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Message relatif à l’arrêté fédéral concernant le soutien apporté à la candidature, à la préparation et à la réalisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038

BBl 2026 1932 · Feuille fédérale

Dals 15 fan. 2026

https://lexipedia.io/rm/docs/ch/bbl-ff-ff/2026-1932/fr/message-relatif-a-l-arrete-federal-concernant-le-soutien-apporte-a-la-candidature-a-la-preparation-et-a-la-realisation-des-jeux-olympiques-et-paralympiques-d-hiver-2038

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Fatschenta parlamentara: Bundesbeschluss über die Unterstützung der Kandidatur, Vorbereitung und Durchführung der Olympischen und Paralympischen Winterspiele 2038 (26.054)

FF 2026 1932

Message relatif à l’arrêté fédéral concernant le soutien apporté à la candidature, à la préparation et à la réalisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038

1 Contexte

1.1 Mesures requises et objectifs

Le Comité national olympique suisse (Swiss Olympic) et l’association Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Suisse 2038 (l’association) aspirent à organiser les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038 (Jeux d’hiver 2038) en Suisse. Depuis 2023, ils mènent des discussions à cette fin avec le Comité international olympique (CIO).

Selon le concept de l’association, la préparation et la réalisation des Jeux d’hiver 2038 doivent être financées en grande partie par des fonds privés. Le soutien de la Confédération est indispensable dans plusieurs domaines. Afin d’assurer la sécurité de planification requise, le Conseil fédéral soumet aux Chambres fédérales un arrêté de planification au sens de l’art. 28 de la loi du 13 décembre 2002 sur le Parlement (LParl)1, qui fixe les grandes lignes du soutien attendu de la Confédération.

1.2 Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver comptent parmi les plus importantes manifestations sportives au monde. Leur organisation constitue un projet national à fort rayonnement international. Le pays organisateur bénéficie, sur une longue période, d’une visibilité internationale exceptionnelle: les Jeux d’hiver lui offrent une excellente occasion de mettre en lumière son histoire, ses traditions politiques, sa richesse culturelle et paysagère, ainsi que le dynamisme de son économie, et d’en faire la présentation à plusieurs milliards de personnes à travers le monde. De plus, au-delà de leur caractère exceptionnel, les Jeux d’hiver peuvent avoir des retombées positives qui dépassent le cadre de l’événement et s’inscrivent sur le long terme.

La Suisse a déjà accueilli les Jeux olympiques d’hiver à deux reprises, à St-Moritz. En 1928, dix ans après la Première Guerre mondiale, les Jeux se sont déroulés dans un esprit de renouveau du sport international et d’entente entre les peuples. Il s’agissait alors des premiers Jeux d’hiver organisés indépendamment des Jeux d’été. En 1948, St-Moritz a accueilli pour la seconde fois les Jeux d’hiver, qui ont marqué la reprise des compétitions après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont été perçus comme une véritable renaissance et comme le symbole d’un retour à une pratique sportive pacifique. Depuis 1992, les Jeux paralympiques d’hiver ont lieu au même endroit que les Jeux olympiques d’hiver.

Les Jeux d’hiver n’ont cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières décennies. À titre d’exemple, un peu plus de 1700 athlètes ont participé à 61 compétitions dans 6 sports et 12 disciplines lors des Jeux d’hiver de Lillehammer en 1994. Le nombre d’athlètes et de compétitions sportives a presque doublé depuis: les Jeux d’hiver comprennent aujourd’hui 16 disciplines olympiques et 6 disciplines paralympiques, et accueillent plus de 3000 athlètes olympiques représentant quasiment une centaine de nations, ainsi qu’environ 500 à 600 athlètes paralympiques d’une cinquantaine de pays. Les Jeux d’hiver 2026 de Milan-Cortina ont inclus des épreuves de biathlon, bobsleigh, curling, hockey sur glace, patinage artistique, patinage de vitesse, ski freestyle, ski de fond, combiné nordique, luge, short-track, skeleton, ski alpin, ski-alpinisme, saut à ski et snowboard, et, pour ce qui est des disciplines paralympiques, biathlon, hockey sur glace, ski alpin, ski de fond, snowboard et curling. Mobilisant près de 10 000 représentants des médias et 20 000 bénévoles, les Jeux d’hiver sont environ trois fois plus petits que les Jeux d’été.

Le CIO mène actuellement un dialogue intitulé «Fit for the Future» avec ses fédérations membres, qui doit permettre d’établir des lignes directrices pour définir les programmes sportifs des futurs Jeux olympiques. S’il devait en ressortir de nouvelles attentes et exigences applicables au programme des Jeux d’hiver 2038, il serait nécessaire de les intégrer au plan de réalisation (cf. ch. 2). Le programme définitif des Jeux d’hiver 2038 sera inscrit dans le Contrat hôte olympique. Toute éventuelle modification ultérieure du programme devra être financée intégralement par le CIO ou par la fédération sportive internationale concernée.

Les attentes et les exigences concernant l’organisation des Jeux d’hiver ont également augmenté au cours des dernières décennies, notamment en ce qui concerne les technologies de diffusion, la mise en scène médiatique, ainsi que la sécurité à l’intérieur des sites de compétition et en dehors. En 2014, dans son Agenda olympique 2020, lequel a été prolongé en 2021 sous le nom d’Agenda olympique 2020+5, le CIO a décidé de limiter le nombre de participants et de compétitions lors des Jeux olympiques et paralympiques, et de réformer la procédure d’attribution. Concrètement, les nouveautés suivantes ont été apportées:

  • – Un dialogue est mené entre les sites intéressés et le CIO pour négocier les modalités et les conditions d’organisation. L’organisation peut ainsi être adaptée de manière optimale aux conditions locales de l’hôte. Les Jeux peuvent être attribués à une ville, une région ou un pays.

  • – Les compétitions doivent avoir lieu sur des installations préexistantes, dans la mesure du possible. Si besoin, ces installations peuvent aussi être situées en dehors du pays hôte.

  • – Il est possible d’héberger les participants de façon décentralisée, sans obligation de regroupement dans un unique village olympique.

  • – Les sites de compétition ne sont désormais soumis à aucune capacité minimale, ce qui permet d’adapter l’accueil du public aux réalités locales et aux moyens de transport.

  • – L’offre de prestations de service dans les lieux d’hébergement des athlètes, telle que la restauration ou les soins médicaux, peut également être adaptée aux besoins et aux offres existantes sur place.

  • – Les infrastructures destinées aux représentants des médias peuvent être mises à disposition de manière décentralisée et, le cas échéant, sous forme d’installations temporaires.

Ces mesures doivent permettre de donner davantage de flexibilité aux organisateurs lors de l’élaboration du plan de réalisation et de réduire fortement les coûts. La procédure d’attribution a également été modifiée en conséquence. La désignation des sites et des plans de réalisation fait désormais l’objet d’un dialogue entre le CIO, les sites hôtes intéressés et le Comité national olympique, dans le but de sonder les intérêts et les possibilités réciproques. Cette démarche vise aussi à harmoniser les efforts de candidature des différents pays et, idéalement, à les coordonner afin de réduire les coûts pour toutes les parties prenantes au processus de candidature.

1.3 État de la procédure de candidature et d’attribution pour 2038

Au printemps 2023, Swiss Olympic a mené une étude de faisabilité sur l’organisation de Jeux d’hiver en Suisse dans les années 2030. En se basant sur les résultats de cette étude, Swiss Olympic a fait part au CIO, à l’automne 2023, de sa volonté d’entamer un dialogue sur la manière concrète d’organiser de futurs Jeux d’hiver en Suisse.

Le 29 novembre 2023, le CIO a décidé d’attribuer l’organisation des Jeux d’hiver 2030 aux régions françaises de Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’Auvergne-Rhône-Alpes, et a désigné la ville de Salt Lake City aux États-Unis pour les Jeux d’hiver 2034. En parallèle, le CIO a invité Swiss Olympic à un dialogue privilégié concernant l’organisation des Jeux d’hiver 2038. Mis en place pour la première fois, ce mode de dialogue signifie que Swiss Olympic sera l’interlocuteur exclusif du CIO jusqu’à fin 2027 pour les questions d’organisation des Jeux d’hiver 2038. Si Swiss Olympic et le CIO parviennent à un accord sur les objectifs d’héritage, le plan de réalisation, le financement, les garanties et les autres prestations et contreparties, l’attribution à la Suisse des Jeux d’hiver 2038 et la signature du contrat correspondant avec le CIO auront lieu sans autre procédure de mise en concurrence.

Le Parlement du sport suisse, constitué des fédérations membres de Swiss Olympic, a approuvé le 23 mai 2024 le lancement du dialogue privilégié avec le CIO et, en parallèle, a débloqué près de 7 millions de francs pour financer les travaux de planification nécessaires.

Swiss Olympic a délégué la responsabilité de la suite de la planification à l’association nouvellement créée, qui réunit Swiss Olympic, Swiss Paralympic et les cinq fédérations nationales de sports d’hiver représentant les disciplines olympiques.

La phase de dialogue privilégié avec le CIO dure jusqu’à fin 2027. date à laquelle celui-ci ouvrira la procédure de candidature à d’autres sites et pays hôtes intéressés si aucun contrat n’a été conclu avec le CIO concernant l’organisation des Jeux d’hiver 2038 en Suisse.

1.4 Classement d’interventions parlementaires

L’arrêté ne permet de classer aucune intervention parlementaire.

2 Le projet «Switzerland 2038»

2.1 Héritage

Le contexte géopolitique a beaucoup changé ces dernières années. Les conflits armés, les frictions commerciales et la montée du protectionnisme posent des défis économiques, sociaux et écologiques à la Suisse. Les évolutions démographiques et la numérisation croissante accélèrent et accentuent les bouleversements socio-économiques. Si la Suisse accueille les Jeux d’hiver 2038, il s’agira, d’une part, d’organiser de manière exemplaire cette manifestation sportive qui compte parmi les plus grandes au monde. D’autre part, l’organisation et la tenue de cet événement offriront une importante plus-value en matière de durabilité et d’innovation pour les régions organisatrices et pour le pays. La Suisse peut accomplir de grandes choses et, en ces temps de changements mondiaux, favoriser la cohésion de sa population et apporter une contribution au dialogue international et à l’entente entre les peuples.

Lors de ses échanges avec les acteurs de la politique, de l’administration, de l’économie et de la société, l’association a identifié quatre volets thématiques généraux dans lesquels les Jeux d’hiver 2038 peuvent favoriser certaines évolutions et donner de nouvelles impulsions:

  • – Une société saine et résiliente

Les Jeux d’hiver doivent encourager l’ensemble de la population à faire davantage de sport et d’activité physique. En parallèle, ils permettent de transmettre certaines valeurs, de faire progresser l’inclusion, de promouvoir l’intégration sociale et de renforcer la cohésion de la société. La planification et l’organisation des Jeux paralympiques sont particulièrement propices à une réflexion sur les droits et les besoins des personnes handicapées dans le sport et dans tous les aspects de la vie. Des pistes de développement et de mesures pertinentes pourraient être mises en œuvre dans l’encouragement du sport et de l’activité physique, dans le domaine de la santé et de l’action sociale, dans le développement régional ou dans l’aménagement du territoire.

  • – Une Suisse durable et tournée vers l’avenir

Les Jeux d’hiver offrent un cadre propice au développement, au test, à la mise en œuvre et à la visibilité de standards et technologies permettant d’organiser de futurs événements de grande envergure de manière efficace et respectueuse des ressources. Du point de vue du tourisme, ils constituent une plateforme de réflexion sur les opportunités et risques de la numérisation, des changements structurels, de la mobilité et du changement climatique. Les interactions entre les régions et destinations touristiques urbaines et alpines rurales, prévues par le plan de réalisation, font émerger de nouveaux concepts et formes de collaboration dans l’optique d’un tourisme quatre saisons en Suisse, durable et tourné vers l’avenir.

