Gestion durable des forêts de protection (Nai
Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication DETEC
Aide à l’exécution UV-2409
Gestion durable des forêts de protection (NaiS) Aide à l’exécution pour les soins sylvicoles et le contrôle des résultats
État 01/2025 Version précédente 01/2005
Bases légales LFo art. 1, 20, 27, 28a OFo art. 18, 19, 31
Thématiques spécialisées concernées
•
Air
Paysage Biodiversité Biotechnologie Climat Bruit EIE Eaux
Forêts et bois Accidents majeurs Déchets Sols
Dangers naturels
Electrosmog et lumière Produits chimiques Sites contaminés Droit
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Impressum
Valeur juridique La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux autorités d’exécution, elle concrétise les exigences du droit fédéral de l’environnement (notions juridiques indéterminées, portée et exercice du pouvoir d’appréciation) et favorise ainsi une application uniforme de la législation. Si les autorités d’exécution en tiennent compte, elles peuvent partir du principe que leurs décisions seront conformes au droit fédéral. D’autres solutions sont aussi admissibles dans la mesure où elles sont conformes au droit en vigueur.
Éditeur Office fédéral de l’environnement (OFEV) L’OFEV est un office du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC).
Traduction Service linguistique de l’OFEV
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Cette publication est également disponible en allemand et en italien. La langue originale est l’allemand.
© OFEV 2024, version actualisée du 12 juin 2026
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6.1 Vue d’ensemble
Le contrôle des résultats est un instrument important pour atteindre un effet protecteur durablement élevé de la façon la plus efficiente et efficace possible. L’exécution des soins aux forêts protectrices devrait être contrôlable au regard des sept principes énoncés plus haut, et l’efficacité des soins devrait pouvoir être démontrée par les cantons. Le contrôle des résultats sert en premier lieu à l’assurance de la qualité : grâce à une démarche de controlling appropriée, les nouvelles connaissances et expériences devraient être intégrées aussi vite que possible dans la mise en œuvre pratique. Il s’agit d’assurer le pilotage efficace et efficient des processus à tous les niveaux – de la planification des forêts protectrices à la mise en œuvre sur une surface d’intervention – et ainsi de contribuer à ce que les mesures mises en œuvre atteignent du mieux possible les objectifs fixés, y compris en matière d’utilisation efficace des fonds publics. De manière générale, ce controlling s’entend comme un processus itératif incluant la planification (détermination des objectifs et des grandeurs cibles), le contrôle et le pilotage (vérification de l’atteinte des objectifs et adaptation éventuelle des mesures) (cf. fig. 5).
Dans le cadre du contrôle des résultats, l’incidence des soins aux forêts protectrices est contrôlée ; il est alors possible, sur la base des résultats obtenus, de déployer des mesures d’amélioration ou d’optimiser l’entretien des forêts protectrices. Ce contrôle comprend quatre niveaux qui couvrent des problématiques différentes à des échelles différentes comme surface d’intervention, grande région ou niveau fédéral : le contrôle de l’exécution, l’analyse des effets, le contrôle de l’atteinte des objectifs et l’analyse des objectifs.
L’objectif du contrôle des résultats est exigeant et ne peut être atteint qu’avec la participation de divers spécialistes aux différents niveaux de contrôle. Les quatre niveaux sont présentés en détail dans les points suivants (fig. 6). Cela devrait permettre de comprendre pourquoi les différents niveaux sont nécessaires, quelles sont les questions auxquelles il faut répondre à chaque fois et qui est responsable de quelle étape. Il est important de préciser que les quatre niveaux de contrôle ne sont pas le fruit d’une réflexion théorique, mais qu’ils résultent de la résolution de problèmes concrets. Afin de mettre en évidence leurs rôles respectifs, les questions auxquelles ils devraient répondre sont formulées au début de chacun des quatre points suivants.
