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Exploitation des prairies et pâturages secs

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Exploitation des prairies et pâturages secs

Zygène

Lézard des murailles

A quoi sert ce document ? Pourquoi favoriser les prairies et A sensibiliser et informer sur les richesses et pâturages secs ? particularités des prairies et pâturages secs La faible densité de la végétation favorise s’embroussaillent et, à terme, les espèces (PPS). la présence des nombreuses espèces qui caractéristiques disparaissent. Une gestion A montrer la relation entre l’exploitation des aiment la chaleur et une forte luminosité. adéquate des surfaces qui subsistent PPS et la faune et la flore. • Dans les PPS on recense environ les deux est donc indispensable pour assurer leur tiers (env. 1700) des espèces végétales pérennité. A qui s’adresse ce document ? de Suisse dont un tiers sont rares et A toutes les personnes confrontées à la menacées. De plus, les PPS sont riches en gestion des PPS: exploitants-es, conseillers- mousses et lichens. Conditions et contributions ères agricoles et personnes travaillant dans le • Les PPS sont des habitats pour de nom- Dans la plupart des cantons, l’exploitation des domaine de la protection de la nature. breux groupes d’animaux tels les oiseaux, prairies et pâturages secs peut faire l’objet d’un contrat en vertu de la Loi fédérale sur la protection les reptiles, les araignées et les insectes; de la nature (LPN) ou de lois cantonales. Les Que sont les prairies et y vivent, par exemple, près de la moitié des conditions d’exploitation/utilisation figurant dans pâturages secs ? espèces de papillons de jour. le contrat sont déterminées par les services can- Les PPS sont des surfaces herbagères à • Les PPS reflètent la diversité climatique et tonaux de protection de la nature, en fonction des caractéristiques, de la diversité biologique et de rendement faible caractérisés par : géographique de la Suisse et contribuent l’exploitation antérieure de la surface. Le respect

  • un sol filtrant et très pauvre en éléments à la richesse et à la beauté paysagère de de ces conditions donne généralement droit à nutritifs; notre pays. des contributions dont le montant est déterminé par le canton. Selon le canton, ces contributions

  • une disponibilité en eau limitée; s’ajoutent ou sont combinées avec les contribu-

  • un ensoleillement important; Cette diversité remarquable est menacée. tions obtenues par le biais de l’Ordonnance sur

• une utilisation extensive (utilisation peu Une utilisation plus intensive, la reforestation, les paiements directs (OPD) et de l’Ordonnance sur la qualité écologique (OQE) (ces surfaces sont fréquente, en principe pas de fertilisation). l’urbanisation et l’abandon de l’exploitation, souvent des surfaces de compensation écologique surtout en zones de montagne, ont conduit à et remplissent les critères qualité de l’OQE). Ces conditions particulières permettent le la disparition d’environ 90% de ces surfaces Dans tous les cas, les conditions et développement de nombreuses espèces depuis 1945. L’expérience des exploitants exigences contenues dans le contrat animales et végétales spécialisées et souvent est très importante dans l’entretien de ces établi entre le Canton et l’exploitant-e prévalent. devenues rares. surfaces. Sans exploitation, ces surfaces

