08.457
Souveraineté alimentaire
Intervention de procédure
BO 2009 N 1698Proposition de la majorité
Ne pas donner suite à l'initiative
Proposition de la minorité
(Zemp, Bischof, Darbellay, Estermann, Flückiger, Schelbert, von Siebenthal, Thorens Goumaz, Zisyadis)
Donner suite à l'initiative
La présidente (Simoneschi-Cortesi Chiara, présidente): Vous avez reçu un rapport écrit de la commission en date du 22 juin 2009.
Bourgeois Jacques · Mit-M · Conseil national · Fribourg · Groupe radical-libéral
La souveraineté alimentaire est une notion nouvelle. Qu'est-ce que cela sous-entend? C'est avant tout le droit de tous les pays à garder une indépendance intrinsèque dans leur propre politique agricole et alimentaire pour répondre ainsi au mieux aux attentes et exigences de leurs sociétés respectives. Il ne s'agit pas de fixer pour but d'atteindre l'autarcie, la couverture à 100 pour cent de nos besoins alimentaires par une production indigène - ce ne serait de toute façon pas réalisable -, ni d'ériger un nouveau Plan Wahlen ou un mur tout autour de notre pays; il s'agit d'y assurer une certaine sécurité alimentaire.
Notre taux d'approvisionnement est actuellement d'environ 58 pour cent. Nous sommes par conséquent déjà tributaires de l'étranger pour plus de 40 pour cent de la couverture de nos besoins alimentaires. Face à l'ouverture des marchés et à la crise alimentaire qui prendra encore de l'ampleur au cours de ces prochaines années au vu de l'évolution démographique mondiale et des changements climatiques, nous devons veiller à maintenir dans notre pays une agriculture de proximité forte, seule à même de couvrir une partie de nos BO 2009 N 1699 besoins vitaux et d'assurer ainsi une certaine sécurité alimentaire.
Pour écarter le spectre de la pénurie alimentaire, certains Etats achètent et cultivent des millions d'hectares à l'étranger. Sur toute la planète, c'est la ruée vers les terres arables. A l'origine du phénomène, il y a la peur du manque, le spectre de la faim. Sachez qu'au plus fort de la crise, dans la tempête des marchés, certains pays exportateurs ont imposé des restrictions aux importations pour assurer leur propre sécurité alimentaire. Conséquence pour les pays dépendant des importations: l'insécurité alimentaire.
Nous savons que nous serons confrontés à des défis internationaux de taille: négociations en cours au sein de l'OMC, avec l'Union européenne ou avec d'autres pays. Cette ouverture ne doit toutefois pas occulter le fait que nous avons notre propre politique agricole, unique au monde, axée sur la durabilité. Une politique qui ne peut être bradée sur l'autel du libéralisme pur et dur. Une telle approche aurait des effets dévastateurs sur la production locale, qui serait intensifiée, remettant en cause la stratégie durable axée sur la qualité, sans compter ses effets importants sur le rôle économique et touristique de taille que joue l'agriculture dans les régions périphériques de notre pays.
L'inscription de ce terme dans la loi sur l'agriculture n'est pas anticonstitutionnelle, elle n'est pas antinomique avec l'ouverture de nos frontières, elle ne va pas à l'encontre des accords internationaux, mais elle requiert le respect et le maintien de notre propre politique agricole. A mon avis, il est plus judicieux d'inscrire cette notion au sein de la loi sur l'agriculture, comme proposé, plutôt qu'au niveau constitutionnel, par le biais d'une initiative populaire, comme le désiraient certains milieux et certaines organisations.
Le manque de clarté dans les mesures fait également l'objet de reproches. Je citerai à ce sujet les mesures suivantes qui pourraient être renforcées: développer notre stratégie au niveau de la qualité de nos produits, seul salut de l'agriculture de notre pays, sachant que nos structures, notre topographie ne nous permettront jamais d'être concurrentiels dans des productions de masse; stratégie qui devrait tenir compte notamment du renforcement de la protection de nos appellations d'origine, AOC et IGP, avec reconnaissance réciproque de nos listes avec l'Union européenne; veiller également à préserver nos bonnes terres agricoles, outils de production qui, actuellement, fondent comme neige au soleil, représentant une perte quotidienne de 110 000 mètres carrés, soit l'équivalent d'une dizaine de terrains de football.