Fig. 5 (à droite) : Le controlling est un processus itératif qui englobe la planification, le contrôle et le pilotage
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Fig. 6 : Les quatre étapes du contrôle des résultats et de sa mise en œuvre
Contrôle de l’exécution Analyse des effets sur Contrôle de l’atteinte des Analyse des objectifs les placettes témoins objectifs Question(s) Les mesures prévues Quel est l’effet des Dans quelle mesure l’état Les objectifs formulés ont-elles été réalisées au mesures réalisées (ou de la forêt correspond-il étaient-ils les bons ? Les bon endroit et dans les de l’absence délibérée aux profils d’exigences ? profils d’exigences règles de l’art ? de mesures) sur l’état de L’objectif d’une efficacité définis sont-ils la forêt ? durable des forêts raisonnables et protectrices est-il appropriés ? réalisable ? Échelle, échelon de • opérationnel • opérationnel • stratégique • stratégique mise en œuvre et • surface (surtout) • canton, • Confédération horizon temporel d’intervention • placette témoin Confédération (surtout) • à court terme • à moyen terme • à long terme • à long terme Compétence canton canton canton, Confédération Confédération Collaboration gestionnaires locaux gestionnaires locaux canton, Confédération collaboration entre autorités, chercheurs et praticiens
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6.2 Contrôle de l’exécution
Le contrôle de l’exécution sert à vérifier si les mesures prévues ont été réalisées au bon endroit et dans les règles de l’art.
Question Comment garantir que les mesures en forêt protectrice sont réalisées au bon endroit et dans le sens de l’objectif fixé ?
Solution Un contrôle de l’exécution est mis en place afin de vérifier la réalisation des soins aux forêts protectrices.
Pour que les autorités forestières des cantons puissent vérifier si les mesures en forêt protectrice ont été effectuées au bon endroit, dans le cadre prévu et selon les règles, un contrôle de l’exécution est nécessaire. Ce contrôle est réalisé par les cantons sur la base d’une vue d’ensemble des mesures. Cette vue d’ensemble cantonale devrait au moins contenir les éléments suivants : · plan de localisation des surfaces traitées ; · informations pour chaque intervention : – description simple du type de mesure (p. ex. soins à de jeunes peuplements, entretien d’éléments stabilisateurs, introduction d’un rajeunissement), – attribution à un danger naturel et à un type de station, – moment de la mesure (année d’intervention), – lien avec la nécessité d’intervenir et les mesures déterminées.
Sur ces bases, les cantons peuvent en principe procéder à un contrôle de l’exécution correspondant à chaque mesure. Afin d’évaluer si les mesures prévues ont été réalisées au bon endroit et dans les règles de l’art, un expert se rend sur place pour inspecter une sélection d’objets, éventuellement aussi entre le martelage et l’exécution. Ainsi, la qualité de l’intervention n’est pas vérifiée uniquement sur la base de données (p. ex. formulaire NaiS, protocole de martelage), mais également sur la base d’une expertise réalisée sur place par un spécialiste compétent.
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6.3 Analyse des effets
L’analyse des effets sert à vérifier si les mesures réalisées (ou l’absence délibérée de mesures) ont l’effet attendu sur l’état de la forêt et son évolution. Elle permet d’exploiter les expériences issues de la pratique pour améliorer la qualité des soins aux forêts protectrices.
Question Comment les gestionnaires peuvent-ils évaluer l’efficacité des mesures ? Comment les enseignements tirés de ces mesures peuvent-ils être utilisés pour améliorer les soins aux forêts protectrices ?
Solution Les gestionnaires observent sur des placettes témoins l’effet de leurs mesures ou de l’absence délibérée de celles-ci et documentent leurs observations. Les expériences ainsi acquises leur permettent d’entretenir les forêts protectrices de sorte qu’elles deviennent de plus en plus efficaces. Ces connaissances en matière de sylviculture contribuent à l’amélioration générale des connaissances. Ainsi, l’analyse des effets sert également à l’assurance de la qualité des soins aux forêts protectrices.