  • – Un laboratoire d’innovation et de technologie

Les Jeux peuvent être des facteurs d’innovation dans les domaines de la numérisation, de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité ou de la communication basée sur des données. Des coopérations avec des partenaires nationaux et internationaux dans la recherche et la technologie peuvent créer de nouvelles avancées et opportunités d’activité. Le parcours menant aux Jeux d’hiver 2038 peut servir de «laboratoire» d’innovations axées sur la pratique et de solutions évolutives pour le sport mais aussi pour d’autres domaines de la société.

  • – Engagement et mise en réseau internationale

Les Jeux d’hiver permettent un engagement bénévole et professionnel en faveur du sport et de la société, et encouragent l’échange intergénérationnel et interculturel. À travers des formats d’échange et des partenariats, les Jeux d’hiver peuvent contribuer à consolider la position de la Suisse comme pays hôte et comme négociateur et médiateur dans les situations de conflit et, ainsi, renforcer l’action de de la Suisse en matière de politique extérieure.

Tant les acteurs privés que publics peuvent tirer parti des opportunités et des potentiels qu’offrent les Jeux d’hiver 2038. Le délai préparatoire de plus de dix ans avant la tenue de l’événement est particulièrement propice à la mise en œuvre, sur une longue période, d’objectifs et de mesures ambitieux en matière d’héritage.

Au fur et à mesure de l’avancement du projet, il conviendra de hiérarchiser et d’affiner les objectifs d’héritage. Une stratégie d’héritage coordonnée entre le secteur privé, les communes, les cantons et la Confédération doit être mise en place afin d’y parvenir. Celle-ci doit être alignée avec les objectifs des stratégies à long terme de la Confédération, telles que la future stratégie Encouragement du sport et de l’activité physique, la stratégie touristique, la stratégie énergétique 2050, la stratégie Prévention des maladies non transmissibles, la Conception «Paysage suisse» ou la stratégie de développement durable 2030.

Cette stratégie d’héritage pourrait permettre la mise au point d’instruments destinés à appuyer les mesures liées à l’héritage des Jeux. Il serait envisageable, par exemple, de constituer une fondation soutenue par plusieurs parties prenantes pour cofinancer les projets pertinents. Il n’existe pas encore de déclarations d’intention concrètes, de plans de mise en œuvre ou de solutions de financement correspondantes de la part d’acteurs privés ou publics.

2.2 Plan de réalisation

2.2.1 Installations sportives et sites hôtes

La Suisse accueille régulièrement des événements sportifs internationaux tels que des championnats européens et mondiaux dans diverses disciplines. De nombreuses régions disposent de connaissances solides, d’une longue expérience, ainsi que de structures et de réseaux bien établis. La Suisse est en mesure d’organiser des Jeux d’hiver. Il lui reste plus de dix ans pour se préparer à la tenue de l’événement.

Le projet de l’association ambitionne de faire de la Suisse le premier pays hôte de l’histoire des Jeux olympiques. Il est prévu que les compétitions soient organisées de manière décentralisée, dans les quatre régions linguistiques du pays.

Les infrastructures existantes seront utilisées; il n’est pas prévu de construire de nouvelles installations fixes. En revanche, certaines installations nécessiteront probablement des travaux d’entretien et, si besoin, de modernisation d’ici 2038, parfois même indépendamment de leur utilisation pour les Jeux d’hiver 2038.

Selon toute prévision, les Jeux olympiques d’hiver se tiendront dans 15 communes situées dans 10 cantons. Les sites hôtes sont, pour la plupart, répartis sur trois «clusters». La proximité des sites hôtes au sein de chaque cluster vise à favoriser un sentiment de communauté chez les athlètes et dans le public:

  • – Cluster «Ouest»: Genève (curling, patinage de vitesse), Lausanne (patinage artistique, short-track);

  • – Cluster «Centre»: Zurich, Zoug (hockey sur glace), Engelberg (ski de fond, saut à ski, combiné nordique);

  • – Cluster «Est»: St-Moritz/Celerina/Silvaplana, Lenzerheide (ski freestyle, snowboard, biathlon, bobsleigh, skeleton, luge);

  • – Autres sites: Crans-Montana (ski alpin), Lugano (hockey sur glace).

Les Jeux paralympiques d’hiver doivent eux aussi utiliser les infrastructures existantes, et se tiendront près de trois semaines après la fin des Jeux olympiques d’hiver. Il sera tenu compte des besoins spécifiques en matière d’accessibilité et de transport. En raison du nombre moins élevé de disciplines, de participants et de sites de compétition, deux clusters sont prévus.

  • – Cluster «Ouest» (sports de glace): Genève (curling), Lausanne (hockey sur glace);

  • – Cluster «Est» (sports de neige): Lenzerheide (biathlon, ski de fond) et St-Moritz (ski alpin, snowboard).

Les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’hiver doivent se tenir respectivement à Lausanne et Berne. En outre, Berne accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux paralympiques d’hiver. Ainsi, un pont sera jeté entre les régions linguistiques et entre les Jeux olympiques et paralympiques.

L’architecture de télécommunication et de réseau des Jeux d’hiver sera principalement basée à Genève au centre de congrès Palexpo. Le centre international de diffusion et de transmission (International Broadcast Center) et le centre de presse (Main Press Center) centraliseront la production en direct et les services de presse.

L’association entend conclure d’ici fin 2026, sur les sites hôtes, des conventions de collaboration avec les exploitants d’installations sportives qui ont manifesté leur intérêt. Si les conventions ne peuvent pas être conclues comme prévu, l’association prévoit d’ajuster le plan de réalisation et de s’adresser à d’autres exploitants d’installations et d’autres sites hôtes. Les conventions font partie intégrante du dossier de candidature à soumettre au CIO.

2.2.2 Hébergement

Le plan de l’association comprend aussi un hébergement décentralisé des athlètes et du personnel d’encadrement. Au lieu de créer un village olympique, il est prévu de recourir à des hôtels et des hébergements similaires (p. ex. appartements de location) sur les trois clusters («Ouest» à Genève/Lausanne, «Centre» à Lucerne et «Est» à St‑Moritz/Lenzerheide) et sur les deux autres sites (Crans-Montana, Lugano). Des hospitality centers temporaires ou existants sur les sites viennent compléter les offres de restauration, d’entraînement et de loisirs. Les membres du comité d’organisation, les bénévoles, le personnel des fédérations sportives internationales et du CIO, les personnes invitées par ces derniers, ainsi que les représentants des médias, doivent également être hébergés à proximité de leurs lieux d’intervention. Le secteur de l’hôtellerie soutient l’association en mettant à disposition les capacités d’hébergement requises. L’association évalue les besoins à 24 000 chambres pour les Jeux olympiques et 9200 chambres pour les Jeux paralympiques d’hiver. Des hébergements adéquats devront également être mis à la disposition des forces de police et du personnel de sécurité.

L’un des défis à relever dans la suite du projet consiste à garantir une offre d’hébergement adaptée aux besoins de tous les groupes cibles des Jeux d’hiver, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Les hôtels situés dans les destinations de sports d’hiver concernées présentent déjà des taux d’occupation élevés durant l’hiver grâce à leur clientèle habituelle. Il n’est donc pas certain qu’ils puissent offrir des hébergements répondant aux conditions de financement des Jeux d’hiver 2038.

Les organisations touristiques locales gèrent l’évaluation des besoins et assurent les disponibilités. La corporation de droit public Suisse Tourisme agit à titre de coordinatrice nationale.

2.2.3 Circulation et transport

Le plan de circulation et de transport de l’association mise sur la bonne performance et les capacités du réseau de transports publics existant. Il est prévu que le transport des athlètes, du personnel d’encadrement et des responsables des fédérations sportives internationales et du CIO se fasse principalement au moyen de véhicules sans émissions, avec une contribution du réseau ferré également. Les spectateurs et spectatrices doivent se déplacer autant que possible en utilisant les transports publics. L’association souhaite proposer des offres combinées à prix avantageux comprenant les billets d’entrée aux compétitions et le trajet aller-retour en transports publics. Les CFF, CarPostal et les entreprises régionales de transport ont été sollicitées pour planifier les transports et évaluer les coûts correspondants. Des capacités dédiées dans les transports publics doivent être mises à disposition pour l’acheminement du personnel de l’organisation responsable, des bénévoles et des représentants des médias. Des offres supplémentaires temporaires (p. ex. bus navettes, véhicules de réserve) doivent permettre de répondre aux pics de demande. La création de nouvelles infrastructures de transport pour les Jeux d’hiver est à éviter autant que possible. La mise en œuvre du plan de circulation et de transport implique que la capacité d’accueil des sites de compétition puisse être adaptée à la capacité du réseau de transport. Cette flexibilité est garantie par les principes fixés par le CIO dans son Agenda olympique 2020+5. Une planification minutieuse et une communication intensive doivent permettre de réduire les répercussions négatives sur le trafic habituel.

2.3 Sécurité

2.3.1 Sécurité dans l’espace public

2.3.1.1 Répartition des tâches entre les cantons et la Confédération

La sécurité dans l’espace public avant et pendant les Jeux d’hiver doit être garantie au moyen d’un dispositif de sécurité complexe qui nécessite la collaboration étroite de tous les partenaires du Réseau national de sécurité. Ce dispositif a pu être testé dans le cadre de plusieurs manifestations sportives internationales, par exemple lors de l’Euro féminin de football 2025, organisé de manière décentralisée dans huit villes suisses. Pour le moment, il est impossible d’élaborer des prévisions fiables sur la sécurité en 2038. Il est toutefois possible de faire des déclarations d’ordre général sur les mesures à prévoir:

  • – En matière de sécurité, la répartition ordinaire des tâches à l’échelle fédérale entre les villes, les cantons et la Confédération doit également être garantie durant les Jeux d’hiver 2038, comme cela a été le cas lors de tous les grands événements organisés en Suisse au cours des dernières décennies. Rien ne justifierait d’abandonner cette pratique bien établie.

  • – La sécurité intérieure incombe aux cantons. Pour assurer la sécurité nécessaire au bon déroulement des Jeux d’hiver 2038, il est indispensable que la Confédération, les cantons, les sites hôtes et le secteur privé collaborent étroitement. Les forces de police cantonales et municipales sont en principe responsables de l’ensemble de l’intervention policière dans l’espace public (police de sûreté, police de la circulation et police judiciaire).

  • – La Confédération exerce ses propres compétences dans le domaine de la sécurité intérieure, à savoir la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien, la sécurité des frontières, la protection de l’État, le devoir de protection découlant du droit international public et les tâches de coordination à l’échelle internationale.

2.3.1.2 Dispositif policier

Selon une étude de faisabilité de la Conférence des commandantes et commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS) datée du 14 août 2025, il sera possible d’assurer la sécurité dans l’espace public durant les Jeux d’hiver 2038. L’étude fait référence aux réflexions menées dans le cadre de l’Euro féminin de football 2025 et de la candidature de Sion aux Jeux d’hiver 2026. L’intervention devrait durer 75 jours au total et comporter plusieurs phases. Pour assumer les tâches de police envisagées dans la qualité et la quantité décrites par la CCPCS, un soutien aux forces policières des cantons hôtes sera indispensable.

Du point de vue actuel, l’analyse de la CCPCS part du principe que la police devra fournir l’équivalent de près de 124 000 jours d’engagement pour assurer la sécurité des Jeux d’hiver 2038. Les besoins varieront selon les phases. Ils seront à leur maximum durant la phase de compétition des Jeux olympiques (3600 agents par jour) et à leur minimum durant les Jeux paralympiques (1500 agents par jour). À titre de comparaison, environ 1500 agents par jour sont nécessaires durant les pics d’activité de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos.