Voulons-nous à l'avenir préserver dans notre pays une agriculture de proximité forte et diversifiée, préserver les 435 000 emplois de la filière agroalimentaire, veiller à garder une agriculture décentralisée, moteur d'autres secteurs économiques comme le tourisme, garder la main sur le contenu de nos assiettes, sur le choix de nos menus, préserver dans ce pays une diversité de la production, maintenir des modes de production respectueux de l'environnement et des animaux?
L'inscription dans la loi sur l'agriculture de la souveraineté alimentaire n'est pas une coquille vide. Elle est la confirmation de notre volonté de préserver notre indépendance en matière de notre propre politique agricole et elle signifie que nous voulons garder en Suisse une agriculture de proximité forte, répondant le mieux aux attentes et exigences de notre société.
Vous avez été plus de 110 à cosigner mon initiative. Je vous invite par conséquent à confirmer votre soutien, c'est-à-dire à suivre la proposition de la minorité de la commission de donner suite à mon initiative parlementaire.
Zemp Markus · Mit-M · Conseil national · Argovie · Groupe PDC/PEV/PVL
Ich bitte Sie namens einer beachtlichen Minderheit, der parlamentarischen Initiative Bourgeois Folge zu geben.
Eines der grossen Zukunftsprobleme dieser Welt ist zweifellos die genügende Ernährung der wachsenden Bevölkerung. Schon heute leiden gegen eine Milliarde Menschen an Hunger oder Unterernährung. Ich erinnere daran: Wir haben hier vor gut einem Jahr eine Debatte geführt, weil die Rohstoffpreise, insbesondere die Preise für die Grundnahrungsmittel, weltweit explodiert sind. Wir haben uns die Frage gestellt: Was müssen wir machen, damit wir in Zukunft weltweit genügend Nahrungsmittel haben? Unterdessen sind - bedingt durch die Finanz- und die Wirtschaftskrise, aber auch durch kurzfristig günstige Rahmenbedingungen für die Landwirtschaft, vom Klima, vom Wetter her - die Preise auf den Weltmärkten völlig zusammengebrochen. Wir wissen auch, dass Finanzspekulationen hier eine wichtige Rolle gespielt haben und spielen werden.
Machen wir uns aber nichts vor: Die Zeiten werden sich ändern. Gemäss einer Prognose der Uno müssen wir bis zum Jahr 2050 die aktuelle Nahrungsmittelproduktion verdoppeln. Sie müssen sich dessen einmal bewusst sein. Ein Grund dafür ist einerseits das Bevölkerungswachstum; in Schwellenländern wie China oder Indien, diesen grossen Ländern, wurde die Ernährung umgestellt. Ein Problem ist andererseits, dass weltweit die Agrarflächen in dramatischem Ausmass zurückgehen - nicht nur hier in der Schweiz, sondern weltweit. In der Schweiz verlieren wir übrigens pro Sekunde - Sie hören richtig: pro Sekunde - 1,3 Quadratmeter landwirtschaftlich nutzbare Fläche. Die Klimaveränderung führt zu einer Versteppung vieler Gebiete, zu Dürren und Überschwemmungen. Wir haben das Problem des Wettbewerbs zwischen Nahrungsmittelproduktion und Energieproduktion. Dazu kommt ein bisher verkanntes Problem, der Wassermangel. Viele Länder, z. B. Spanien mit der Gemüseproduktion, produzieren mit Wasser, das Jahrhunderte alt ist, und senken damit den Wasserspiegel kontinuierlich ab. Das ist keine nachhaltige Landwirtschaft.
Wir haben es im letzten Jahr erlebt, wozu das führen kann: explodierende Preise, Länder wie südamerikanische und asiatische Länder, die Exportverbote aussprechen, damit sie ihre Bevölkerungen ernähren können. Heute gibt es die bedenkliche Tendenz, dass arabische Staaten, asiatische Staaten, die eine ungenügende Ernährungssouveränität haben, Millionen von Hektaren, beispielsweise in Afrika, langfristig pachten oder sogar kaufen. Wir werden bald einmal die schizophrene Situation haben, dass auf der einen Seite Hungerhilfe in afrikanischen Staaten nötig ist und auf der anderen Seite Mais aus solchen Ländern exportiert wird.