6.3.1 Idée et contexte
Les exigences spécifiques aux dangers naturels et aux types de station sont définies en amont par la Confédération sur la base des connaissances actuelles. Les mesures concrètes devraient ensuite être adaptées en fonction du peuplement considéré et des particularités locales (p. ex. potentiel de danger, topographie, desserte). Pour cette raison, les mesures à mettre en œuvre ne peuvent pas être prescrites, mais doivent être définies sur place par des spécialistes compétents. Parce qu’il n’est pas toujours évident de savoir quelles sont les bonnes mesures à mettre en œuvre, s’il est opportun de renoncer à des mesures et quelle intensité d’intervention est la plus efficace, les praticiens ont besoin d’un instrument pour analyser l’efficacité de leurs interventions. Cela est d’autant plus important que les processus en forêt sont lents : le plus souvent, les effets ne se produisent pas immédiatement après la réalisation de la mesure, mais plutôt après des décennies (p. ex. apparition du rajeunissement). Dans ce contexte, l’analyse des effets permet de vérifier si les mesures réalisées (ou l’absence délibérée de mesures) ont l’effet attendu à long terme sur l’état de la forêt.
Les placettes témoins sont au cœur de l’analyse des effets. Sur ces surfaces, les gestionnaires observent et documentent l’effet à long terme de leurs mesures d’entretien. Les placettes témoins ne sont pas étudiées selon une démarche systématisée s’appuyant sur des méthodes scientifiques uniformes. Elles sont sélectionnées et aménagées spécialement pour l’observation et la documentation. Il peut s’agir de surfaces forestières représentatives de la région ou bien de peuplements avec des problématiques particulières. Leur sélection devrait tenir compte des questions et des problématiques en matière de sylviculture qui se posent aux responsables locaux. Les placettes témoins ont souvent pour but l’observation et la documentation de l’évolution spécifique de la forêt après une intervention. Elles permettent aussi, par exemple, de comparer et de suivre les effets de différentes méthodes et intensités d’intervention, notamment l’absence délibérée de mesures.
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Les placettes témoins servent de plateformes d’échange pour les acteurs de la pratique, de l’enseignement et de la recherche Les placettes témoins sont utilisées pour l’analyse des effets. Par ailleurs, elles fournissent des bases pour la formation de base et continue et peuvent être utilisées pour le travail de relations publiques. Elles sont ainsi essentielles à la transmission du savoir et au développement des connaissances sylvicoles, et elles servent de plateformes pour les échanges d’expériences entre les acteurs de la pratique, de l’enseignement et de la recherche. Des groupes de praticiens peuvent par exemple discuter de problématiques sylvicoles et échanger sur les conclusions de l’analyse des effets, puis partager leurs résultats au sein d’un groupe d’experts plus large pour mener ensemble d’autres réflexions.
Après un délai déterminé, l’analyse des effets devrait être réalisée directement sur les placettes témoins. Elle consiste à évaluer et à documenter les effets produits par les mesures mises en œuvre ou par l’absence de celles-ci.
Lors de l’analyse des effets, il faut également étudier dans quelle mesure les résultats des surfaces individuelles peuvent être appliqués par analogie à des situations similaires ou être généralisés. Ces résultats peuvent être utilisés, par exemple, pour vérifier dans le cadre de l’analyse des objectifs s’il est nécessaire de réviser des instruments ou des documents de base existants (p. ex. des profils d’exigences). Du fait des changements climatiques attendus, les conditions de demain ne seront plus celles d’aujourd’hui ; il faut donc partir du principe que le passé ne nous éclaire pas de façon certaine sur le succès futur des mesures sélectionnées. Des observations bien documentées aident toutefois à gérer ces incertitudes et à acquérir de nouvelles connaissances.