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Prairies sèches un contrat avec le Canton, seules les exigen- Quel régime de fauche Les prairies sèches présentent un tapis ces qui y sont stipulées font foi. est favorable à la faune ? végétal souvent assez homogène grâce Une fauche échelonnée évite d’anéantir en à une fauche régulière 1 . Elles abritent Quand et à quelle fré- une seule fois toute la faune peu mobile qui beaucoup d’espèces végétales favorisées par quence faut-il faucher ? vit dans les prairies et pâturages secs et qui la fauche (p. ex. l’esparcette 2 , la paradisie Une fauche tardive est appropriée si la fait leur richesse. Ainsi les adultes, les larves faux lis) et d’espèces menacées. Les longues végétation est très maigre : et les cocons des araignées 7 et des insecpériodes sans perturbation, avant et après • les plantes qui fleurissent tardivement tes peuvent continuer leur développement les fauches, permettent la réussite de la (p. ex. orchis pyramidal 3 ), peuvent ainsi sur la partie non fauchée. L’échelonnement couvaison des oiseaux qui nichent au sol arriver à maturité et égrener, ce qui assure permet également aux animaux tels les ser- (p. ex. l’alouette lulu) et le développement de un échange génétique entre populations pents 6 de trouver refuge et prolonge l’offre certaines plantes comme les orchidées. En voisines; en nectar et l’égrainage des plantes. pleine floraison, les prairies sèches sont une • garder la végétation sur pied permet une Quelques conseils pour l’échelonnement: importante source de nectar et de pollen pour meilleure survie (refuge/source de nourri- • Si la surface est grande ou si plusieurs beaucoup d’insectes. ture) de certains oiseaux, des araignées et parcelles de prairies sèches sont côte à des larves, des chenilles et des cocons des côte, échelonner la fauche de la surface ou Le maintien de ces espèces dépend de la insectes qui ont besoin de longues périodes des parcelles dans le temps 8a . manière d’exploiter la surface. Les facteurs sans dérangements pour se développer • Si la situation le permet, une petite zone/ d’exploitation qui influencent fortement la (p. ex. le damier orangé 4 / chrysalide 5 ). bande non fauchée (5 ou 10 % de la surprésence de ces espèces sont : face totale) peut également être laissée 8b . • la date de la première fauche; Une fauche plus précoce est utile si : Idéalement, cette partie reste sur pied

  • sa fréquence et son échelonnement; • la végétation est plus grasse, car elle a au cours de l’hiver. Elle est récoltée l’été

  • les techniques et machines utilisées. tendance à verser et se décomposer; suivant afin d’éviter des problèmes d’eu- Des recommandations d’exploitation favo- • les graminées dominent largement (une trophisation ou d’embroussaillement. Il est rables à la faune et la flore sont présentées fauche précoce permet d’affaiblir les important de changer l’emplacement de la ci-dessous. graminées au profit des autres plantes); zone non fauchée chaque année (instaurer

  • pour freiner le développement de plantes à une rotation sur 4 - 6 ans) pour éviter la Remarque: les exigences quant à l’exploita- problèmes. dégradation de la végétation. tion des surfaces peuvent varier en fonction • La bande peut également être installée en des espèces animales et végétales pré- Le rendement des prairies sèches étant bordure d’une haie, d’un mur en pierres sentes. C’est pourquoi les plans de gestion faible dans la plupart des cas, elles ne sont sèches ou d’une lisière de forêt. En bor- ou les contrats établis par le Canton pour fauchées qu’une fois par année. Si la surface dure de lisière, pour renforcer l’effet de la l’utilisation/l’entretien des surfaces peuvent est extrêmement peu productive, une fauche bande et lui garantir un bon ensoleillement, être adaptés aux espèces particulières à tous les deux ans peut suffire. Les prairies un éclaircissement de la lisière peut être favoriser. plus grasses (p. ex. prairies à fromental effectué. Si un plan de gestion a été établi pour votre sèches) sont généralement fauchées plus surface ou que son utilisation est soumise à fréquemment.

Comment récolter en de 8 à 10 cm et faucher de l’intérieur vers d’automne peut être problématique car les ménageant la faune ? l’extérieur : les animaux peuvent ainsi fuir rosettes et les bulbes sont déjà formés et • Les engins équipés d’une barre de coupe dans la bonne direction. risquent d’être piétinés. 9 ménagent le plus la petite faune car • Sécher au sol : la dissémination des ils lui permettent de fuir au moment de la graines ne se produit que lorsque les Prairies et pâturages coupe. végétaux sont secs. De plus, le séchage secs : différences et au sol favorise le déplacement de la faune particularités peu mobile (larves d’insectes) qui fuit les La composition en espèces végétales et conditions microclimatiques peu favorables animales d’une surface est le fruit d’une à sa survie. Une récolte effectuée presque adaptation à un type d’utilisation. Ainsi la immédiatement après la coupe (ensilage faune et la flore des prairies ne sont pas les ou affouragement en vert) anéantit la mêmes que celles des pâturages. Seules plupart des insectes et des araignées. 40 % des espèces végétales sont communes aux deux formes d’utilisation. Ces mesures peuvent occasionner un travail supplémentaire. Elles sont cependant parmi Si, d’un point de vue agronomique, une les plus efficaces pour garantir le maintien de alternance entre fauche et pâture permet un la richesse en faune de la parcelle. rendement optimal de la surface, d’un point de vue biologique, elle a tendance à atténuer

