Lexipedia

Burkhalter Didier · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-05-26

Wortprotokoll

Je reprends la parole non pas forcément parce que j'ai été interpellé, mais parce que j'estime que ce qui vient d'être dit mérite trois brèves remarques. [PAGE 323]

D'abord, Monsieur Bürgi a dit que ces initiatives parlementaires étaient des "Kinder der Vergangenheit": les enfants grandissent! ce sont les adultes de l'avenir. C'est bien cela la réalité. En effet, comme toujours, une initiative parlementaire, on la dépose, puis on l'examine, puis elle grandit, et après on juge les travaux effectués. Je respecte le fait que certains pensent qu'elles ont mal grandi ou qu'elles ont grandi de manière qu'on décide de leur couper la tête un peu plus tôt que prévu. Mais je pense que c'est faux, je pense au contraire que le projet qui en est issu est maintenant mûr pour être en tout cas largement débattu et au moins partiellement accepté.

Ensuite, il y a alors quelque chose qui me paraît vraiment faux, c'est ce slogan qu'on scande: "Routinebericht". Cela, c'est vraiment faux et c'est particulièrement faux si on fait entièrement la démarche selon l'initiative parlementaire que j'ai eu l'honneur de déposer. Bien sûr que si on ne présente que le rapport réactualisé tous les quatre ans, Monsieur Bürgi, cela aboutit peut-être à ce que ce risque se réalise, mais si on prend jusqu'au bout, tous les quatre ans, sur la base d'une analyse stratégique, la responsabilité de décider des moyens qu'on donne et de décider des compétences qu'on veut acquérir sur quatre ans, alors c'est l'inverse! C'est le contraire de ce qui se passe aujourd'hui.

Et qu'est-ce qui se passe aujourd'hui? Il y a dix ans que le Conseil fédéral a fait son rapport sur la politique de sécurité. J'aimerais bien que ceux qui ont participé à ce débat nous disent à quel point il avait été intéressant, à quel point il avait beaucoup intéressé la plupart des députés à l'époque. Eh bien, pas du tout! Le rapport a été accepté très facilement, on en a pris acte, et il n'y a eu aucune conséquence - aucune!

Si vous faites la démarche complète, avec les conséquences, vous avez une véritable stratégie. Une stratégie, c'est quoi? C'est un objectif principal, des moyens et un agenda. Avec la proposition que j'ai faite sous forme d'initiative parlementaire, vous avez l'analyse stratégique, les compétences avec le programme quadriennal et l'agenda puisqu'il est donné sur quatre ans.

Troisième remarque, et ce sera la dernière: je suis désolé, il est tout à fait faux de dire que la démarche proposée enlève de la flexibilité. C'est encore plus faux de le dire sur la base du rapport de la commission parce que dans ledit rapport vous avez notamment la prise de position de l'économie privée et également ce qui se passe à l'étranger. Ainsi en France, par exemple, on a une loi de programmation militaire sur six ans. Or je n'ai pas du tout l'impression qu'en France on manque de flexibilité en matière de politique de sécurité. C'est peut-être même exemplaire sur le plan de l'analyse, en particulier le fameux "livre blanc" et les décisions qui s'ensuivent; c'est peut-être un exemple à suivre dans notre pays.

Mais, concernant la flexibilité, j'aimerais rappeler, en particulier aux "Sicherheitspolitiker" présents dans cette salle, que nous avons pris ici la responsabilité du concept de montée en puissance qui est un concept extrêmement difficile à concrétiser. Cela veut dire que nous n'avons pas les moyens de nos ambitions selon les différents scénarios de crise sécuritaire et qu'à un moment donné il faudra acquérir davantage de moyens et de compétences et donc, vraisemblablement, de l'armement, et cela plus rapidement. Tout le monde l'a dit, notamment les représentants concernés de l'économie privée suisse: seul un crédit-cadre permet la réaction la plus rapide parce qu'évidemment, les moyens sont déjà à la disposition du Conseil fédéral pour réagir de manière rapide. Donc, ces éléments pourraient être présentés sous un autre jour.

Je vous demande une fois encore de bien vouloir permettre l'ensemble de la discussion et d'entrer en matière.