L’analyse des effets est un processus qui permet d’acquérir de nouvelles connaissances en matière de sylviculture, qui peuvent ensuite être discutées entre experts et mises en œuvre. Elle contribue ainsi à l’amélioration du savoir-faire et au développement des compétences sylvicoles des professionnels de la forêt. Non seulement elle est au cœur du contrôle des résultats à l’échelon local, mais en plus elle contribue aux échelles régionale, cantonale et nationale à ce que les soins aux forêts protectrices soient de plus en plus axés sur les effets, ce qui en améliore continuellement leur qualité. Il est ainsi possible d’adapter les soins de manière ciblée en fonction des nouvelles conditions, dans le sens d’une gestion adaptative.
6.3.2 Exigences pour une analyse réussie dans les cantons
Dans le cadre du contrôle des résultats, les cantons se chargent de l’analyse des effets sur des placettes témoins. Les éléments suivants sont centraux : · Concept des placettes témoins : la sélection, l’aménagement, l’exploitation et la documentation des placettes témoins devraient être définis dans un concept. Celui-ci devrait également fournir des indications sur le traitement des résultats et expliquer comment il est prévu de valoriser les informations collectées. · Sélection, aménagement, observation et documentation des placettes témoins : les cantons règlent l’aménagement et la gestion des placettes témoins. Une attention particulière doit être accordée aux thématiques et problématiques sylvicoles qui ont besoin d’être analysées plus en détail. La fiche d’observation devrait être adaptée en fonction de ces problématiques.
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· Réalisation et appréciation de l’analyse des effets : les mesures qui ont été mises en œuvre ou auxquelles les gestionnaires ont volontairement renoncé sont évaluées sur la base des objectifs intermédiaires définis initialement à l’aide du formulaire NaiS. Il s’agit de comparer ces objectifs avec l’état actuel de la forêt. Pour chaque placette témoin, cela revient à répondre aux questions suivantes : – Quels sont les changements ? Quelles en sont les causes ? – Les objectifs intermédiaires ont-ils été atteints ? – Les mesures ont-elles été efficaces ? Qu’est-ce qui aurait pu être fait autrement ou mieux ? · Conclusions relatives aux soins : l’analyse des effets permet non seulement de tirer des conclusions pour la surface étudiée, mais également de vérifier si des conclusions plus générales peuvent en être déduites et comment celles-ci peuvent être utilisées pour améliorer les soins aux forêts protectrices. Une bonne approche consiste à se poser les questions suivantes : – les résultats confirment-ils les connaissances existantes ? – Faudrait-il apporter des ajustements à la pratique actuelle ? – Des clarifications ou des recherches plus approfondies sont-elles nécessaires ? – Faudrait-il vérifier et, au besoin, ajuster les instruments et les documents de base d’ordre supérieur (p. ex. profils d’exigences NaiS, recommandations dans le domaine de la sylviculture) ? · Les responsabilités de l’analyse des effets devraient être définies. · La continuité devrait être garantie, de même qu’une documentation sur le long terme.
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Analyse des effets sur des placettes témoins : recommandations pour la mise en œuvre Ces dernières années, l’analyse des effets sur des placettes témoins a permis d’acquérir de nombreuses expériences et d’en déduire des recommandations pour la mise en œuvre. Il est prévu de publier les bases correspondantes dans un module de la série « Connaissance de l’environnement ».
Planification et Les placettes témoins devraient être sélectionnées en tenant compte des problématiques concrètes à aménagement des résoudre et conformément à la stratégie cantonale. Leur aménagement doit être adapté aux particularités placettes témoins locales. Dans tous les cas, l’état initial devrait être consigné et documenté à l’aide de photographies. Des relevés de données supplémentaires effectués lors de l’aménagement de la placette permettent de suivre son évolution sur la base d’informations objectives. Le programme d’observation précise à quel moment et de quelle façon il faut parcourir les placettes témoins pendant la période d’observation et documenter les développements ou événements pertinents (p. ex. chablis). De manière générale, les placettes témoins devraient couvrir une surface d’environ 0,5 à 1 ha, être facilement accessibles et être marquées sur le terrain. Leur nombre dépend de la stratégie élaborée par le canton.