9 Une prairie sèche peut- les particularités du tapis végétal en faisant

elle être pâturée ? disparaître les espèces caractéristiques et

  • Dans la mesure du possible, éviter les Pour éviter des problèmes d’eutrophisation en favorisant des espèces plus banales. faucheuses rotatives et les conditionneurs. de la surface, une pâture automnale de durée La non-exploitation de la surface, qui peut Les dégâts occasionnés à la faune sont très limitée (quelques jours seulement) peut conduire à une friche, a parfois les mêmes très importants (35 à 60 % des abeilles parfois être déterminée par le canton, pour conséquences; les espèces dépendant d’une sont détruites). autant que la végétation soit haute sur pied et forte luminosité disparaissent et les surfaces

  • En cas d’utilisation de faucheuses rota- les conditions météorologiques favorables. Si perdent peu à peu de leur valeur biologique. tives, les régler à une hauteur de coupe la surface contient des orchidées, une pâture

Coronelle lisse L’Inventaire fédéral des prairies et pâturages secs recense les surfaces les plus typiques et qui sont de grande valeur au niveau Suisse. Les surfaces qui ont fait l’objet de relevés sont :

  • sur la surface agricole utile (SAU) : les prairies, pâturages et friches;

  • en zone d’estivage : uniquement les prairies et pâturages;

  • au-dessus de la limite de la forêt : uniquement les prairies de fauche (foin des rochers). Les surfaces comprises dans l’Inventaire représentent env. 22’000 ha, dont 60 % de pâturages, 30 % de prairies et 10 % de friches. Près de la moitié (43 %) des surfaces cartographiées se trouvent en zone d’estivage.

Pisaure

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Pâturages secs favoriser. Si un plan de gestion a été établi des pâturages et très favorables à la Les pâturages secs sont souvent riches en pour votre surface ou que son utilisation est biodiversité s’implantent (buissons, etc.); structures (refus, buissons, tas de pierres, soumise à un contrat avec le Canton, seules • une pâture avec un nombre plus important irrégularités du terrain liées au piétinement) les exigences qui y sont stipulées font foi. d’UGB (en parcours libre et/ou dans des et présentent une végétation hétérogène parcs assez grands) mais pendant de liée à la répartition des déjections 10 . Les Conduite du troupeau et courtes périodes et en plusieurs passaplantes à rosettes et les espèces à stolons pression de pâture ges (une utilisation plus intensive, mais supportant d’être piétinées ou broutées Pour que la flore et la faune spécialisées des entrecoupée de périodes durant lesquelles (p. ex. l’épervière piloselle) y sont abondantes, pâturages maigres puissent se développer, le bétail quitte la surface, permet à la faune comme le sont également des espèces qui ne il faut éviter des dérangements constants et à la flore de se régénérer); sont pas broutées parce que trop odorantes (broutage, piétinement) sur l’entier de la • une combinaison des modes de conduite (p. ex. thym, origan) ou épineuses (p. ex. la surface. Ceci peut être atteint en adaptant le cités ci-dessus. carline blanche 11 , la bugrane épineuse 12 ). mode de conduite, la charge et/ou la durée La présence de zones de sol dénudé et d’une de pâture à la productivité et à la taille de la En règle générale, la pression de pâture végétation par endroit très éparse est très favo- surface pâturée. est optimale pour la biodiversité quand rable à certaines espèces animales spéciali- malgré la pâture : sées (p. ex. les guêpes fouisseuses 13 ). Les modes de conduite les plus favora- • la surface est légèrement embuissonnée L’entretien et l’exploitation des pâturages secs bles sont : (un débroussaillement occasionnel est devraient viser à favoriser cette diversité en • une pâture continue extensive avec peu cependant souvent nécessaire); flore et en faune adaptées aux particularités d’unités gros bétail (UGB) pendant toute la • et lorsqu’une partie de l’herbage n’est de la pâture extensive. durée de végétation (en parcours libre). Ce pas consommée par le bétail (ordre de