Les experts en sécurité de la Confédération estiment que les conclusions de cette analyse sont plausibles. Les expériences faites lors de précédents grands événements laissent penser, vu l’ampleur prévue, qu’une intervention policière intercantonale (IKAPOL) sera nécessaire, qu’un engagement de l’armée sous la forme d’un service d’appui pour les autorités civiles doit être envisagé et qu’un soutien des forces de police étrangères ne peut pas être exclu.

Dans le cadre de l’organisation fédérale des compétences, les cantons prennent en charge les coûts d’intervention des forces de police requises et des organisations d’intervention d’urgence, y compris des forces de police étrangères éventuellement appelées en renfort. Il revient aux cantons de décider de l’attribution des coûts d’éventuels engagements de police intercantonaux (IKAPOL). Il leur appartient également de décider s’il convient de renoncer à la facturation des interventions d’assistance au sens de la convention IKAPOL.

2.3.1.3 Engagement des offices fédéraux et de la police des transports

L’armée peut apporter son soutien sur demande des autorités civiles de la Confédération et des cantons dans le cadre d’un service d’assistance, lorsque la tâche relève de l’intérêt public et que les autorités civiles ne pourraient l’accomplir qu’au prix d’un engagement disproportionné en termes de personnel, de matériel ou de temps. Ce soutien peut prendre la forme d’envois de troupes et de fourniture de matériel et de biens d’approvisionnement. L’approbation de l’Assemblée fédérale est requise en cas d’intervention de plus de trois semaines ou de convocation de plus de 2000 militaires.

Les autorités civiles et les tiers peuvent également bénéficier d’un soutien en vertu de l’ordonnance du 21 août 2013 concernant l’appui d’activités civiles et d’activités hors du service avec des moyens militaires (OACM)2, pour autant que cette aide puisse être fournie de manière non armée et qu’elle présente un intérêt majeur pour la formation ou l’entraînement des militaires.

La sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien incombe à la Confédération. L’armée (Forces aériennes) est responsable de la mise en œuvre des mesures de police aérienne correspondantes. Sur la base des expériences recueillies, notamment lors des interventions annuelles pour le Forum économique mondial de Davos ou lors d’autres grands événements, l’armée estime à plusieurs millions de francs les coûts supplémentaires liés aux interventions des Forces aériennes durant les Jeux d’hiver. Viennent s’y ajouter des coûts supplémentaires pour le matériel de consommation, les besoins d’entretien accrus et les frais de personnel.

L’Office fédéral de la police (fedpol) est responsable de la coordination de toutes les dispositions d’accueil des forces de police étrangères, qui représentent plusieurs centaines de personnes à regrouper au sein de l’International Police Cooperation Center (IPCC). En outre, chaque pays participant désigne un fonctionnaire de liaison permanent qui doit servir d’interlocuteur pour toutes les questions de sécurité et doit être impliqué le plus tôt possible dans les travaux à réaliser.

Le domaine de direction Service fédéral de sécurité de fedpol est responsable de la protection des personnes bénéficiant d’un statut de protection en vertu du droit international (VIP). Il définit les mesures de protection nécessaires et charge les cantons de leur mise en œuvre. Les cérémonies d’ouverture et de clôture, en particulier, devraient accueillir un grand nombre de ces personnes.

Des effectifs importants seront requis pour assurer le fonctionnement de l’organisation d’intervention interne de fedpol avant, pendant et après l’événement, ainsi que pour coordonner toutes les tâches de fedpol relevant de l’analyse de situation, des opérations, de l’aide au commandement et des médias. Des coûts devront également être engagés pour le fonctionnement de l’IPCC (infrastructure et hébergement). À titre de comparaison, le fonctionnement de l’IPCC lors de l’Euro de football 2024 en Allemagne a engendré des coûts s’élevant au moins à 10 millions d’euros. En outre, fedpol assume d’autres tâches dans le domaine du réseau national de renseignement et de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

L’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) apporte entre autres son soutien aux cantons et aux autres organisations partenaires de la protection de la population pour répondre aux situations prioritaires dans ce domaine qui peuvent survenir lors de telles manifestations. Les personnes astreintes à servir dans l’organisation de la protection civile peuvent également être appelées à effectuer des interventions en faveur de la collectivité en vertu de l’art. 28, al. 2, let. c, de la loi fédérale du 20 décembre 2019 sur la protection de la population et sur la protection civile (LPPCi)3. Les candidatures des Grisons en 2022 et de Sion en 2026 tablaient sur 1200 membres de la protection civile pendant 25 jours. En ce qui concerne les Jeux d’hiver 2038, les données rassemblées au cours des années précédant l’événement devront être évaluées.

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) met en place un réseau de renseignement qui recueillera les informations et évaluations issues de sources nationales et internationales. En la matière, le SRC travaille étroitement avec l’état-major de conduite de la police, les services de renseignement cantonaux des corps de police, fedpol, l’armée et d’autres services fédéraux, ainsi qu’avec des services partenaires étrangers.

L’Office fédéral des douanes et de la sécurité des frontières (OFDF) renforcera les mesures de surveillance et de contrôle aux postes-frontières à l’aide d’un dispositif adapté à la situation.

Les manifestations telles que les Jeux d’hiver peuvent entraîner une recrudescence des cyberattaques, qui visent l’événement en lui-même ou des partenaires impliqués et des infrastructures critiques. Les organisateurs de telles manifestations doivent s’assurer eux-mêmes de la sécurité de leur événement à cet égard. L’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) apporte son soutien à la protection des infrastructures critiques face aux cyberattaques et vise une collaboration directe et étroite avec l’organisateur.

Il est prévu que la police des transports soutienne les polices cantonales dans la gestion de l’événement, par exemple en intensifiant les patrouilles dans les gares et les trains, en assurant la protection des ouvrages ou en faisant intervenir des chiens de défense. Le plan de réalisation décentralisé implique des voies de déplacement supplémentaires et plus longues qui doivent être protégées si besoin. Pour les jours de compétition, la police des transports anticipe un besoin supplémentaire de personnel totalisant 4000 jours d’engagement.

La Confédération doit assumer les coûts liés à l’intervention de l’armée et de l’OFDF, à la protection civile ainsi qu’aux soutiens ponctuels apportés aux autres organes de sécurité de la Confédération (fedpol, SRC, OFPP, OFCS). Des négociations auront lieu pour déterminer si les CFF peuvent répercuter sur l’organisation responsable les coûts des interventions de la police des transports et dans quelle proportion.

2.3.2 Sécurité sur les sites hôtes

L’organisateur est responsable des zones de sécurité privées encore à définir, notamment les sites de compétition et d’entraînement clôturés, les hébergements, ainsi que les centres de presse et informatiques. Les mesures de sécurité requises sont majoritairement assurées par des prestataires privés. Le budget de l’association prévoit près de 100 millions de francs à cet effet, un montant qui concorde avec ce qui avait été calculé pour les projets Grisons 2022 et Sion 2026. Sont compris les frais liés au personnel, à la sécurité privée, à la gestion et à la coordination de projets, à la gestion de projets informatiques et à la sécurité informatique, à la logistique, aux infrastructures, à la formation, aux relations avec les médias et aux conférences.

2.4 Organisation chargée de la candidature et future organisation responsable

L’association mène le dialogue privilégié avec le CIO et assume l’entière responsabilité de la candidature. Si la Suisse accueille les Jeux d’hiver 2038, les structures de direction devront être adaptées pour répondre aux exigences de préparation et de réalisation. Il incombe à l’association de définir, avant même l’attribution des Jeux d’hiver, les structures d’une organisation responsable de la phase de préparation et de réalisation. L’organisation responsable doit, en particulier, assumer les tâches suivantes:

  • – mettre sur pied l’événement selon les conditions convenues avec le CIO;

  • – garantir le financement global;

  • – assurer la sécurité sur les différents sites;

  • – mettre en place les infrastructures temporaires requises (notamment télévision et d’autres médias);

  • – mettre en œuvre les mesures en lien avec les notions de durabilité et d’héritage;

  • – mobiliser des bailleurs de fonds privés et coordonner les parties prenantes à l’échelle nationale.

L’association prévoit de transférer à des corporations (Event Delivery Entities, EDE), qui restent à créer, la responsabilité de planifier, d’organiser et de réaliser les Jeux sur les sites de compétition et d’hébergement. Une EDE peut mobiliser des acteurs locaux (p. ex. exploitants d’installations sportives, fédérations sportives, partenaires privés). Les tâches suivantes lui incombent:

  • – planifier et mettre en œuvre la partie du programme qui lui est attribuée (p. ex. sites de compétition, cérémonie, hébergement des athlètes);

  • – organiser le fonctionnement et le personnel (constitution d’une structure organisationnelle locale, recrutement de bénévoles, etc.);

  • – mettre à disposition l’infrastructure et les locaux complémentaires pour les compétitions;

  • – fournir les services associés (sécurité privée, nettoyage, élimination des déchets, restauration et transport des bénévoles) au sein des sites;

  • – coordonner les actions avec les autorités locales en matière de sécurité publique, de services de sapeurs-pompiers, de protection civile et de déneigement;

  • – assumer une coresponsabilité financière pour les tâches qui lui sont attribuées.

Des conventions doivent être conclues entre l’organisation responsable et les EDE pour le transfert de ces tâches. D’une part, l’objectif est de transférer en partie la responsabilité de la mise en œuvre et les risques aux unités organisationnelles locales. D’autre part, l’organisation des Jeux d’hiver doit pouvoir être adaptée autant que possible aux conditions et particularités locales. Les motivations à s’investir localement, notamment par des soutiens matériels et financiers au projet, s’en trouvent ainsi accrues. De plus, il en résulte un impact plus important à long terme sur la région.

Les cantons et communes hôtes doivent participer aux tâches assumées par les EDE ainsi qu’à la prise en charge des coûts. Il reste à déterminer au cas par cas dans quelle mesure les cantons et communes hôtes feront eux-mêmes partie des EDE respectives ou concluront des engagements contractuels avec celles-ci.

La Confédération ne prendra pas part à l’organisation responsable, tant durant la phase de candidature que durant l’événement, et sa responsabilité dans la mise en œuvre des Jeux d’hiver 2038 s’en trouve ainsi limitée. Parallèlement aux prestations financières et matérielles, la Confédération doit mettre en place une structure habilitée à accompagner les travaux de planification et de mise en œuvre de la future organisation responsable (voir observations ch. 5.2).

2.5 Management événementiel durable

Les Jeux d’hiver 2038 doivent répondre aux normes actuelles de durabilité et se conformer de manière exemplaire aux prescriptions environnementales en vigueur. Cela inclut notamment les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’être en conformité avec l’Accord de Paris sur le climat. Dans le même temps, ils peuvent contribuer à promouvoir certaines évolutions associées aux stratégies de durabilité de la Confédération.

L’organisation responsable s’assure que la préparation et la réalisation des Jeux d’hiver 2038 répondent aux normes nationales et internationales reconnues (p. ex. ISO 20121 pour le management événementiel durable). En outre, les travaux de planification et de mise en œuvre tiennent compte des objectifs de la stratégie de développement durable 2030, de la stratégie énergétique 2050, de la stratégie climatique à long terme 2050 et de la loi fédérale du 30 septembre 2022 sur les objectifs en matière de protection du climat, sur l’innovation et sur le renforcement de la sécurité énergétique (LCI)4. À l’heure actuelle, les principaux objectifs de l’association dans ce contexte sont les suivants:

  • – organiser des Jeux d’hiver qui génèrent peu de CO2 et préservent les ressources en faisant appel aux infrastructures existantes et aux énergies renouvelables et en privilégiant les transports en commun;

  • – protéger les écosystèmes et promouvoir une gestion proactive de l’eau;

  • – renforcer la résilience face aux conséquences du changement climatique et valoriser durablement les espaces de vie alpins et urbains;

  • – poursuivre le développement du tourisme durable et intégrer des programmes comme Swisstainable.