Observation Entre l’aménagement d’une placette témoin et l’analyse des effets, la surface est parcourue et observée à continue et intervalle régulier (p. ex. une fois par an) sur la base d’un programme d’observation, et son entretien est documentation assuré.
Réalisation de L’analyse des effets a lieu après une période définie à l’avance (généralement une dizaine d’années, en l’analyse des effets fonction de la problématique). Elle repose sur un élément central : l’échange. Il est en effet conseillé de former et définition des une équipe de 3 à 5 personnes, comprenant le praticien au niveau local et idéalement 1 ou 2 personnes du étapes suivantes service forestier (pour l’accompagnement) ainsi qu’une personne indépendante (pour la modération). En fonction de la problématique, d’autres acteurs peuvent prendre part à l’analyse. Il est essentiel que chacun puisse avoir une participation active dans le processus. Au terme de l’analyse, il faut définir la suite de la procédure pour la placette considérée et déterminer si et comment les connaissances acquises devraient être préparées, examinées plus avant ou valorisées. L’analyse des effets et les étapes suivantes devraient être consignées dans un procès-verbal.
Rôle des gestionnaires compétents Les activités touchant aux placettes témoins relèvent principalement de spécialistes compétents au niveau local. Ces derniers observent les effets des mesures réalisées ou volontairement omises, puis réfléchissent aux résultats des observations, les documentent et les utilisent pour la suite de la mise en œuvre. Les gestionnaires sont les acteurs centraux de la mise en application des connaissances spécialisées ; ils apportent des compétences clés en matière de sylviculture et s’emploient à les développer. La réussite de l’analyse des effets dépend en premier lieu de leur disposition et de leur motivation à s’engager dans un processus aux résultats ouverts et à réfléchir dans ce cadre à leurs problématiques sylvicoles concrètes. Pour cette raison, il est important de les former en conséquence, de créer des conditions-cadres favorables et de les soutenir activement dans ce travail.
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6.4 Contrôle de l’atteinte des objectifs
Le contrôle de l’atteinte des objectifs sert à vérifier si les objectifs définis ont été atteints. Il dépend étroitement de la planification à l’échelon stratégique. Les soins aux forêts protectrices visent à amener ou à maintenir cellesci dans un état susceptible d’offrir le meilleur effet protecteur à long terme. Concrètement, le contrôle de l’atteinte des objectifs consiste donc à vérifier, sur des surfaces étendues (grande région, canton, Confédération), dans quelle mesure l’état de la forêt est conforme aux profils d’exigences et donc efficace en termes de protection.
Question Comment obtenir une vue d’ensemble de l’état et de l’évolution de la fonction protectrice des forêts d’une grande région (canton, Confédération) ?
Solution Il est possible de déterminer l’effet de protection en comparant l’état des forêts avec les profils d’exigences. Ces derniers reposent sur des bases solides et correspondent à l’état actuel des connaissances. Ils sont donc tout indiqués pour servir de référence lors du contrôle de l’atteinte des objectifs.
Pour disposer d’informations fiables sur l’état et l’évolution de l’effet de protection aux échelles fédérale et cantonale, la création d’une vue d’ensemble des forêts est absolument nécessaire (cf. chap. 5.3). Cette vue d’ensemble devrait reposer sur des données collectées à large échelle ou, pour le moins, sur des données qui permettent de formuler des conclusions représentatives de vastes étendues. Pour contrôler l’atteinte des objectifs, il faut donc trouver des indicateurs et des valeurs cibles appropriés, qui permettent de se prononcer sur l’effet protecteur des forêts dans l’espace et dans le temps. Ce contrôle est donc axé sur les mêmes bases que celles utilisées pour la planification et la priorisation ciblées des forêts protectrices.
En comparant au fil du temps l’état de protection souhaité (défini à partir des profils d’exigences) et les informations relatives à l’état actuel de la forêt, il est possible de mettre au jour d’éventuels changements dans l’effet protecteur des forêts d’une grande région.