Les facteurs d’exploitation influençant forte- type de pâture génère souvent des refus grandeur 30 %). ment la présence de ces espèces sont : et des zones moins visitées par le bétail,

  • la pression de pâture, c’est-à-dire la charge dans lesquelles des structures typiques La sous-pâture résulte d’une charge en bétail en bétail, la durée de pâture et sa conduite; trop faible par rapport à la grandeur de la surface pâturée ou d’une durée de pâture insuffisante.

  • la date du début de la pâture; La sur-pâture résulte d’une charge en Le bétail n’arrive pas à pâturer la totalité de la

  • le type de bétail; bétail trop élevée par rapport à la surface du surface : certaines parties du pâturage ne sont

  • l’entretien du pâturage. pâturage ou d’une durée de pâture trop longue. pas parcourues. Le risque de glissement de terrain La sur-pâture peut mener à une eutrophisation peut être accru. Si ceci se répète sur plusieurs et/ou au sur-piétinement de certains secteurs du années, certaines espèces de buissons peuvent Des recommandations d’exploitation favo- pâturage, donc à la perte d’espèces caractéristi- s’implanter, devenir problématiques et mener à rables à la faune et la flore sont présentées ques et à des problèmes d’érosion. l’embroussaillement de la surface. ci-dessous. Remarque: les exigences quant à l’exploitation des surfaces peuvent varier en fonction des espèces animales et végétales présentes. C’est pourquoi les plans de gestion ou les contrats établis par le Canton pour l’utilisation/l’entretien des surfaces peuvent 14 15 être adaptés aux espèces particulières à

Si des zones présentant une sur-pâture 14 ou Quand pâturer ? Une pâture tardive favorise le maintien sous-pâture 15 localisée font partie du ca- Pour la faune et la flore, il est important de de certaines espèces animales ou végétaractère d’un pâturage extensif et favorisent choisir le «bon» moment de pâture. Une les sensibles à une utilisation trop précoce la diversité des espèces, l’expérience de pâture précoce (selon l’exposition, en comme certaines orchidées ou plantes à l’exploitant-e est déterminante pour trouver dessous de 1000 m début avril) et limitée bulbes, dont les rosettes/les bulbes sont un équilibre favorable aux espèces animales dans le temps est souvent favorable car elle très sensibles au piétinement (les plantes et végétales du pâturage tout en évitant des permet : à bulbes ne parviennent pas à se maintenir problèmes de sous et sur-pâture à large • une meilleure gestion de l’offre en fourrage dans une surface si elles sont piétinées échelle. (évite le problème de piétinement de la année après année, au moment de l’éclosion La distribution de fourrage au pâturage végétation haute non broutée qui contribue des bourgeons). devrait être évitée car elle a pour consé- à enrichir la surface et qui ne permet pas Pour éviter des dommages à la couverture quence d’enrichir le pâturage en éléments aux espèces qui aiment la lumière de se végétale des pâturages, il est préférable de nutritifs. Cette pratique a les mêmes effets développer); ne pas les parcourir en dehors de la période que la fertilisation. • de diminuer la concurrence des graminées, de végétation. ce qui permet aux plantes à fleurs de se développer; Quel type de bétail • de freiner l’embroussaillement dans le cas utiliser ? d’une pâture avec une faible charge en bétail. L’effet de la pâture varie selon le type de Dans le cas d’une pâture avec un nombre bétail. Le bétail, par sa manière de brouter, important d’UGB, une pâture précoce suivie influence la composition de la faune et de la d’une longue période de non-utilisation (8 flore. De même qu’un passage de la fauche semaines) permet par exemple aux oiseaux à la pâture, le changement du type de bétail nichant au sol qui commencent leur cycle de a un effet sur les espèces caractéristiques; développement tôt, de recommencer et de le certaines n’arrivent pas à s’adapter et clore (p.ex. le pipit des arbres 16 ). disparaissent.