L’association élabore un plan de management événementiel durable pour la préparation et la réalisation des Jeux d’hiver 2038. Dès lors qu’une décision définitive aura été rendue au sujet de la tenue des Jeux d’hiver 2038 en Suisse, il conviendra de mettre en place un monitorage régulier impliquant l’établissement de rapports concernant les objectifs, l’avancement de la mise en œuvre, les défis et les mesures adéquates.

2.6 Coûts et financement

Lors des Jeux olympiques et paralympiques, une distinction est généralement faite entre le budget COJO (comité d’organisation des Jeux olympiques) et le budget hors COJO. Le budget COJO incombe à l’organisation responsable et comprend l’ensemble des charges et revenus en lien avec la préparation et la réalisation de l’événement. Le budget hors COJO comprend les charges et revenus qui ne relèvent pas de la responsabilité ni du domaine d’influence de l’organisation responsable; il s’agit par exemple d’investissements dans les infrastructures permanentes ou de charges pour assurer la sécurité dans l’espace public.

2.6.1 Préparation et réalisation des Jeux d’hiver 2038 (budget COJO)

En cas d’organisation des Jeux d’hiver 2038 en Suisse, il conviendra de réduire considérablement le montant des fonds publics employés pour cofinancer les coûts de préparation et de réalisation, en comparaison avec des projets de candidature antérieurs (p. ex. Grisons 2022 et Sion 2026). Une part aussi importante que possible des charges de l’organisation responsable est couverte par des fonds privés. La définition du projet sur la base du budget (approche dite built-to-budget) doit permettre de s’assurer que les coûts de préparation et de réalisation de l’événement ne dépassent pas les revenus effectivement réalisables. Certaines prestations seraient ainsi abandonnées en cas d’augmentation imprévue des coûts ou de baisse des revenus. À titre d’exemple, il serait envisageable de réduire les standards appliqués aux prestations de service ne présentant pas de rapport direct avec les compétitions et les athlètes (cf. ch. 2.6.1.3).

Le budget COJO des Jeux d’hiver 2038 calculé par l’association s’élève actuellement à 2,2 milliards de francs. D’ici à 2038, ces valeurs incluent un renchérissement annuel de 1 % (d’ici à 2029) à 1,5 % (2030–2038). Certains postes budgétaires, dont l’hébergement, la restauration, la sécurité et le transport, ont pu être chiffrés sur la base des prestations requises (volumes) et des prix correspondants. D’autres postes, par exemple les technologies et les cérémonies, ont été évalués à partir de valeurs empiriques issues de Jeux d’hiver passés et prévus prochainement. Toutes les charges et tous les revenus du budget COJO ont été validés au moyen de comparaisons avec des valeurs de référence.

Le budget COJO des Jeux d’hiver 2038 a été calculé et documenté par une équipe d’experts chevronnés et hautement expérimentés dans l’organisation et le financement de Jeux olympiques et paralympiques. Il convient toutefois de noter que les postes budgétaires pourront encore subir des modifications importantes au cours des dix prochaines années d’organisation et de mise en œuvre du projet. Le budget, lui, ne doit en revanche plus être modifié.

2.6.1.1 Dépenses

Le budget COJO prévoit les dépenses suivantes:

Tableau 1

Dépenses prévues par le budget COJO

Dépenses

en millions de francs (état: 2038)

Services associés et opérations

565

Technologie

393

Gestion du personnel

373

Infrastructure sur les sites de compétition

331

Cérémonies / culture et communication

138

Gestion d’entreprise, gouvernance et héritage

93

Autres dépenses

122

Réserve

200

Total

2215

Plus de la moitié des dépenses prévues par le budget COJO concernent les prestations opérationnelles pour les athlètes, le public et les sites hôtes. Le poste de dépense le plus élevé du budget de mise en œuvre est celui du domaine Games Services & Operations, qui inclut entre autres les dépenses liées à l’hébergement, à la restauration, à la sécurité au sein des sites hôtes, au transport, aux prestations de service médicales (p. ex. lutte contre le dopage) et à la logistique.

Les coûts technologiques représentent le deuxième plus important poste de dépense, avec 393 millions de francs, et comprennent la mise à disposition et l’utilisation des infrastructures informatiques, de télécommunication et Internet.

Sur la base d’une analyse détaillée de tous les sites de compétition prévus et de sites supplémentaires, menée par des experts externes, les dépenses liées à l’infrastructure temporaire (p. ex. patinoire temporaire pour le patinage de vitesse, tribunes) s’élèvent à 267 millions de francs.

La tenue du programme culturel et des cérémonies (ouverture et clôture incluses) ainsi que les mesures de communication représentent 138 millions de francs.

Un montant supplémentaire de 93 millions de francs est prévu pour le poste de dépense «Gestion d’entreprise, gouvernance et héritage». Cette somme doit servir à financer les charges administratives durant plus de dix ans (p. ex. coûts de location et d’exploitation pour les bureaux et l’administration, planification et gestion de projet) et les mesures de réduction des émissions (compensation des émissions de CO2 et coûts des projets de réduction des émissions globales), ainsi qu’à aligner la planification et l’organisation sur les objectifs fixés dans la stratégie d’héritage.

Les «Autres dépenses» concernent des licences et des émoluments administratifs, dont notamment une indemnité à verser au CIO pour l’utilisation des anneaux olympiques ou l’administration des sponsors «TOP» internationaux.

Le budget prévoit une réserve générale de 200 millions de francs.

2.6.1.2 Recettes

Le budget prévoit les recettes suivantes:

Tableau 2

Recettes prévues par le budget COJO

Recettes

en millions de francs (état: 2038)

Droits médias et de sponsoring mondiaux

678

Sponsoring en Suisse

448

Billetterie

413

Licences et vente de produits dérivés

79

Contributions du service public

332

Loteries

60

Autres revenus

205

Total

2215

Le poste de recettes le plus élevé est celui de l’exploitation des droits médias et de sponsoring du CIO. Le CIO les exploite de manière indépendante, à titre de titulaire des droits de marque olympiques. Il accorde des droits d’usage et d’autres droits commerciaux à un nombre limité de sponsors «TOP» (dont actuellement Omega, Alibaba, Allianz, Coca-Cola, Airbnb, Samsung). L’organisation responsable participe au prorata aux recettes. L’association table sur des recettes de près de 680 millions de francs dans ce domaine. La part effective des recettes du CIO attribuée à l’organisation responsable fait actuellement l’objet d’une concertation entre l’association et le CIO. Étant donné que le CIO n’a encore conclu aucun contrat avec des sponsors «TOP» au-delà de 2036, il est actuellement impossible de fixer de manière définitive les contributions du CIO en faveur de l’association. Dans le cadre du dialogue privilégié avec Swiss Olympic et l’association, le CIO s’engage actuellement à verser une contribution minimale d’environ 600 millions de francs au budget COJO. La somme précise est à fixer dans le Contrat hôte olympique. Les contributions du CIO sont versées en dollars des États-Unis. L’organisation responsable assume les opportunités et risques liés au taux de change.

D’un montant de près de 450 millions de francs, les recettes de sponsoring national et régional représentent le deuxième plus important poste de recettes. Les partenaires de sponsoring bénéficient pendant plusieurs années d’une visibilité dans tout le pays et du droit d’utiliser les anneaux olympiques. Le sponsoring régional vise l’implication d’entreprises régionales, en particulier des petites et moyennes entreprises.

L’association table sur des recettes de 413 millions de francs issues de la vente de billets pour les compétitions et les cérémonies. L’achat d’un billet pourra, dans certains cas, s’accompagner de prestations hôtelières complètes. L’association estime la quantité totale de billets à 2,6 millions et le taux moyen d’utilisation à 80 %, soit une vente prévue de près de 2,1 millions de billets. Sur la base de valeurs de référence, le prix moyen d’un billet a été estimé à 170 francs.

Les recettes attendues au titre des dons et des rendements de placements s’élèvent à 205 millions de francs. Un nouvel instrument de placement doit permettre à une grande part de la population de participer au financement des Jeux à partir de 2028. Les placements doivent être intégralement remboursés aux investisseurs après la clôture des Jeux.

2.6.1.3 Mesures envisageables en cas de risque de déficit

L’association souhaite inscrire le principe de la définition du projet sur la base du budget (approche built-to-budget) dans le Contrat hôte olympique qui sera conclu avec le CIO. Il est nécessaire de déterminer les domaines de prestations susceptibles de faire l’objet de mesures de réduction des coûts si la situation l’exige. La priorité est donnée aux mesures dans les domaines suivants:

  • – réduction de service: ajustement des standards de qualité, des exigences, des spécifications de prestations convenues (p. ex. type de transport pour certains groupes, standards de résilience du réseau, équipements techniques);

  • – réduction de volume: réduction des prestations de service (p. ex. nombre de véhicules, de bénévoles);

  • – droit de renoncer à l’utilisation des paquets de prestations standardisés du CIO, ou de ses partenaires, pour se tourner vers d’autres solutions moins coûteuses.

Il n’existe encore aucune ébauche concrète de Contrat hôte olympique pour 2038. Lors des discussions menées avec l’association, le CIO a confirmé sa volonté d’inscrire le principe de la définition du projet sur la base du budget (approche built-to-budget) dans le contrat. La possibilité de redimensionnement en cas de déséquilibre financier entre les dépenses et les recettes doit se refléter dans les spécifications techniques relatives à la tenue des Jeux, dont le respect revêt un caractère contraignant pour l’organisation responsable dans le cadre du Contrat hôte olympique.

Une réduction des prestations à des fins de diminution des charges financières lors de la préparation et de la réalisation des Jeux d’hiver 2038 n’est possible que dans la mesure où elle ne porte pas atteinte de manière excessive à l’image globale traditionnelle des Jeux d’hiver, telle que la perçoivent le public et les sponsors. À ce sujet, l’association souhaite élaborer une solution contractuelle équilibrée en collaboration avec le CIO.

2.6.1.4 Garantie de déficit privée

L’association assure les risques liés au projet de Jeux d’hiver 2038 au moyen d’une garantie de déficit de 200 millions de francs assumée par des personnes et organisations privées, qui n’est pas comprise dans le budget. Ce montant correspond à une part de près de 10 % des coûts de préparation et de réalisation de l’événement. À cet égard, il est prévu que des personnalités ou des organisations issues des domaines de l’économie, du sport et de la société apportent une contribution importante à la garantie de déficit. Un instrument de placement est élaboré en collaboration avec un partenaire financier. Les déposants profitent des rendements des placements. Si les placements ne doivent pas être utilisés pour couvrir d’éventuels déficits liés à la préparation et à la réalisation, ils sont restitués aux investisseurs après la clôture des Jeux. Les investisseurs peuvent apparaître publiquement comme «porte-drapeaux» du projet pendant une durée prolongée et profiter de certains avantages en lien avec leur venue aux Jeux.

L’association Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Suisse 2038 mène actuellement des discussions avec des personnes et organisations intéressées. Sur la base des résultats actuels des discussions, elle s’attend à ce que des garanties contraignantes à hauteur de 200 millions de francs soient fournies d’ici fin 2026.

2.6.2 Contributions financières attendues du secteur public

2.6.2.1 Contributions financières attendues de la Confédération

Dans ses courriers du 30 septembre et du 5 décembre 2025, l’association demande une contribution financière de la Confédération s’élevant à 190 millions de francs pour le cofinancement des coûts de préparation et de réalisation des Jeux d’hiver 2038.

Sur cette somme, 60 millions de francs doivent servir à cofinancer les Jeux paralympiques d’hiver. L’association estime les coûts des Jeux paralympiques d’hiver à près de 280 millions de francs, soit environ 14 % des coûts des Jeux olympiques d’hiver. Cette valeur a pu être confirmée sur la base des expériences faites lors de précédents Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Un montant de 50 millions de francs est alloué à des réductions du tarif des transports en commun pour le public. Lors de l’Euro féminin de football 2025 organisé en Suisse, de telles réductions ont largement contribué à ce que la plupart des spectatrices et spectateurs se rendent aux compétitions en transports en commun.