À l’échelle nationale, la Confédération met en place un contrôle de l’atteinte des objectifs sur la base des données de l’inventaire forestier national (IFN) et procède à son exécution. De leur côté, les cantons exécutent un contrôle de l’atteinte des objectifs pour leurs propres forêts protectrices ; ce contrôle devrait être coordonné avec la planification cantonale en forêt protectrice.
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6.5 Analyse des objectifs
L’analyse des objectifs sert à vérifier si les objectifs formulés étaient les bons. Il s’agit en premier lieu d’établir si les profils d’exigences définis sont raisonnables et appropriés. Si d’autres instruments et documents de base en lien avec les soins aux forêts protectrices sont utilisés pour servir d’objectifs, il est possible de les contrôler eux aussi, tant à l’échelle des cantons que de la Confédération. En raison de leur importance majeure en tant qu’objectifs supérieurs poursuivis par les soins aux forêts protectrices, les profils d’exigences jouent cependant un rôle particulier dans l’analyse des objectifs, raison pour laquelle ils sont présentés plus en détail ci-après. En ce sens, l’analyse des objectifs est principalement une tâche de la Confédération, qu’elle accomplit pour pouvoir mettre à disposition dans le cadre du NaiS des bases actuelles fondées sur les derniers enseignements de la recherche et de la pratique.
Question Les profils d’exigences définis sont-ils raisonnables et appropriés ?
Question Quelle influence l’état de la forêt a-t-il sur les dangers naturels et donc sur le risque qui menace Partielle 1 la population et les biens ?
Solution Les soins aux forêts protectrices sont basés sur le constat qu’il existe un lien direct entre l’état de la forêt et la réduction du risque. Ce lien est attesté par des résultats de recherches, mais doit encore faire l’objet d’études supplémentaires et être actualisé en fonction des connaissances les plus récentes.
En principe, plus la forêt se rapproche de son état idéal, plus son effet de protection est élevé et plus le risque pour la population et les biens est faible. Toutefois, la conception fine des profils d’exigences liés aux dangers naturels est souvent empreinte de quelques incertitudes (p. ex. distribution du nombre de tiges idéale et atteignable de manière réaliste dans une forêt de protection contre les chutes de pierres). Pour cette raison, il convient d’examiner si les profils d’exigences visés et définis en fonction du danger naturel peuvent effectivement entraîner une réduction significative du risque. L’instrument à utiliser pour cela est l’analyse des objectifs. La pratique livre des enseignements utiles pour cet examen, tandis que la science œuvre au développement de bases améliorées.
Question Comment faire pour que des soins minimums permettent à la forêt de remplir durablement sa Partielle 2 fonction de protection avec le moins de limitations possible
Solution Pour être aussi efficaces que possible à long terme, les soins minimums aux forêts protectrices devraient exploiter de manière optimale les forces de l’évolution naturelle de la forêt.
Le terme « minimum » ne signifie pas que les soins doivent être les moins coûteux possible à court terme, mais qu’ils devraient être conçus de manière à être les plus bénéfiques possible à long terme, dans le sens du principe 7 énoncé plus haut.
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Partant du principe que les coûts sont moins élevés si les soins vont dans le sens de la nature, les états de la forêt visés et définis dans les profils d’exigences correspondent à des phases de l’évolution naturelle de la forêt qui offrent la meilleure protection possible. En raison de diverses lacunes de connaissances et incertitudes, un contrôle périodique est également nécessaire pour les profils d’exigences liés aux types de station : 1. la dynamique naturelle des forêts est en partie inconnue ; 2. la marge de manœuvre dans le cadre de l’évolution naturelle de la forêt est souvent inconnue (exemple : quelle est la distribution du nombre de tiges qu’il faut viser pour durablement remplir les exigences en fonction du danger naturel considéré ?) ; 3. dans quelle mesure les changements climatiques affectent-ils la dynamique forestière ?
En raison de ces incertitudes, les exigences en fonction du type de station devraient elles aussi être vérifiées périodiquement dans le cadre d’une analyse des objectifs. Les bases utiles à cette analyse sont issues de la recherche forestière et des expériences de terrain, mais aussi de l’analyse des effets sur des placettes témoins.