Bovins Moutons Chèvres Bonne aptitude au maintien des PPS: Attention : ne conviennent que pour l’entretien des Aptitude moyenne au maintien des PPS. Conviennent

  • broutent de manière peu sélective; surfaces extrêmement peu productives : surtout pour la gestion des surfaces embroussaillées

  • causent peu de dommages à la couverture • broutent de manière très sélective (évitent par car : végétale. exemple les touffes de graminées et broutent • broutent de manière peu sélective; particulièrement les légumineuses); • broutent le feuillage et les ligneux. Les bêtes jeunes (légères et peu exigeantes) sont

  • par ce comportement, appauvrissent la surface. Pour éviter une sur-pâture/ des blessures aux arbres, mieux adaptées à ce type de surface. Une pâture les chèvres doivent être utilisées de manière poncavec des vaches allaitantes est possible pour autant Pour limiter leur impact, il faut : tuelle et passagère. que le mode de conduite de la pâture soit adapté à la

  • préférer des durées de pâture brèves; couverture végétale assez fragile (peu d’UGB).

  • instaurer des longues périodes de repos (min. 8 semaines) entre deux passages; Pâture mixte • favoriser une charge faible; Chevaux et ânes Une pâture mixte avec des bovins et chèvres peut • bien gérer la conduite du troupeau (subdiviser les Dans certaines régions, l’utilisation des chevaux/ânes s’avérer utile pour gérer l’embroussaillement. La parcs en travers de la pente car les moutons sur- est traditionnelle (aussi en combinaison avec des surface est broutée de manière plus homogène pâturent le haut des parcs/ présence d’un berger). bovins); le mode de conduite doit être maîtrisé afin pour autant que le nombre de chèvres et la durée d’éviter les comportements suivants : de pâture soient limités. Cependant, la pression de • broutent de manière sélective et à ras; pâture est également plus importante; cette pratique • peuvent endommager la couverture végétale par devrait être utilisée de manière très ciblée. leur poids élevé et leur piétinement. Les ânes sont efficaces dans la lutte contre les plantes problématiques.

Entretien du pâturage L’entretien du pâturage doit viser à favoriser Pour gérer les espèces problématiques, l’hétérogénéité du pâturage en préservant l’embroussaillement ou pour protéger cerles éléments de structure et un certain taines zones sensibles, une subdivision en degré d’embuissonnement. Une coupe de parcs de petite dimension peut être efficace nettoyage périodique (échelonnée sur 3 à en permettant de cibler l’effet du pacage par 4 ans ) est généralement suffisante (les refus le bétail. L’embroussaillement peut être égasont d’importants abris pour la faune). En lement géré en utilisant des débroussailleuprésence de problèmes d’embroussaillement ses avec accessoire coupe-broussailles qui et de plantes envahissantes, il est important ménagent la petite faune 17 . de pratiquer régulièrement (tous les ans) des coupes de nettoyage ciblées.