Was bedeutet das für die Schweiz? Wir müssen in der zukünftigen Agrar-, Wirtschafts- und Aussenpolitik die produzierende Landwirtschaft - ich betone: die nachhaltig produzierende Landwirtschaft - in den Fokus stellen. Diese Landwirtschaft darf sich nicht im Rahmen der Globalisierung auf eine Produktionsrichtung spezialisieren, nämlich auf die, bei der sie am ehesten kompetitiv wäre, beispielsweise die Viehwirtschaft. Vielmehr verstehen wir Ernährungssouveränität so, dass die Landwirtschaft vielfältig bleiben muss, dass auch der Ackerbau eine Zukunft hat und damit auch sichergestellt wird, dass die nachgelagerte Stufe der Landwirtschaft hier ebenfalls produktiv ist und Nahrungsmittel veredelt. Wir wollen also sicherstellen, dass hier eine breitgefächerte Landwirtschaft erhalten bleibt. Die eigene Agrarpolitik, die Raumplanung und auch die Aussenpolitik haben auf die Anliegen der Ernährungssouveränität Rücksicht zu nehmen.
Ich bitte Sie aus all diesen Gründen, der Minderheit zu folgen.
Fässler-Osterwalder Hildegard · Mit-F · Conseil national · St-Gall · Groupe socialiste
Ihre WAK behandelte die parlamentarische Initiative am 22. Juni 2009. Sie beantragt Ihnen mit 11 zu 9 Stimmen bei 3 Enthaltungen, der Initiative keine Folge zu geben.
Was will der Initiant? Und weshalb empfiehlt Ihnen die Mehrheit die Ablehnung? Das Landwirtschaftsgesetz soll im Zweckartikel mit dem Begriff "Ernährungssouveränität" ergänzt werden. In Artikel 2 soll vom Bundesrat verlangt werden, dass er sicherstellt, dass der Bedarf unserer Bevölkerung vorwiegend durch eine "diversifizierte einheimische BO 2009 N 1700 Produktion" gedeckt wird. Der Zusatz in Artikel 2 zeigt, dass der Begriff "Ernährungssouveränität" entgegen den Beteuerungen des Initianten eben doch mit Autarkie gleichzusetzen ist. So ist es in Absatz 2 zu verstehen. Es entspricht aber einer Landwirtschaftspolitik des 19. Jahrhunderts, wenn man verlangt, dass wir wieder unsere eigene Produktion haben. Es erinnert an das Umstechen der Landiwiese, um dort Kartoffeln anzubauen.
Die Mehrheit der Kommission beantragt Ihnen, der parlamentarischen Initiative keine Folge zu geben, weil der Begriff "Ernährungssouveränität" unklar ist und weil es ebenso unklar ist, wie der Bundesrat dafür sorgen soll, dass wir vor allem einheimische Produkte angeboten bekommen. In der Diskussion in der WAK konnte der Initiant auch keine Auskunft darüber geben, wie das umgesetzt werden soll. Auf die konkrete Frage, ob das bedeute, dass mehr Geld gesprochen werden solle, bekamen wir keine Antwort. Aber was dann? Sollen dazu wieder die Grenzen dichtgemacht werden? Sollen Schweizer Produkte mit Staatshilfe verbilligt und soll so internationale Konkurrenz ausgeschaltet werden? Mit der Möglichkeit einer Verknappung der Lebensmittel zu drohen kann nicht als ernsthaftes Argument für diese parlamentarische Initiative angesehen werden.
Jetzt von Nahrungsmittelknappheit zu sprechen - in unserem Land! -, finde ich schon fast ein bisschen zynisch. Wir haben doch kein Problem mit der Ernährung, und es sieht auch nicht so aus, dass wir von lauter Leuten umzingelt wären, die keine Nahrungs- und Lebensmittel mehr in unser Land lassen würden. Die Schweiz stand und steht nicht vor einer solchen Verknappung. Sie sind ja heute Morgen alle über den Berner Markt ins Bundeshaus gekommen, und Sie kennen auch die vollen Regale in unseren Läden.
