamophobe; et j'en passe, dans l'immigration également. Emettre un avis critique devient horriblement difficile. On doit peser ses mots, on doit quasiment faire contrôler chaque lettre de lecteur par des avocats.
On nous dit, certes, que la plupart des plaintes dans ce domaine n'ont pas abouti, ce qui est vrai. Mais l'effet de cette norme pénale antiraciste est différent, il est indirect. Ce qui est obtenu, c'est une pression indirecte sur la liberté d'expression. C'est une menace d'avoir des procédures, des frais, des désagréments. Je connais différentes personnes qui ont été l'objet d'une telle plainte et qui ont juré leurs grands dieux de ne plus jamais recommencer à risquer un mot de trop. En effet, même s'il n'y a pas condamnation au bout, il y a de longues procédures, il y a des frais élevés et il y a surtout l'opprobre sur la place publique à travers les médias. Vous êtes condamné par les médias, à l'avance, sans qu'il y ait finalement eu de condamnation pénale. Avec cette manière de faire, on obtient des citoyens qui se taisent tout simplement.
Mais, ce qui est plus grave pour le pays, c'est que les problèmes dont on n'ose plus discuter - puisqu'on est constamment menacé de plainte pénale - ne sont pas pour autant résolus. Et ils continuent à pourrir la situation en sous-jacence.
Est-ce qu'une telle norme pénale antiraciste rend un raciste moins raciste? Est-ce que parce qu'il y a cette norme, cette menace de condamnation, quelqu'un qui fait de l'urticaire en voyant, par exemple, un Chinois ou une personne de ce genre - ça existe, ça me semble un peu étrange, mais c'est comme ça - deviendrait pour autant moins raciste? Je pense plutôt qu'il va augmenter sa frustration et sa haine, qu'il deviendra encore plus raciste, qu'il sera de par sa frustration encore plus à même de commettre l'irréparable. Je ne vois donc pas l'avantage pédagogique de cette démarche.
Evidemment, ces derniers temps, on essaie de nous faire croire que la Suisse est le coeur noir de l'Europe, que notre pays est peuplé de racistes et de xénophobes. Je vis aussi dans ce pays, j'enseigne dans un collège, je regarde dans mon village: franchement, pour moi, ce n'est tout simplement pas vrai. Les gens sont tout ce qu'il y a de plus normaux. De temps en temps, si quelques agités dépassent toutes les limites, ils peuvent être condamnés sur la base du Code pénal. Automatiquement, si les limites sont dépassées, s'il y a une injure, une diffamation, une atteinte à l'honneur, les auteurs de ces actes sont condamnés.
J'en conclus donc qu'au niveau de la liberté d'expression et de la démocratie il faut abroger cette norme pénale antiraciste qui est absolument indigne d'un pays libre comme la Suisse.