L’embroussaillement Espèces Les buissons contribuent largement à la problématiques valeur écologique d’une surface 18 . Les Certaines espèces peuvent se développer buissons épineux et pionniers (p. ex. épine de manière incontrôlable (p. ex chardon des noire, épine blanche, trembles et saules) sont champs, fougère aigle, herbe de St-Jacques) des refuges, des sources de nourriture et ce qui entraîne une diminution de la diversité des zones de développement vitales pour la biologique ainsi que des pertes de rendement faune. Certaines espèces peuvent cependant et une diminution de la qualité fourragère. devenir envahissantes, comme la ronce ou L’utilisation d’herbicides de synthèse n’étant l’épine noire, et conduire à terme à la perte généralement pas autorisée, la prévention est de la surface agricole utile. L’entretien et la la meilleure méthode de lutte pour éviter ce 18 gestion de la plupart des surfaces devraient type de problèmes. Une observation régulière viser un degré d’embuissonnement (arbres de la composition botanique permet de dénon compris) qui ne dépasse pas 20 % de la tecter précocement l’apparition des espèces surface. Si l’embroussaillement dépasse ce problématiques et de prendre les mesures seuil, dans beaucoup de cas la dynamique nécessaires pour limiter leur développement. peut être contenue par une gestion régulière. L’effort à fournir est moins important et l’effet Le tableau ci-dessous présente les mesures plus efficace si les plantes à problèmes sont de gestion qui permettent de contenir la dyna- combattues au début de leur expansion. mique des espèces les plus fréquentes. Dans Le tableau ci-dessous présente quelques certains cas, il peut être nécessaire d’effec- mesures de lutte. tuer un recépage initial qui peut ensuite être suivi par les mesures de gestion présentées.

Dans une surface sous contrat, avant toute action de lutte contre l’’embroussaillement ou les plantes problématiques, adressez-vous au service cantonal avec lequel vous avez établi le contrat d’exploitation. Espèces Mesures de gestion végétales Epine noire • pâture précoce de la surface, lorsque les pousses des espèces sont encore tendres et appétissantes pour le bétail, notamment pour les chèvres (fonctionne mal avec les bovins) et/ou • fauche 1 fois/an durant la période de végétation.

Ronces, églantier, • plusieurs coupes pendant la période de végétation (chez les ronces surtout les jeunes pousses) et/ou tremble, robinier • augmentation de la pression de pâture (charge instantanée élevée) sur les surfaces envahies et/ou • arrachage en profondeur des plants.

Foyers de char- • coupe de nettoyage lorsque les pousses mesurent 5 à 10 cm. Dans le cas des chardons des champs, évidons en particulier ter à tout prix la dispersion des graines. Une fauche avant la pluie affaiblit en règle générale les chardons. le cirse (chardon) Tous les chardons ne sont pas problématiques ! Il existe beaucoup d’espèces de chardons rares qui ne des champs sont pas envahissantes et qui sont importantes pour les insectes. Bien vérifier que l’on est en présence du chardon des champs 19 . Chardon des champs: tige non ailée et sans épines en bas.

Fougère aigle • fauche 2 à 3 fois par an au moment où la crosse se déroule ou

  • arrachage répété des pousses au printemps ou

  • pâture par des chèvres, juste avant que la crosse ne se déroule ou

  • pâturer régulièrement la surface. Il faut attendre 5-6 ans pour voir des résultats.

Herbe de En cas de forte expansion : St-Jacques • effectuer une coupe de nettoyage ou un arrachage avant la floraison; évacuer le matériel pour éviter la propagation des graines et que le bétail ne mange les plantes, qui sont toxiques même flétries. L’herbe de St-Jacques est une espèce indigène qui fait partie de la flore des prairies et pâturages secs.

La flore, la faune de l’apollon 27 , une espèce typique des PPS Bibliographie et les éléments de de l’étage montagnard et subalpin. Malgré, ou • S. Eggenberg, T. Dalang, M. Dipner, C. Mayer, 2001. Cartographie et évaluation des prairies et pâturages plutôt à cause des conditions très sèches, les structure PPS recèlent des escargots spécialisés 28 qui, secs d’importance nationale. Cahier de l’environnement n°325. Rapport technique. OFEFP, Berne. Les PPS présentent souvent une richesse quand les conditions sont extrêmes, montent • S. Colas, F. Muller, M. Meuret, C. Agreil, 2002. Pâturage sur pelouses sèches : un guide d’aide à la mise en exceptionnelle en petites structures 25 . sur les tiges sèches de la végétation laissée œuvre. Orléans: Espaces naturels de France, 2002, Remarquables, les éléments tels que les sur pied. Des zones de sol nu et une végéta- 140 p. arbres, arbustes, dalles, rochers, dépressions tion éparse permettent à des espèces qui ont • W. Schmid, 2003: Themen Bericht extensive Weiden. humides et fourmilières marquent le paysage besoin de zones sablonneuses et ensoleillées, Relais: Praxis Forschung für Natur und Landschaft. 24 p.