Unser Landwirtschaftsgesetz verlangt vom Bund heute schon, dass er für eine sichere Versorgung der Menschen in unserem Land zu sorgen habe. Diese Aufgabe nimmt er seit Jahren verantwortungsbewusst wahr. Wir leiden keinen Mangel. In gewissen Bereichen liegt unser Selbstversorgungsgrad bei 100 Prozent, zum Beispiel im Bereich Milch, oder darüber. Bei anderen liegt er selbstverständlich bei 0 Prozent, weil die entsprechenden Produkte bei uns nicht wachsen. Die Durchschnittszahl von 58 Prozent Selbstversorgung sagt also gar nichts aus. Das ist, wie ich schon einmal gesagt habe, eine Durchschnittszahl. Als noch Herr Blocher in der SVP-Fraktion war, konnte ich sagen: Durchschnittlich sind alle SVP-Fraktionsmitglieder Millionäre. Das sagt doch einfach gar nichts aus. Man muss die einzelnen Bereiche anschauen. Dass wir beispielsweise bei Bananen einen Selbstversorgungsgrad von unter 10 Prozent haben, liegt daran, dass die bei uns nicht wachsen.
Ich möchte mich über die Geschichte nicht lustig machen, aber jetzt zu verlangen, dass wir wieder vor allem unsere eigenen Produkte anbauen und bei uns vermarkten sollen, hat zwei ganz wesentliche Konsequenzen: Es wird erstens die Wahlfreiheit der Konsumentinnen und Konsumenten beschnitten. Konsumentinnen und Konsumenten sind durchaus in der Lage, zu unterscheiden und schweizerische Produkte zu kaufen, wenn sie besser sind. Das Zweite ist die aussenpolitische Konsequenz. Leute, die in diesem Bereich sensibel sind, merken, dass es hier darum geht, Entwicklungs- und Schwellenländer schlechterzustellen. Wenn wir keine Produkte mehr hereinlassen aus Ländern, die auf deren Export angewiesen sind, wenn wir zum Beispiel Zucker nur noch aus eigenen Schweizer Rüben herstellen dürfen, dann bedeutet das, dass all jene Länder, die darauf angewiesen sind, Devisen zu erhalten, indem sie Zucker exportieren, das nicht mehr tun können. Ganz abgesehen davon weiss ich nicht, wie das gehen soll, dass man dann anderen Zucker verbietet, denn das hat Herr Bourgeois nicht erklärt. Für aussenpolitisch Sensible ist das keine Lösung.
Die Ziele, die der Initiant erreichen möchte, erreichen wir viel besser mit einem guten Einsatz der Direktzahlungen, und da möchte ich Sie bitten: Wenn es so weit sein wird, dass wir das Direktzahlungssystem überarbeiten, dann lassen Sie uns ein Auge darauf werfen, dass unsere qualitativ hochstehenden Produkte geschützt werden und dass wir weiterhin eine produzierende Landwirtschaft haben!
Und schliesslich - und das sage ich vor allem zuhanden der Freisinnigen -: Es gibt wahrscheinlich keine weniger liberale Lösung und Regelung als diese. Wer einen liberalen Ansatz pflegt, der kann nicht dafür sein, dass wir uns auf Schweizer Produkte beschränken und den Laden Schweiz gegen aussen wieder schliessen.
Zisyadis Josef · Mit-M · Conseil national · Vaud · Groupe des VERT-E-S
Je ne sais pas qui a une vision du XIXe siècle, mais puisque vous êtes contre l'inscription de la souveraineté alimentaire dans la législation, j'imagine qu'aujourd'hui vous devez être contente que les producteurs de lait ne reçoivent que 55 centimes par kilogramme de lait produit.
Fässler-Osterwalder Hildegard · Mit-F · Conseil national · St-Gall · Groupe socialiste
Nein, das bin ich nicht. Aber, Herr Kollege, auch im Milchbereich muss der Markt spielen. Wenn man, sobald der Milchpreis steigt, zwei Kühe zusätzlich in den Stall stellt und mehr produziert, ist das, was mit dem Milchpreis passierte, logisch. Ich glaube, wir müssen gemeinsam mit den Milchbauern dafür kämpfen, dass die vor- und nachgelagerten Betriebe bessere Bedingungen anbieten, und dürfen nicht wieder ein Netz rund um die Schweiz hochziehen. Das funktioniert heute nicht mehr.