Il est prévu que les 80 millions de francs restants soient utilisés par l’association pour cofinancer les dépenses en lien avec la mise à disposition des sites hôtes dans toute la Suisse.

Les contributions de la Confédération sont versées sur plusieurs années. Une part importante des dépenses de l’organisation responsable, et donc des contributions de la Confédération nécessaires, sera engagée au cours des deux à trois années précédant l’événement. Par conséquent, c’est au cours de ces années que la charge pesant sur le budget fédéral sera la plus importante.

2.6.2.2 Contributions financières attendues des communes et des cantons

L’association sollicite, auprès des communes hôtes, une contribution financière totale de 140 millions de francs pour le cofinancement des coûts de préparation et de réalisation des Jeux d’hiver 2038. Le montant accordé varie selon les communes. Il est versé sous la forme d’une subvention et fixé sur la base de l’estimation des coûts formulée en collaboration avec l’association pour divers postes de prestations requis sur tous les sites: mise à disposition de l’infrastructure (loyers, tribunes temporaires, etc.), bénévoles (hébergement, restauration, etc.), sécurité (à l’intérieur des sites de compétition), nettoyage et élimination des déchets. La question de la responsabilité des communes quant à la fourniture effective des prestations sur le lieu d’organisation reste encore à clarifier.

Les autorités compétentes des communes hôtes ont confirmé à l’association, fin novembre 2025, leur volonté de verser la contribution financière demandée pour le projet de Jeux d’hiver 2038 et de faire avancer au niveau communal les décisions de crédit nécessaires.

Il reste à préciser dans quelle proportion les cantons hôtes participeront aux contributions au budget COJO demandées par l’association aux communes hôtes.

L’association sollicite un montant de 60 millions de francs pour le cofinancement des Jeux paralympiques d’hiver 2038 auprès de la Fondation suisse pour l’encouragement du sport (FSES), qui est soutenue par les cantons. La fondation gère les moyens financiers issus des recettes des loteries (Swisslos, Loterie Romande) à des fins d’encouragement du sport national. Une provision annuelle de 5 millions de francs est prévue pour les douze années à venir. Les instances intercantonales compétentes ont décidé le 24 novembre 2025 de déposer 5 millions de francs par an de 2027 à 2030 (soit 20 millions de francs au total) dans un fonds de la FSES destiné à soutenir la mise en œuvre des Jeux paralympiques d’hiver 2038. Le montant sera pris en charge par tous les cantons proportionnellement à leur nombre d’habitants. Les instances sont également disposées à déposer 5 millions de francs supplémentaires par an dans ce même fonds pour les périodes de financement 2031–2034 et 2035–2038 (soit deux fois 20 millions de francs), conformément à leur déclaration d’intention. Elles rendront leur décision finale à ce sujet au moment opportun pour les périodes de financement concernées. Leur contribution est conditionnée à la participation de la Confédération à hauteur de 60 millions de francs au minimum pour le financement des Jeux paralympiques 2038.

2.7 Contrat hôte olympique et garanties vis-à-vis du CIO

Le CIO, selon sa pratique actuelle, conclut un Contrat hôte olympique avec le Comité national olympique (CNO) concerné et la destination hôte. Le CNO et la destination hôte s’y engagent notamment à fonder une organisation responsable, qui adhère également au contrat. Ces trois organismes assument alors solidairement la responsabilité de la planification, du financement et de la réalisation des Jeux d’hiver dans le respect du contrat.

La responsabilité du financement et de la réalisation des Jeux d’hiver 2038 incombe en premier lieu à des organisateurs de droit privé, sous l’égide de Swiss Olympic et de l’association. La Confédération ne signe aucun contrat lui conférant une responsabilité financière qui dépasse le cadre du soutien fixé par l’arrêté de planification. En outre, la Confédération n’assume aucune coresponsabilité contractuelle pour la préparation et la réalisation des Jeux en lien avec des sujets situés hors de ses compétences constitutionnelles.

En pleine conscience de ces réserves, l’association, Swiss Olympic et le CIO attendent de la Confédération qu’elle cosigne le Contrat hôte olympique.

Afin que la Confédération puisse être partie contractante à un Contrat hôte olympique pour les Jeux d’hiver 2038 en Suisse, le CIO, Swiss Olympic et l’association doivent s’assurer que le contrat tienne compte des grandes lignes suivantes:

  • 1) Les tâches et responsabilités qui incombent à la Confédération sont énumérées sans ambiguïté et de manière exhaustive, et se limitent aux thèmes relevant des compétences constitutionnelles de la Confédération.

  • 2) Les tâches et responsabilités qui relèvent de la compétence des cantons et communes, ou d’autres instances de tâches de souveraineté, sont garanties par ceux-ci, par l’organisation responsable ou par Swiss Olympic vis-à-vis du CIO.

  • 3) La Confédération peut endosser un rôle de coordination, au sens de l’art. 17 de la loi du 17 juin 2011 sur l’encouragement du sport (LESp)5, pour les tâches qui relèvent de sa propre compétence partielle et de celle d’autres autorités ou organisations.

  • 4) L’octroi d’une aide financière concrète par la Confédération fait l’objet d’un arrêté financier distinct du Parlement.

  • 5) Les modalités de versement de l’aide financière font l’objet d’un accord distinct entre la Confédération et Swiss Olympic ou l’organisation responsable.

  • 6) Dans la mesure où la tenue des Jeux d’hiver 2038 est soumise aux intérêts commerciaux de certaines parties prenantes, la Confédération adopte une attitude n’entraînant aucune distorsion de concurrence.

  • 7) Le Contrat hôte olympique ne doit rien changer à la posture habituelle du CIO, ou d’autres organisations sportives ayant leur siège en Suisse, en matière d’impôts, de formalités douanières, de personnel étranger, etc. L’accord du 1er novembre 2000 entre le Conseil fédéral suisse et le Comité International Olympique relatif au statut du Comité International Olympique en Suisse6, en particulier, reste en vigueur de manière inchangée et prime sur le Contrat hôte olympique.

  • 8) La limitation de la responsabilité de la Confédération vaut aussi dans le cas où, après leur attribution à la Suisse, les Jeux devraient être annulés ou repoussés pour des raisons indépendantes de la volonté des parties, notamment en cas de guerre, de pandémie ou d’événement naturel. Dans un tel cas, la Confédération est prête à assumer son rôle de coordination au sens de l’art. 17 LESp. Le Conseil fédéral et le Parlement décideront en toute autonomie et en tenant compte des circonstances d’une éventuelle participation de la Confédération aux coûts des préparatifs déjà engagés avant la décision d’annulation ou de report.

En vertu du Contrat hôte olympique et des dispositions d’exécution correspondantes, l’association, Swiss Olympic et le CIO exigent des garanties des pouvoirs publics concernant l’organisation des Jeux, visant à protéger l’organisation responsable et le CIO face aux risques et à couvrir le personnel et les prestataires contre les pertes. En outre, l’organisation responsable doit bénéficier des meilleures conditions-cadres possibles pour organiser l’événement.

Les structures fédérales impliquent que différents niveaux de gouvernement soient associés à la fourniture des garanties requises. La Confédération ou les cantons et communes hôtes doivent apporter des garanties qui assurent la mise en œuvre des Jeux d’hiver dans un environnement caractérisé par le respect de l’État de droit et des principes éthiques. Ces garanties concernent notamment:

  • – le respect de la Charte olympique;

  • – la protection des droits humains;

  • – la lutte contre la corruption et le dopage;

  • – l’absence de toute base légale s’opposant à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver;

  • – la protection des droits de propriété du CIO dans le pays hôte.

De plus, des déclarations de garantie doivent être fournies en lien avec la mise en œuvre concrète des Jeux d’hiver 2038. Celles-ci relèvent en partie du domaine de compétence de la Confédération. Sont notamment prévues des déclarations de garantie concernant les conditions d’entrée sur le territoire pour le personnel et les personnes mandatées du CIO, l’octroi d’autorisations de travail, les dispositions douanières et d’importation, l’imposition du chiffre d’affaires (TVA), des revenus (impôt à la source) et des profits générés lors des Jeux d’hiver 2038, la mise à disposition des licences requises et des capacités de fréquence pour l’exploitation radio lors de la manifestation, ainsi que la protection de la propriété intellectuelle du CIO.

Du point de vue actuel, les garanties exigées par le CIO de la part de la Confédération ne sont pas, dans l’ensemble, en contradiction avec les bases légales existantes. S’agissant de l’imposition des chiffres d’affaires, des revenus et des bénéfices, il est encore difficile de savoir si les attentes du CIO en matière de garanties excèdent les réglementations et les pratiques d’exécution suisses en vigueur. Au stade actuel du projet, aucune analyse approfondie n’a encore pu être réalisée sur ces thèmes. Il incombe à l’association de clarifier les incidences de cette situation sur le projet de candidature. Pour le reste, il semble qu’aucun dispositif légal ni qu’aucune pratique d’exécution de la législation, à l’échelle de la Confédération, ne constitue un obstacle majeur à la tenue des Jeux d’hiver 2038.

L’association ou les communes et cantons concernés doivent fournir les garanties restantes vis-à-vis du CIO, qui concernent notamment l’infrastructure sportive, l’infrastructure de transport, les capacités de transport, l’approvisionnement énergétique, ainsi que l’infrastructure et les capacités de télécommunication.

L’adoption de l’arrêté de planification ne signifie pas nécessairement que toutes les conditions attendues par le CIO en vue de la conclusion d’un Contrat hôte olympique sont remplies. Il appartient à Swiss Olympic ou à l’association de veiller au respect de ces conditions, d’obtenir les garanties supplémentaires ou de mener les négociations nécessaires avec le CIO.

3 Procédure préliminaire, consultation comprise

3.1 Décisions prises à ce jour au niveau fédéral

La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) a approuvé le postulat 21.3022 «Jeux olympiques et autres grands événements. Participation au processus» le 8 juin 2021. Par ce postulat, le Conseil fédéral était prié de présenter un rapport au Parlement et de proposer les adaptations légales nécessaires afin d’améliorer la participation de la population et du Parlement au processus d’organisation et de soutien concernant des Jeux olympiques et d’autres grands événements en Suisse. Dans son rapport, le Conseil fédéral a estimé que le cadre légal et les instruments nécessaires étaient en place pour assurer la participation adéquate des Chambres fédérales et de la population à la préparation et à la réalisation des Jeux d’hiver. Il a toutefois ajouté que si de nouvelles initiatives en faveur de Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en Suisse devaient être lancées, il serait important d’organiser en amont un large débat public afin de déterminer dans quelles conditions un tel événement pourrait générer des changements durables dans la société et l’économie et laisser un héritage de valeurs pérenne.

Dans le contexte du dialogue privilégié entre l’association et le CIO, le Conseil fédéral a décidé le 27 septembre 2024 de soumettre aux Chambres fédérales un arrêté de principe et de planification au sens de l’art. 28 LParl. Celui-ci doit permettre de fixer au plus tôt les principales étapes du calendrier ainsi que les grandes lignes du soutien financier et matériel apporté par la Confédération au projet de Jeux d’hiver 2038. Cette démarche permettra d’assurer la sécurité de planification pour toutes les parties prenantes en prévision de l’attribution des Jeux d’hiver 2038. Néanmoins, plus de dix ans à l’avance, de nombreuses informations de détail sur l’organisation, le financement et l’héritage du projet font encore défaut.

Le 5 décembre 2025, l’association a déposé une demande de soutien auprès de la Confédération.

Le 14 janvier 2026, le Conseil fédéral a ouvert la procédure de consultation relative à un arrêté de planification, qui prévoit un soutien financier au projet à hauteur de 200 millions de francs au maximum. La Confédération n’accorde aucune garantie de sécurité ou garantie de déficit qui dépasserait ce cadre. Elle fournit les prestations nécessaires à la garantie de la sécurité dans l’espace public qui lui reviennent dans le cadre de l’organisation fédérale des compétences. L’arrêté de planification fixe des conditions supplémentaires pour l’engagement de la Confédération (cf. ch. 5).