En résumé, l’analyse des objectifs sert à vérifier si les exigences d’ordre supérieur, en particulier les profils d’exigences, sont appropriées, correspondent à l’état actuel des connaissances issues de la recherche et de la pratique et peuvent être respectées. Si tel n’est pas le cas, des clarifications supplémentaires et des ajustements éventuels sont nécessaires. L’instance compétente en la matière est la Confédération. Il est important que les connaissances issues de la recherche et de la pratique soient transmises aux services responsables et fassent l’objet d’un dialogue, dans le sens d’une tâche commune, afin que la qualité des soins aux forêts protectrices puisse être assurée et améliorée à tous les échelons.
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Fig. 7 : Vue d’ensemble de NaiS
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7 Remerciements
L’actualisation de l’aide à l’exécution NaiS a été réalisée avec le soutien de nombreux représentants des cantons, des services spécialisés et des établissements de formation, de la recherche et de la pratique. Nombre de collaborateurs ont participé à des réunions du groupe d’accompagnement, à des colloques et à des ateliers, dans le but d’adapter l’aide à l’exécution aux bases actuelles et aux dernières connaissances scientifiques, sans perdre de vue la mise en œuvre pratique.
L’OFEV remercie toutes les personnes qui ont contribué à l’élaboration et au développement de NaiS par leur engagement et leur expertise technique, en particulier :
· le groupe de travail « Adaptation NaiS », qui a accompagné le projet d’aide à l’exécution NaiS Alessandra Bottero, Thomas Brandes, Harald Bugmann, Jean-Chrisophe Clivaz, Monika Frehner, Thomas Girod, Urs Hunziker, Manuel Lauber, Andreas Lötscher, Felix Lüscher, Luca Plozza, Jean-Jacques Thormann et Samuel Zürcher
· les membres du Groupe suisse de sylviculture de montagne GSM · toutes les autres personnes qui ont contribué à l’actualisation de NaiS ou qui ont donné leur avis sur l’aide à l’exécution – Peter Bebi, Andreas Bernasconi, Raphael Bienz, Peter Brang, Lukas Glanzmann, Viola Sala, Nora Zürcher-Gasser ; – Les membres de la Conférence des inspecteurs et inspectrices cantonaux des forêts CIC ; – Office fédéral de l’environnement : Personnes de la division Biodiversité et paysage et de la division Forêts rnasc
· les contributeurs de la première version NaiS 2005 :
– les auteurs de la première version Monika Frehner, Raphael Schwitter, Brächt Wasser – les membres du groupe de travail et de rédaction de l’époque Harald Bugmann, Werner Frey, Walter Schönenberger, Jean-Jacques Thormann, Jürg Walcher – les nombreux spécialistes et collaborateurs de l’administration ainsi que des milieux de la pratique et de la recherche Frederic Berger, Ueli Bühler, Jacques Burnand, Gabriele Carraro, Hans-Ulrich Frey, Rolf Ehrbar, Fredy Zuberbühler, Heinz Nigg, Dani Rüegg, Reinhard Schnidrig, Kaspar Zürcher, Peter Bebi, Albert Böll, Peter Brang, Marco Conedera, Philippe Duc, Werner Gerber, Peter Lüscher, Christian Rickli, Josef Senn – les organisations et les acteurs de la pratique Groupe suisse de sylviculture de montagne GSM, Groupe Jurassien de Sylviculture GJS, spécialistes des dangers naturels FAN, Communauté suisse de travail pour l’aménagement des forêts CSAF, gardes et ingénieurs forestiers praticiens – ainsi que les personnes impliquées dans l’élaboration des instructions « soins minimaux pour les forêts à fonction protectrice » Ernst Zeller, Marco Delucchi, Brächt Wasser, Monika Frehner, Hans-Ulrich Frey, Ernst Ott et tout les autres participants
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8 Bibliographie
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