Büchler Jakob · Mit-M · Conseil national · St-Gall · Groupe PDC/PEV/PVL
Die parlamentarische Initiative, Herr Zemp hat es gesagt, hat einen Zeithorizont bis 2050. Ist Ihnen klar, Frau Fässler, dass sich in dieser Zeit auf der ganzen Welt vieles verändern wird, vor allem bei der Versorgung mit Nahrungsmitteln? Für diese Zeit müssen wir gerüstet sein. Ist Ihnen dies klar?
Fässler-Osterwalder Hildegard · Mit-F · Conseil national · St-Gall · Groupe socialiste
Ja, das ist mir klar, und deshalb bin ich auch stolz darauf, dass wir schon jetzt ein Landwirtschaftsgesetz haben, das auch 2050 funktionieren wird.
de Buman Dominique · Mit-M · Conseil national · Fribourg · Groupe PDC/PEV/PVL
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'initiative parlementaire Bourgeois a suscité un vaste débat au sein de la Commission de l'économie et des redevances. Deux raisons expliquent ce phénomène. D'une part, personne ne s'oppose sur le fond à l'idée de la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire au droit de chaque pays de définir sa propre politique agricole. D'autre part, cette notion est relativement floue, les applications qu'elle entraîne sont diversement appréciées et les parlementaires sont finalement partagés quant à la nécessité de modifier la loi sur l'agriculture. Aujourd'hui déjà, 40 pour cent de nos produits agricoles sont importés et il s'agit-là d'une des proportions les plus importantes dans le monde, même si nous n'avons pas de véritables problèmes d'autoapprovisionnement.
Selon l'auteur de l'initiative, il ne s'agit pas de nier cette réalité, mais de préserver au maximum les instruments que possède le pays pour définir sa propre politique agricole, par exemple en renforçant les appellations d'origine.
L'initiative parlementaire Bourgeois reflète un malaise certain et les craintes de notre agriculture par rapport à un avenir globalisé qui risque de nous dicter un statut non désiré. Elle vise à modifier la loi sur l'agriculture en y inscrivant la notion de souveraineté alimentaire.
La commission aurait pu être favorable à l'intention initiale. La commission ayant pris sa décision par 11 voix contre 9 et 3 abstentions, 11 commissaires se sont donc montrés sceptiques au sujet de la concrétisation et des implications de l'initiative. Celle-ci va-t-elle entraîner des mesures protectionnistes? Va-t-elle limiter le choix du consommateur? Va-t-elle entraîner des coûts plus élevés et pour qui? Va-t-elle diminuer les marges ou augmenter le prix de vente? L'initiative va-t-elle avoir des conséquences sur l'aménagement du territoire, par la restriction de certaines zones, et sur le droit foncier rural, dont il est parfois question dans ce débat? BO 2009 N 1701 Autant de questions qui, il faut le dire, n'ont pas trouvé de réponses concrètes devant la commission. Si le contenu de cette initiative est essentiellement politique - on s'en rend compte -, vaut-il alors la peine de modifier la loi sur l'agriculture, qui reprend de manière similaire les objectifs de politique agricole décrits à l'article 104 de la Constitution? Au sein de la commission, même les partisans de l'initiative ont avoué ne pas se faire d'illusions par rapport aux réalités et au monde globalisé.
Le dilemme inverse existe chez les opposants à cette initiative parlementaire. Ceux-ci lui reprochent son caractère déclamatoire tout en reconnaissant que le problème de fond subsiste. La majorité estime que, suivant le récent rapport du Conseil fédéral sur les paiements directs, le principe de la souveraineté alimentaire est évident et qu'il est inutile de l'inscrire dans la loi alors que la Constitution va de toute façon dans le même sens. En outre, le Parlement a la compétence d'appliquer ce principe à l'occasion de l'examen quadriennal du rapport sur la politique agricole soumis aux Chambres fédérales par le Conseil fédéral.
C'est en raison du scepticisme et des interrogations engendrés par le texte de l'initiative parlementaire Bourgeois, et non pas pour la thématique abordée, que la commission a décidé, par 11 voix contre 9 et 3 abstentions, de ne pas donner suite à l'initiative.