3.2 Procédure de consultation

La consultation relative au présent arrêté de planification s’est déroulée du 14 janvier au 14 mars 2026.

Sur les 118 participants à la consultation, la majeure partie est favorable à la tenue des Jeux d’hiver 2038 en Suisse. Les grandes lignes du soutien de la Confédération, prévues par l’arrêté de planification, ont été approuvées par la majorité d’entre eux.

Les opportunités les plus fréquemment mentionnées sont le développement pérenne du sport, l’encouragement de la cohésion sociale et le renforcement de l’inclusion. Le plan de réalisation décentralisé, qui prévoit l’utilisation des infrastructures existantes, est considéré comme judicieux. Les risques perçus comme les plus importants sont les éventuels dépassements de coûts et le manque de clarté en matière de responsabilités de financement. Des incertitudes subsistent aussi quant au respect des objectifs et normes en matière d’écologie et de développement durable (protection de la nature, des paysages et de l’environnement).

Une minorité se montre sceptique face au projet ou s’y oppose. Les raisons mentionnées concernent notamment la durabilité, jugée insuffisante, la taille de l’événement et ses répercussions sur la nature et l’environnement, ainsi que le manque de soutien par la population.

Plusieurs cantons ainsi que la Conférence des gouvernements cantonaux rejettent l’exclusion générale d’une participation financière de la Confédération aux coûts de sécurité des cantons. Ils exigent qu’une participation de la Confédération au sens de l’art. 28 de la loi fédérale du 21 mars 1997 instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure (LMSI)7 demeure réservée.

Les VERT‑E‑S, le PS et l’UDC, le canton de Zoug ainsi que l’Union syndicale suisse, Pro Alps et Umwelt Graubünden soulignent la portée majeure du soutien de la Confédération aux Jeux d’hiver et considèrent donc qu’une légitimation démocratique correspondante est essentielle. Ils exigent dès lors que l’arrêté fédéral soit soumis au référendum facultatif.

4 Valorisation du projet d’un point de vue global

Synonyme d’opportunités majeures pour le sport, pour l’économie du sport et du tourisme, ainsi que pour la société, le projet de Jeux d’hiver 2038 est l’occasion pour la Suisse de faire connaître à l’échelle internationale son dynamisme économique, sa richesse culturelle et ses traditions politiques, tout en apportant une contribution au dialogue international comme à l’entente entre les peuples.

Les Jeux d’hiver peuvent encourager l’activité physique et le sport, soutenir l’inclusion et renforcer la cohésion sociale.

La Suisse est confrontée à une concurrence internationale intense et devrait faire face à des défis considérables dans les années à venir en raison des évolutions économiques et politiques. En organisant les Jeux d’hiver, elle pourrait mettre en avant sa culture d’accueil ainsi que ses valeurs d’ouverture et de tolérance. La capacité d’innovation pourrait également être renforcée, en particulier dans le domaine numérique, notamment pour ce qui concerne les secteurs du transport, de la sécurité et du sport. L’image de marque nationale offre un fort potentiel pour les secteurs essentiels au pays. Les Jeux d’hiver peuvent influencer à long terme la perception de la Suisse comme pôle économique et politique d’importance internationale.

Le plan de réalisation de l’association mobilise tout le pays. Les régions n’accueillant pas de compétitions devraient, elles aussi, exploiter les opportunités liées aux Jeux d’hiver et profiter du développement associé. La mise en œuvre décentralisée d’un projet d’une telle ampleur accroît également sa complexité, tant sur le plan organisationnel qu’en matière de coordination des processus de décision politiques. Douze ans avant l’événement, il subsiste inévitablement de nombreuses questions quant à la mise en œuvre, aux responsabilités, aux coûts et au financement du projet.

La Confédération et les cantons et communes hôtes ne donnent aucune garantie de déficit à l’association et au CIO. Le risque financier est privatisé. La part du budget de mise en œuvre prise en charge par les pouvoirs publics est nettement moindre que lors de précédentes candidatures.

La Confédération ne fera pas partie de l’organisation responsable. Elle ne contractera, envers l’organisation responsable ou envers le CIO, aucune obligation contractuelle qui lui confèrerait une responsabilité générale en rapport avec la réalisation des Jeux d’hiver 2038 ou avec la prise en charge d’un éventuel déficit.

Dans tous les cas, la préparation, la réalisation et le financement des Jeux d’hiver 2038 relèvent principalement de la responsabilité de l’association ou de tout organisation responsable qui lui succèderait. Il est indispensable de mettre en place des mesures permettant d’identifier à temps toute évolution susceptible d’entraîner une hausse des coûts ou une baisse des recettes du budget de mise en œuvre, afin de pouvoir y apporter une réponse appropriée. Ces mesures doivent garantir que l’organisation des Jeux n’entraînera aucun déficit non couvert.

L’association prévoit une garantie de déficit de 200 millions de francs assumée par des bailleurs de fonds privés et devant couvrir une partie importante du risque financier de l’organisation responsable. Les personnes et organisations qui apportent leur contribution à cette garantie à travers leurs placements financiers accordent une attention particulière au remboursement et au rendement. Ils demanderont donc un contrôle budgétaire rigoureux de la part de l’organisation responsable et suivront de près l’avancement du projet. Ils seront directement intégrés dans les structures de l’organisation responsable, ce qui participera à réduire le risque d’un déficit non couvert.

Il est essentiel d’inscrire le principe de la définition du projet sur la base du budget (approche built-to-budget) (cf. ch. 2.6.1) dans le Contrat hôte olympique qui sera conclu avec le CIO, afin d’éviter tout déficit non couvert. Le CIO a informé l’association et la Confédération de sa volonté d’inclure dans le Contrat hôte olympique des domaines de prestations susceptibles, si besoin, de faire l’objet d’une réduction du service ou du volume afin d’économiser sur les coûts (cf. ch. 2.6.1.3). Cette approche présente néanmoins des limites. En effet, pour ne pas compromettre la mise en œuvre, le CIO devra également respecter un seuil minimum de service et de volume dans les domaines de prestations en question.

Le budget présenté par l’association comprend les coûts et les recettes liés à la mise en œuvre des Jeux d’hiver 2038. Il ne prévoit pas de moyens financiers pour d’éventuels investissements destinés à la construction, à la rénovation ou à la modernisation d’infrastructures permanentes pour les compétitions, l’hébergement ou les transports (hors COJO).

Indépendamment de la tenue des Jeux d’hiver 2038, des investissements s’imposeront au cours des douze prochaines années dans au moins une partie des sites planifiés, afin de préserver l’intégrité des installations, de s’assurer de leur conformité technique et de maintenir leur compétitivité. En outre, des investissements sur certaines installations seront nécessaires pour répondre aux attentes liées aux Jeux d’hiver 2038. La planification, la mise en œuvre et le financement de tels projets relèvent de la responsabilité des exploitants d’installations. Les cantons et communes hôtes engagent également leur responsabilité s’ils sont co-exploitants des installations concernées.

Le présent arrêté de planification ne prévoit pas de contribution de la Confédération à des projets de construction ou de rénovation dans le contexte du projet de Jeux d’hiver 2038. Il n’est pas exclu que, dans le cadre de sa politique ordinaire de développement des installations sportives (Conception des installations sportives d’importance nationale, CISIN), la Confédération participe néanmoins aux coûts des projets de construction ou de rénovation de sites qui seront aussi utilisés lors des Jeux d’hiver 2038. À cette fin, il serait nécessaire que le Parlement approuve les crédits correspondants dans une procédure distincte, en dehors des grandes lignes du soutien des Jeux d’hiver 2038 fixées par le présent arrêté de planification. Les projets devraient alors répondre aux conditions spécifiques de la CISIN.

Sur la base des informations disponibles, il apparaît que le plan de réalisation et de financement présenté par l’association permet de maîtriser les risques prévisibles à l’heure actuelle. Les conditions requises ne sont toutefois pas encore toutes remplies. Les projets de cette envergure se révèlent particulièrement complexes dans le cadre des structures décisionnelles fédérales et impliquent des processus de concertation politiques de durées variables. Sous réserve de la volonté des parties prenantes, il est en principe possible de satisfaire aux conditions requises.

Indépendamment du cadre juridique applicable à la mise en œuvre d’un grand événement tel que les Jeux d’hiver, la réussite du projet relève non seulement de la responsabilité politique de l’organisation responsable et des cantons et communes hôtes, mais aussi de celle de la Confédération. Une limitation systématique du risque financier assumé par la Confédération ne change rien à cet état de fait.

5 Arrêté de planification

5.1 Proposition du Conseil fédéral, avec exposé des motifs

Conformément à l’art. 28 LParl, le Conseil fédéral soumet aux Chambres fédérales un projet d’arrêté de planification, en lien avec la candidature de la Suisse à l’organisation des Jeux d’hiver de 2038. Cet article prévoit que l’Assemblée fédérale participe aux planifications importantes des activités de l’État, notamment en publiant des arrêtés de planification. Les arrêtés de planification sont des décisions préliminaires qui fixent les objectifs à atteindre, les principes ou critères à respecter, ou les mesures à prévoir. Les arrêtés de planification sont pris sous la forme d’un arrêté fédéral simple. S’ils sont de portée majeure, ils peuvent être pris sous la forme d’un arrêté fédéral.

S’il est approuvé, le présent arrêté de planification représente une décision politique préliminaire contraignante sur la tenue des Jeux d’hiver 2038 en Suisse. Les Chambres fédérales conservent leur liberté de décision concernant les arrêtés ouvrant crédit.

5.2 Commentaire des dispositions

Art. 1

En chargeant le Conseil fédéral de soutenir les travaux de candidature, de préparation et de réalisation des Jeux d’hiver 2038, l’Assemblée fédérale envoie un signal clair envers Swiss Olympic, à l’organisation responsable, au CIO, aux cantons et communes hôtes ainsi qu’aux autres parties prenantes concernant l’attribution des Jeux d’hiver 2038. Dans le cadre de ses compétences, des bases légales en vigueur et des grandes lignes fixées dans le présent arrêté de planification, le Conseil fédéral met tout en œuvre pour créer les conditions optimales à l’organisation et à la réalisation réussies, durables et efficientes des Jeux d’hiver 2038. La sécurité de planification en lien avec la contribution de la Confédération est en outre assurée.

Art. 2, let. a

La Confédération contribue à hauteur d’un montant maximal de 200 millions de francs aux coûts de préparation et de réalisation des Jeux d’hiver 2038 (budget COJO). Ce montant correspond à la subvention de 190 millions de francs demandée par l’association assortie d’un montant supplémentaire de 10 millions de francs pour le cofinancement d’éventuelles dépenses non encore prévisibles à l’heure actuelle. Le montant correspond aux prix de 2038, le budget de l’association prévoyant un renchérissement annuel de 1,0 % (2025–2029) puis de 1,5 % (2030–2038). Sur le montant maximal de 200 millions de francs, au moins 60 millions sont affectés au cofinancement des coûts d’organisation des Jeux paralympiques et au moins 50 millions de francs au financement des réductions tarifaires visant à inciter le public et les bénévoles à utiliser les transports publics.

La Confédération n’accorde aucune autre contribution financière ni garantie en rapport avec la planification et la réalisation des Jeux d’hiver 2038, tant vis-à-vis du comité d’organisation que des autres parties prenantes comme les cantons et communes hôtes ou les organisations privées.

Art. 2, let. b et c

La Confédération assume les tâches relevant de sa compétence fédérale pour assurer la sécurité dans l’espace public avant et pendant les Jeux d’hiver 2038. Elle prend en charge les coûts d’intervention de l’armée et de l’OFDF, les coûts liés aux interventions de la protection civile en faveur de la collectivité à l’échelle nationale ainsi que ceux générés par un renfort ponctuel des organes de sécurité de la Confédération (fedpol, SRC, OFPP).