et jouent un rôle important, en combinaison comme les cicindèles, les pompiles 29 et les • W. Schmid, P. Wiedemeier, A. Stäubli, 2001: Extensive Weiden und Artenvielfalt. Rapport de synthèse à avec une végétation sèche, dans le maintien abeilles sauvages, d’enfouir leur ponte. l’attention de l’OFAG /OFEFP. Agrofutura, Frick und d’une faune spécialisée. Une grande partie Les structures sont moins fréquentes dans les Sternenberger, 116 p. des insectes dépendent d’essences thermo- prairies que dans les pâturages et sont diffici- • C. Schiess-Bühler, R. Frick, B. Stäheli, 2003: Fauche et diversité des espèces. Service romand de vulgarisation philes et pionnières (p. ex. les chênes, les les à maintenir pour des raisons d’exploitation. agricole. Revue UFA 4/03, 8401 Winterthour. pins et les bouleaux) ou d’épineux. C’est le Elles méritent cependant à tout prix d’être cas notamment du flambé 26 dont les che- gardées et favorisées. Le développement de nilles se nourrissent exclusivement d’épine beaucoup d’espèces, telle la pie-grièche 30 , noire ou de faux merisier. Les tas d’épierrage dépend étroitement d’une combinaison entre Impressum et les éboulis sont des refuges pour les éléments de structure (refuge et reproduction) Editeurs: Office fédéral de l’environnement (OFEV), CH-3003 Berne reptiles; sur les dalles et les rochers poussent et la nourriture que peut fournir la prairie L’ OFEV est un office du département fédéral de l’environnedes mousses, des lichens et des orpins. Ces sèche. ment, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). derniers sont les plantes hôte de la chenille AGRIDEA, CH-8315 Lindau et CH-1000 Lausanne 6 Valeur juridique La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux autorités d’exécution, elle concrétise des notions juridiques indéterminées provenant de lois et d’ordonnances et favorise ainsi une application uniforme de la législation. Si les autorités d’exécution en tiennent compte, elles peuvent partir du principe que leurs décisions seront conformes au droit fédéral. D’autres solutions sont aussi licites dans la mesure où elles sont conformes au droit en vigueur. Auteurs: Sarah Pearson, AGRIDEA Lausanne; Corina Schiess- Bühler, AGRIDEA Lindau; Christian Hedinger, UNA; Monika Martin, oekoskop; Gaby Volkart, atena Traduction:

D. Veneziani; F. Cheda; S. Lafranchi Concept/rédaction: Corina Schiess-Bühler, AGRIDEA Lindau; Sarah Pearson, AGRIDEA Lausanne Collaboration et consultation: C. Blank, BLW; F. Cheda, Service N&P FR; H.-J. Christ; H.-U. Gujer, OFEV; E. Imfeld-Sigrist, Qualinova; P. Jacot, CNAV; B. Jeangros, RAC; N. Koller, SRVA; B. Krüsi, WSL;

27 M. Meisser, AGRIDEA Lausanne; F. Obrist, Office de

consultation agricole VS; W. Schmid, Projekte Ökologie Landwirtschaft; T. Schmid, SBV; T. Walter, FAL; A. Zeender, Pro Natura Accompagnement OFEV: 25 Christine Gubser, Division Gestion des espèces. Graphisme: M.Knipfer-Jørgensen, AGRIDEA Lindau Pratiques à éviter dans les prairies et pâturages secs Illustrations:

