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Baettig Dominique · Nationalrat · 2009-04-28

Baettig Dominique · Nationalrat · Jura · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-04-28

Wortprotokoll

La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique a décidé le 25 mars 2009, par 13 voix contre 9 et 1 abstention, de ne pas donner suite à l'initiative parlementaire Meyer Thérèse qui vise à une prévention du suicide des jeunes.

Les arguments qui ont été discutés à cette occasion relèvent de deux logiques. Une première logique était plutôt politico-juridique. Certains - comme l'auteur de l'initiative - considèrent qu'il faudrait inscrire dans la législation, et en particulier dans la loi sur la prévention et la promotion de la santé en cours d'élaboration, la problématique du suicide des jeunes qui est effectivement très cruelle et très difficile, très inquiétante dans notre pays, qui serait le premier au hit-parade du taux de suicide des jeunes. Cette cause de mortalité est aussi fréquente que celle des accidents de la circulation.

Une autre partie des membres de la commission a estimé que cette initiative parlementaire n'était ni pertinente ni opportune et qu'il y avait déjà eu, dans le cadre de la consultation sur la loi sur la prévention et la promotion de la santé, une prise en considération de cette problématique. Par ailleurs, la possibilité existe, dans un second temps, d'amender le projet de loi si on estime qu'il n'est pas suffisamment tenu compte de cette problématique.

Il y a un argument d'un autre type, argument qui relève plutôt de la critique de la bureaucratie sanitaire et juridique: en substance, la problématique du suicide ne saurait être limitée à l'inscription dans la loi de recommandations vagues quant aux comportements relatifs à la santé. En effet, le suicide chez les jeunes - il faut aussi relever que le nombre de suicides est en train d'augmenter chez les personnes âgées - est lié à un certain nombre de facteurs facilitants qui sont la consommation de substances, la dépression, le divorce, les licenciements, les maladies en phase terminale.

Ainsi, le suicide n'a pas une seule cause, et l'accroissement des connaissances sur la problématique du suicide ne suffira pas à combattre le problème. En effet, le suicide des jeunes nous renvoie à la figure les problématiques de l'indifférence de la société, de l'éclatement des familles, de l'indifférence par rapport à la souffrance. Je crois qu'on ne peut pas inscrire dans la loi qu'il faut être attentif à autrui et qu'il faut, si on souffre, oser parler à ses proches de ses difficultés.

La professionnalisation de l'aide au suicide n'est évidemment pas non plus une bonne piste, je le sais en tant qu'expert, puisque la plus grande peur des personnes qui sont suicidaires ou présuicidaires, c'est de s'adresser à des professionnels, à des médecins, qui les stigmatisent et les hospitalisent par la suite.

Ce sont les raisons pour lesquelles je vous encourage à ne pas donner suite à cette initiative parlementaire; la commission a décidé par 13 voix contre 9 et 1 abstention de ne pas y donner suite.