L’étendue des prestations dépend de la situation en matière de sécurité au moment de la tenue de l’événement ainsi que des évolutions au cours des années à venir concernant les risques de sécurité nouveaux ou modifiés, et les instruments et technologies permettant de les contrôler et de les maîtriser. Les coûts des mesures de sécurité prises par la Confédération ne peuvent pas encore être chiffrés avec précision. Ils devraient toutefois s’élever au moins à plusieurs dizaines de millions de francs.

L’armée doit pouvoir fournir un service d’appui au sens de l’art. 67 de la loi du 3 février 1995 sur l’armée8. À cet égard, un message correspondant doit être soumis au Parlement en temps voulu.

Les coûts de l’engagement des forces de police requises (IKAPOL, éventuellement forces de police étrangères) et des autres organisations de secours sont assumés par les cantons conformément à la répartition fédérale des compétences. La Confédération participe aux coûts des organes de sécurité des cantons uniquement dans le cadre de ses compétences légales. Cela signifie, qu’en principe, elle ne participe pas aux coûts des cantons pour l’intervention des forces de police requises. Les cantons se réservent le droit, en vertu de l’art. 28 de la Loi fédérale instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure (LMSI), de demander une participation de la Confédération aux coûts supplémentaires dans le cas où une situation extraordinaire en matière de sécurité rendrait nécessaire un dispositif policier nettement plus conséquent que ce qui est prévu actuellement. Le Parlement devrait alors rendre sa décision sur une telle participation financière au moyen d’un arrêté distinct.

Art. 2, let. d

La Confédération décline toute responsabilité en lien avec un éventuel déficit résultant de la réalisation des Jeux d’hiver 2038, et ne fournit aucune garantie de déficit au CIO.

Lors de l’éventuelle phase de réalisation, la Confédération ne siège pas au sein de l’organisation responsable et n’y a pas statut d’organe. Elle collaborera néanmoins étroitement avec elle, sous une forme appropriée. De cette manière, il est également garanti que la responsabilité de la Confédération ne puisse pas être engagée dans le cadre de la responsabilité des organes au sens de l’art. 55, al. 3, du Code civil9.

La Confédération ne peut être soumise à une obligation de paiement que par les nouveaux arrêtés des Chambres fédérales concernant les crédits correspondants ainsi que par des contrats de subventionnement conclus avec l’organisation responsable, mais pas par des cas de responsabilité tels que la responsabilité des organes ou la responsabilité de l’État.

Compte tenu de l’ampleur des Jeux d’hiver, de leur rayonnement international et de l’importance de ce projet majeur pour la Suisse, la Confédération assume néanmoins une coresponsabilité politique quant à la réussite du projet et à la prévention des coûts non couverts (cf. ch. 4).

Art. 2, let. e

La contribution conjointe des cantons et des communes aux coûts de préparation et de réalisation doit être au moins égale à celle de la Confédération. À cet égard, les aides financières fournies au projet par les sites hôtes sont prises en compte. Le montant de la contribution individuelle apportée par chaque canton et commune hôte, ainsi que par d’autres cantons et communes, est minime. En outre, les cantons prennent en charge les coûts liés à la garantie de la sécurité dans l’espace public relevant de leur compétence. Au vu de l’importance tout aussi grande de cet événement pour les régions hôtes que pour l’ensemble de la Suisse et de sa population, cette répartition des engagements entre les cantons, les communes et la Confédération semble équilibrée.

Art. 2, let. f

L’association, ou toute organisation responsable qui lui succèderait, dispose d’une garantie de déficit d’au moins 200 millions de francs assumée par des tiers, qui n’est pas intégrée au budget. La mesure dans laquelle des personnes privées ou des organisations, voire des cantons ou des communes, se portent garants vis-à-vis de l’association est sans importance du point de vue de la Confédération. Outre les réserves prévues dans le budget de réalisation, ainsi que les mesures dont l’organisation responsable et le CIO doivent convenir en cas de risque de déficit selon l’approche built-to-budget, plusieurs approches existent pour éviter qu’un déficit non couvert ne résulte de la réalisation des Jeux d’hiver 2038.

Art. 2, let. g

Conformément aux directives du CIO, l’association ambitionne d’organiser des jeux exemplaires en respectant les processus prévus par la norme ISO 20121 ou une norme internationale comparable et en suivant les objectifs de développement durable des Nations Unies. Le plan de gestion durable de l’événement actuellement élaboré par l’association sera examiné par la Confédération quant à son exhaustivité, sa faisabilité et sa conformité avec les normes nationales et internationales. La Confédération attend en outre que l’association, ou tout organisation responsable qui lui succèderait, mette en place les structures et les processus nécessaires pour garantir le respect et le contrôle des conditions d’une gestion durable de l’événement ainsi que le respect exemplaire des prescriptions environnementales en vigueur. Il est également attendu de l’organisation responsable qu’elle réalise un monitorage de ces exigences et informe régulièrement le public au sujet de l’avancement des travaux, des défis rencontrés et des mesures mises en place.

Art. 2, let. h

Les Jeux d’hiver 2038 doivent permettre de porter et d’accélérer les évolutions souhaitées pour notre société, tout en léguant des valeurs pérennes qui renforcent l’attractivité et la qualité de vie en Suisse.

À cet égard, le bilan (cf. ch. 2.1) présenté par l’association sert de base. La prochaine étape consistera à définir des priorités thématiques et à fixer des objectifs concrets, qui doivent être alignés sur les objectifs des stratégies à long terme de la Confédération. Il convient notamment de tenir compte des travaux stratégiques en cours dans le domaine de l’encouragement du sport et de l’activité physique, de la nouvelle stratégie touristique de la Confédération, de la stratégie énergétique 2050, de la stratégie Prévention des maladies non transmissibles, la Conception Paysage suisse ou la stratégie du Conseil fédéral pour le développement durable. Il convient de veiller à ce que l’ensemble de la Suisse puisse bénéficier des investissements publics. Dans la perspective de la réalisation des Jeux paralympiques d’hiver, ces mesures doivent en outre s’inscrire systématiquement dans le cadre des efforts stratégiques déployés par la Confédération pour mettre en œuvre la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées et promouvoir l’inclusion des personnes avec un handicap. La culture suisse doit être prise en compte de manière appropriée dans le programme-cadre des Jeux d’hiver 2038, notamment lors des cérémonies d’ouverture et de clôture.

En ralliant autant de partenaires publics et privés que possible, une stratégie d’héritage pour les Jeux d’hiver 2038 permet d’unir les forces pour appliquer les mesures et d’en accroître les chances de réussite. Le public doit être régulièrement informé au sujet des mesures mises en place ainsi que des résultats et impacts obtenus. La stratégie d’héritage doit préciser la forme que prendront le monitorage correspondant et l’établissement de rapports. La stratégie d’héritage devra avoir été élaboré avant la fin 2028.

Art. 3

La stratégie d’héritage doit identifier les instruments (d’encouragement), existants ou nouveaux, qui permettront aux parties prenantes publiques et privées de soutenir les objectifs formulés.

Les volets thématiques identifiés par l’association (cf. ch. 2.1) constituent le point de départ à l’élaboration de la stratégie. Sur le plan technique et organisationnel, l’organisation responsable a pour tâche d’aligner dès le départ la préparation et la réalisation des Jeux d’hiver 2038 sur des valeurs pérennes et sur les objectifs d’héritage des acteurs impliqués.

Au niveau de la Confédération, l’organisation de projet à mettre en place (cf. art. 4) aura pour tâche, en collaboration avec l’association ou toute organisation responsable qui lui succéderait, mais aussi avec les cantons, les communes hôtes et les acteurs privés, de fournir une plateforme d’échange et de coordination visant à assurer la mise en œuvre et le financement ciblés et cohérents des mesures d’héritage.

Si la candidature de la Suisse est retenue, le Conseil fédéral soumettra si nécessaire au Parlement un message correspondant sur le pilotage et le cofinancement des mesures d’héritage.

Art. 4

Les expériences recueillies lors de l’Euro de football 2008 en Suisse et en Autriche ont montré qu’un événement aussi majeur que les Jeux d’hiver doit être étroitement suivi par les pouvoirs publics. De nombreuses interdépendances sont à traiter dès la phase de préparation de l’événement. Par ailleurs, la réalisation à l’échelle de tout le pays nécessite une collaboration étroite entre la Confédération et les cantons et communes qui accueillent les compétitions ou qui sont impliqués d’une autre manière dans l’événement. Les précisions concernant l’organisation à mettre en place ainsi que ses liens avec l’administration fédérale seront soumises à l’Assemblée fédérale en temps voulu. À cet égard, toutes les tâches opérationnelles sont coordonnées avec les cantons et communes hôtes.

Art. 5

Selon l’article 28, al. 3, 2e phrase LParl, l’arrêté de planification peut prendre la forme d’un arrêté fédéral s’il est de portée majeure.

Il découle de cette règle, d’une part, que la forme de l’arrêté fédéral soumis au référendum facultatif ne peut être choisie que si l’arrêté de planification est de portée majeure et, d’autre part, que le choix de cette forme n’est qu’une faculté laissée à la libre appréciation du Parlement. La notion de «portée majeure» est une notion juridique indéterminée qui laisse au Parlement une grande marge d’appréciation Même lorsqu’un arrêté de planification est qualifié comme étant de portée majeure, le Parlement reste libre de choisir plutôt la forme de l’arrêté simple pour des motifs d’opportunité.

Les débats au sein de la population suisse concernant l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques dans notre pays ont toujours été controversés et émotionnels. Il est à supposer qu’une large part de la population suit avec grand intérêt l’évolution du projet ainsi que les Jeux en eux-mêmes, voire s’impliquera activement à titre bénévole. Les Jeux d’hiver sont l’un des plus grands événements au monde. Leur préparation et leur réalisation représentent un projet intergénérationnel national qui offre des opportunités majeures pour le développement de l’économie du sport et du tourisme ainsi que pour la société en Suisse (cf. ch. 4). De ce point de vue, l’arrêté de planification relatif aux Jeux d’hiver 2038 peut apparaître comme ayant une portée majeure.

Un arrêté de planification de portée majeure ne doit pas être considéré comme un instrument de référendum financier à l’échelle de la Confédération. Les conséquences financières d’un arrêté de planification doivent néanmoins être prises en considération dans l’évaluation de la portée de cet acte.

L’engagement financier de la Confédération est bien moindre que pour les projets de candidature précédents. Du point de vue du Conseil fédéral, le soutien fourni au projet par la Confédération, tel qu’il est décrit dans l’arrêté de planification, justifie de qualifier ce dernier comme n’étant pas de portée majeure.

Les risques liés au plan de réalisation et de financement paraissent maîtrisables aux yeux de la Confédération et des autres parties prenantes si les mesures de l’association destinées à privatiser les risques et à éviter un déficit lié aux Jeux d’hiver 2038 sont appliquées conformément au contrat conclu avec le CIO. Toutefois, même dans ces circonstances, il n’est pas possible de justifier une portée majeure pour ce projet.

Pour évaluer la portée de cet arrêté, il convient aussi de tenir compte du fait qu’en raison du caractère décentralisé du plan de réalisation, les parlements et, le cas échéant, la population des cantons et communes hôtes auront la possibilité de se prononcer sur ce projet, conformément aux compétences et aux attributions en vigueur.

Compte tenu de ces arguments, le Conseil fédéral estime que le présent arrêté de planification ne peut être considéré comme ayant une portée majeure au sens de l’art. 28, al. 3, LParl. Par conséquent, l’arrêté ne doit pas être soumis au référendum facultatif.