  • La fertilisation (N, P, K) : elle entraîne rapidement une modification de la composition botanique. Les M. Bolliger, Naturama, Aarau (8b); S. Eggenberg, UNA, surfaces peuvent paraître plus colorées et riches en espèces, mais en réalité les plantes caractéristiques Berne (2, 3, 11, 15, 20, 22, 23, 34, 35, 36, 37, 38, 39); A. Krebs, Agasul (Lézard, page de titre, 4, 5, 6, 7, 8a, 12, 13, disparaissent au profit d’espèces plus banales. 26, 27, 28, 29); A. Lüscher, FAL, Zurich (24); C. Schiess,

  • L’utilisation de produits phytosanitaires : ces produits sont nocifs pour la faune et peuvent modifier le tapis AGRIDEA Lindau (Zygène, page de titre, 10, 14, 17, 18, végétal de manière durable. L’envahissement par des plantes problématiques ou l’embuissonnement 21); Schweizer Vogelschutz SVS, Zurich (16, 30); Syngenta devraient par conséquent être évités dans la mesure du possible par des moyens mécaniques (fauche, AG, Bâle (19); Projet PPS, OFEV (grande image, page de déracinement, pâture sélective avec chèvres ou races robustes). Un traitement plante par plante ne titre, 1, 9, 25, 31, 32, 33) devrait être fait qu’exceptionnellement en cas d’envahissement important par des espèces problématiques Commande: (par exemple ronces, chardons, épine noire). Services cantonaux de protection de la nature

  • L’installation de systèmes d’arrosage. A l’instar de la fertilisation, l’arrosage modifie la végétation au Numéro de commande: UV-0622-F détriment de la flore typique de ces surfaces. © OFEV 2006

Groupements végétaux PPS Le tableau qui suit illustre de manière simplifiée les principaux groupes de végétation des prairies et pâturages secs et quelques espèces végétales qui les caractérisent. Les prairies et pâturages secs de grande valeur pour la nature ne sont pas tous vivement colorés et la richesse de ces surfaces revêt souvent des couleurs plus discrètes. Cette fiche vous permettra de découvrir la richesse de ces milieux.

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Prairie semi-sèche Prairie à fromental sèche Pelouse sèche pauvre en espèces ✿: Brome dressé, primevère du printemps ✿: Avoine pubescente, sauge, petite pimpre- ✿: Brachypode penné, brome dressé Exploitation : fauche 1 - 2 fois/an ou nelle Exploitation recommandée : pâturage Exploitation : fauche 2 fois/an ou pâturage fauche précoce; à déterminer dans le contrat Distr. : surtout en plaine; toute la Suisse Distr. : surtout en plaine; toute la Suisse d’exploitation Distr. : surtout en plaine; toute la Suisse

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Pelouse à seslérie Pelouse à laîche ferrugineuse Pelouse à nard, riche en espèces ✿: Seslérie, gentiane printanière ✿: Laîche ferrugineuse, pulsatille des Alpes, ✿: Nard, arnica, orchis vanillé, campanule Exploitation : pâturage très extensif centaurée des montagnes barbue Distr. : surtout à l’étage montagnard; toute Exploitation : fauche tous les 1 - 2 ans Exploitation : fauche tous les 1 - 2 ans ou la Suisse Distr. : surtout à l’étage montagnard; Alpes pâturage très extensif Distr. : surtout à l’étage montagnard ; Alpes

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Pelouse à fétuque bigarrée Pelouses sèches et steppiques Ourlets thermophiles ✿: Fétuque bigarrée, pulsatille soufrée ✿: Stipe pennée, œillet des rochers ✿: Géranium sanguin, origan Exploitation : fauche tous les 1 - 2 ans ou Exploitation : une pâture de courte durée Exploitation : fauche ou pâture tardive pâturage très extensif par an et débroussaillement selon besoin (fin août) Distr. : surtout à l’étage montagnard; Alpes Distr. : en plaine (steppes, surtout Valais) Distr. : surtout en plaine; toute la Suisse

Légende : ✿ = espèces typiques distr. : distribution