J'ajouterai encore qu'on se retrouve, par rapport à cette initiative parlementaire et à la thématique qu'elle aborde, dans le même genre de position que dans le cas du secret bancaire lorsqu'il fallait décider de l'inscrire ou de ne pas l'inscrire dans la Constitution. Pourquoi est-ce qu'il y a ce malaise? Précisément parce qu'une grande partie des facteurs déterminants ne sont pas dans notre pays mais à l'extérieur.
Vote
| Fraktion | Gea | Na | Enth. |
|---|---|---|---|
| Groupe de l'Union démocratique du Centre | 1 (2 %) | 46 (98 %) | 0 (0 %) |
| Groupe socialiste | 2 (6 %) | 28 (85 %) | 3 (9 %) |
| Groupe PDC/PEV/PVL | 1 (3 %) | 25 (86 %) | 3 (10 %) |
| Groupe libéral-radical | 12 (44 %) | 15 (56 %) | 0 (0 %) |
| Groupe des VERT-E-S | 0 (0 %) | 18 (100 %) | 0 (0 %) |
| Groupe bourgeois-démocratique | 0 (0 %) | 5 (100 %) | 0 (0 %) |
| Total | 16 (10 %) | 137 (86 %) | 6 (4 %) |
Gea: Antrag der Mehrheit (keine Folge geben)
Na: Antrag der Minderheit Zemp (Folge geben)
Leutenegger Oberholzer Susanne · Mit-F · Conseil national · Bâle-Campagne · Groupe socialiste
Ich beantrage Ihnen, auf diese Abstimmung zurückzukommen. Ich habe eine ganz einfache Begründung: Bei uns in der Fraktion gab es ein Missverständnis; wir haben falsch gestimmt, ganz klar. Ich bitte Sie, die Abstimmung zu wiederholen, damit wir unserer Meinung Ausdruck geben können. Wir wollten ganz klar, wie es auch im Bericht zum Ausdruck kommt, mit der Mehrheit stimmen, haben aber irrtümlicherweise grossmehrheitlich für die Minderheit gestimmt.
Simoneschi-Cortesi Chiara · P-F · Conseil national · Tessin · Groupe PDC/PEV/PVL
Vous l'avez entendu: Madame Leutenegger Oberholzer vient de développer une motion d'ordre. Le débat ne porte que sur la motion d'ordre. Vous devez décider s'il faut procéder au vote une nouvelle fois. Ce vote pourrait aussi avoir lieu demain, quand tout le monde sera présent.
Germanier Jean-René · 2VP-M · Conseil national · Valais · Groupe radical-libéral
Madame la présidente, je pense que les circonstances ne permettent pas de mettre en oeuvre la motion d'ordre aujourd'hui. Nous devons procéder à ce vote un autre jour.
Simoneschi-Cortesi Chiara · P-F · Conseil national · Tessin · Groupe PDC/PEV/PVL
Une motion d'ordre, mon cher vice-président, peut être déposée en tout temps. Nous pouvons discuter et voter la motion d'ordre aujourd'hui. La séance n'est pas terminée, parce que je n'ai pas encore fait sonner la cloche. (Hilarité)
Nous votons donc sur la motion d'ordre.
Vote
| Fraktion | Gea | Na | Enth. |
|---|---|---|---|
| Groupe de l'Union démocratique du Centre | 0 (0 %) | 27 (100 %) | 0 (0 %) |
| Groupe socialiste | 26 (96 %) | 1 (4 %) | 0 (0 %) |
| Groupe PDC/PEV/PVL | 7 (33 %) | 14 (67 %) | 0 (0 %) |
| Groupe libéral-radical | 16 (76 %) | 5 (24 %) | 0 (0 %) |
| Groupe des VERT-E-S | 12 (86 %) | 2 (14 %) | 0 (0 %) |
| Groupe bourgeois-démocratique | 0 (0 %) | 3 (100 %) | 0 (0 %) |
| Total | 61 (54 %) | 52 (46 %) | 0 (0 %) |
Gea: Adopter la motion d'ordre Leutenegger Oberholzer
Na: Reter la motion d'ordre Leutenegger Oberholzer
Simoneschi-Cortesi Chiara · P-F · Conseil national · Tessin · Groupe PDC/PEV/PVL
Vous avez donc décidé de voter une nouvelle fois sur l'initiative parlementaire Bourgeois. Ce vote aura lieu demain matin.
Le débat sur cet objet est interrompu
La séance est levée à 12 h 55BO 2009 N 1702