6 Conséquences

6.1 Conséquences pour la Confédération

6.1.1 Conséquences financières

Les conséquences financières pour la Confédération sont détaillées au ch. 5.2. La Confédération contribue à hauteur d’un montant maximal de 200 millions de francs aux coûts de réalisation des Jeux d’hiver 2038. De plus, elle assume les tâches relevant de sa compétence fédérale pour assurer la sécurité dans l’espace public avant et pendant les Jeux d’hiver 2038. Les coûts de ces mesures ne peuvent pas encore être chiffrés avec précision à ce stade. Ils devraient toutefois s’élever au moins à plusieurs dizaines de millions de francs. La Confédération participe également au financement de projets d’héritage le cas échéant. Il n’est pas encore possible d’évaluer l’ampleur des besoins financiers dans ces domaines. Le Conseil fédéral exclut toute autre participation financière. La Confédération décline toute responsabilité en lien avec un éventuel déficit résultant de la réalisation des Jeux d’hiver, et ne donne aucune garantie de déficit au CIO.

Le Conseil fédéral présentera au Parlement, le moment venu, les arrêtés nécessaires pour ouvrir un crédit destiné à financer les subventions et les prestations de la Confédération pour les Jeux d’hiver.

6.1.2 Conséquences en matière de personnel

Durant la phase de réalisation des Jeux d’hiver 2038, la Confédération ne prendra pas part à l’organisation responsable, mais sera néanmoins impliquée dans certains domaines qui relèvent des travaux de cette dernière. Elle devra également assumer de vastes préparatifs pour la tenue de la manifestation. Un suivi étroit du projet par les services compétents de la Confédération est indispensable, mais ne pourra pas être assuré avec les ressources en personnel actuelles. Les besoins en personnel devraient être particulièrement importants dans certains domaines: sécurité, suivi des contrats, collaboration avec les cantons et communes hôtes, transport, concessions et utilisations radio, environnement, héritage, communication, droit et administration. Il n’est pas encore possible de quantifier le besoin supplémentaire en personnel dans l’administration.

Dans le cadre des arrêtés ouvrant crédit mentionnés au ch. 6.1.1, le Conseil fédéral demandera également, pour les Jeux d’hiver, les fonds nécessaires à la mise sur pied d’une organisation de projet. À cet égard, il sera tenu compte des expériences recueillies lors de l’Euro de football 2008 en Suisse.

6.2 Conséquences pour les cantons et les communes, ainsi que pour les centres urbains, les agglomérations et les régions de montagne

La décision de la Confédération n’a aucune incidence directe sur les cantons et les communes, sur les centres urbains, sur les agglomérations et sur les régions de montagne. Les cantons et communes hôtes décident de manière autonome de participer au projet de Jeux d’hiver 2038.

La préparation et la réalisation des Jeux d’hiver 2038 constituent un projet d’importance nationale qui ne peut pas être réalisé sans la participation conséquente des cantons et communes hôtes. Acteurs essentiels à la réussite du projet, les cantons et communes hôtes profitent des opportunités que celui-ci apporte sur le plan économique et social, mais en assument aussi les risques, ainsi qu’une partie de la responsabilité politique liée à sa gestion.

Les communes hôtes accordent une contribution de 140 millions de francs au cofinancement des coûts de préparation et de réalisation. Elles devraient également assumer un rôle essentiel dans les futures unités locales (EDE) chargées de la réalisation des Jeux d’hiver 2038 sur les sites respectifs. Elles seraient ainsi coresponsables de la réalisation ainsi que des prestations convenues entre les EDE et l’organisation responsable. Il appartient aux autorités des différents cantons de décider de l’étendue du soutien cantonal accordé aux communes hôtes.

Tous les cantons contribuent de manière conjointe aux Jeux paralympiques. Leur contribution, financée par les bénéfices nets des loteries, est versée à l’organisation responsable par l’intermédiaire de la Fondation suisse pour l’encouragement du sport. Les instances intercantonales compétentes ont pris des décisions à ce sujet le 24 novembre 2025 (cf. ch. 2.6.2.2).

Les cantons et communes peuvent fournir d’autres prestations en lien avec le projet de Jeux d’hiver 2038 sur la base de décisions autonomes. Ils assument la responsabilité et les risques qui en découlent.

6.3 Conséquences économiques

Une étude menée à l’initiative de l’association a analysé les conséquences économiques potentielles de la réalisation des Jeux d’hiver 2038. Le chiffre d’affaires direct et indirect total des Jeux d’hiver, après correction de l’effet d’éviction touristique, a été estimé à un montant situé entre 5,57 et 7,45 milliards de francs, dont une part comprise entre 20 % et 23 % est attribuable aux dépenses des touristes. Selon l’étude, il en résulte une valeur ajoutée brute directe et indirecte de 2,75 à 3,68 milliards de francs, qui se traduit par des recettes fiscales d’environ 260 à 350 millions de francs, dont 80 % doivent revenir aux communes et cantons et 20 % à la Confédération. Les Jeux d’hiver peuvent ainsi générer, directement ou indirectement, un volume temporaire de travail compris au total entre 19 070 et 25 670 équivalents temps plein dans toute la Suisse. D’après l’étude, la plupart de ces retombées économiques (90 %) sont attendues pour 2037 et 2038, tandis que les incidences restantes seront ressenties essentiellement durant la phase de préparation avant 2037.

Cette estimation des effets économiques doit être relativisée dans la mesure où il s’agit d’une analyse brute. Elle ne tient pas compte du fait qu’une partie du budget des Jeux d’hiver provient par exemple des recettes générées par les contrats de sponsoring nationaux, la vente de billets ou le merchandising. Toutefois, sans les Jeux d’hiver, les acteurs économiques qui effectuent ces dépenses consommeraient probablement d’autres produits ou services, ce qui générerait également de la valeur ajoutée en Suisse. Il en va de même pour les fonds publics qui, utilisés à d’autres fins, généreraient une valeur ajoutée directe et indirecte.

6.4 Conséquences sociales

La préparation et la réalisation d’un grand événement tel que les Jeux d’hiver ne sont possibles que dans le cadre d’un projet national. Ainsi, tout le pays sera impliqué d’une manière ou d’une autre dans les préparatifs. C’est par la construction collective qu’il est possible de consolider la solidarité à l’échelle nationale. La planification actuelle donne la priorité aux domaines du sport, de l’activité physique, de la santé, du tourisme, de l’agriculture, du développement régional, ainsi que de l’énergie, de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Les avancées dans ces domaines, tant en matière de durabilité que d’innovation, auront un impact sur la société et augmenteront durablement l’attractivité et la qualité de vie en Suisse. Enfin, l’idée de pouvoir un jour participer à des Jeux olympiques ou paralympiques «à domicile» peut inciter les jeunes athlètes à réaliser des exploits particuliers.

6.5 Conséquences environnementales

L’utilisation première d’infrastructures existantes pour la tenue des manifestations sportives doit permettre de limiter les répercussions sur l’environnement, le paysage et les forêts. Certaines difficultés déjà connues dans ce domaine, telles que l’aménagement des pistes ou la protection contre les avalanches, doivent être résolues lors de la planification détaillée des sites de compétition. Lors des travaux ultérieurs, il conviendra également d’éviter tout conflit avec les zones protégées au sens du droit sur l’environnement ainsi que les paysages d’importance nationale figurant dans l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels. La planification détaillée des constructions temporaires est particulièrement concernée. Les nouvelles constructions doivent en général respecter les objectifs de protection figurant dans la loi fédérale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature et du paysage (LPN)10 en particulier ceux de l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse. Les bâtiments et infrastructures temporaires à construire doivent répondre aux intérêts de la protection de la nature et du paysage ainsi qu’aux considérations liées au patrimoine architectural. L’accès à un soutien financier de la Confédération est conditionné, de manière générale, au respect des mesures de protection de l’environnement, et notamment de protection de la nature, du paysage et des forêts. Dans l’ensemble, les Jeux d’hiver doivent contribuer à la mise en œuvre des objectifs politiques en matière de développement durable, d’énergie, de protection du climat et de l’environnement, et d’aménagement du territoire.

6.6 Conséquences en matière de numérisation

Les Jeux d’hiver 2038 peuvent être des facteurs d’innovation dans les domaines de la numérisation et de la communication basée sur des données. Des innovations réalisées dans ce cadre, notamment en matière de sport et d’économie du tourisme, pourraient contribuer à amorcer ou à soutenir certaines évolutions souhaitées (cf. ch. 2.1).

7 Aspects juridiques

7.1 Constitutionnalité et légalité

Conformément à l’art. 68 de la Constitution fédérale, la Confédération a pour mission d’encourager le sport. La responsabilité de l’arrêté de planification incombe à l’Assemblée fédérale en vertu des art. 167 et 173, al. 1, let. g, de la Constitution fédérale. L’art. 17 LESp prévoit que la Confédération puisse participer au financement de manifestations sportives internationales organisées en Suisse. Selon l’art. 17, al. 2, LESp, elle peut aussi encourager et coordonner la préparation et l’organisation de grandes manifestations sportives internationales. L’art. 72 de l’ordonnance du 23 mai 2012 sur l’encouragement du sport (OESp)11 concrétise les conditions d’une participation financière de la Confédération. Il doit s’agir de manifestations d’envergure mondiale ou européenne qui revêtent une importance particulière pour la Suisse. La participation de la Confédération s’élève au maximum à la moitié du montant imputable alloué conjointement par les cantons et les communes à la manifestation (art. 72, al. 2, OESp). Toutefois, si la manifestation revêt un intérêt particulier pour l’ensemble du pays, la Confédération peut verser une contribution financière plus élevée, en vertu de l’art. 72, al. 2 et 4, OESp.

Dans le cas présent, la manifestation revêt un intérêt particulier pour la Confédération, ce qui implique que la participation financière de la Confédération peut être plus élevée que la moitié de la contribution conjointe des cantons et des communes. La participation appropriée des cantons aux coûts du projet doit être évaluée en considérant la situation dans son ensemble. Les cantons et les communes hôtes versent ainsi une contribution financière conjointe aux coûts de préparation et de réalisation équivalente à celle de la Confédération. Ils assument en outre l’entièreté des coûts des organes de sécurité relevant de leur compétence et, par conséquent, une part importante des coûts liés à la garantie de la sécurité dans l’espace public. En adoptant une perspective globale, la participation financière des cantons est appropriée. Le projet est donc conforme à la Constitution et aux actes législatifs.

7.2 Compatibilité avec les obligations internationales de la Suisse

La Suisse a conclu avec le CIO, le 1er novembre 2000, l’accord relatif au statut du CIO en Suisse. Le projet de Jeux d’hiver 2038 est compatible avec cet accord et n’entre pas en conflit avec les engagements internationaux de la Suisse.

7.3 Rapport avec le programme de la législature, la planification financière et les stratégies du Conseil fédéral

L’arrêté de planification présenté ne se rapporte pas à la législature actuelle mais à de futures législatures pour lesquelles il n’existe encore aucune planification.

Le projet de Jeux d’hiver 2038 doit s’orienter sur les stratégies de développement à long terme de la Confédération. Des repères décisifs se trouvent notamment dans les stratégies d’encouragement du sport et de l’activité physique, la stratégie touristique, la stratégie pour le développement durable 2030, la stratégie énergétique 2050, la Conception «Paysage suisse» (CPS) et la stratégie du Conseil fédéral Prévention des maladies non transmissibles.

En ce qui concerne la planification financière à long terme, il convient de noter que, pour des raisons budgétaires, le Conseil fédéral a décidé à l’été 2025 de ne pas allouer de fonds fédéraux à une exposition nationale jusqu’à la fin des années 2030. Les Jeux d’hiver 2038 ne sont pas concernés par cette décision et ne visent ni à remplacer ni à ouvrir la voie à une exposition nationale.

7.4 Forme de l’acte à adopter

Conformément à l’art. 163, al. 2 de la Constitution fédérale et de l’art. 28, al. 3, LParl, l’acte à adopter doit prendre la forme d’un arrêté fédéral simple qui n’est donc pas sujet au référendum.