03.5223 · Heure des questions. Question · 2003-09-29
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
Le 17 septembre 2003, à Spiez, les états-majors de la division territoriale 1 se sont réunis. Cinq cents officiers participaient à cette journée ; au repas on leur a servi du vin de Californie (USA).
Le premier rôle de l'armée est la défense et la protection du pays et des habitants.
Ne pensez-vous pas que servir du vin étranger lors d'une telle réunion est un manque de solidarité, voire une insulte, pour les vignerons suisses ?
Quelles mesures envisage-t-on de prendre pour qu'à l'avenir du vin suisse soit servi à tous les militaires du pays ?
Stellungnahme des Bundesrates
L'Histoire nous montre que certains pays et certaines armées ont élevé par moments le vin au rang de consommation obligatoire. Les "poilus" des tranchées de la Première Guerre mondiale tenaient à leur pinte quotidienne de rouge.
Les temps et les habitudes ont changé, et les boissons sont laissées au choix du militaire. Certains repas plus conviviaux que d'autres se laissent cependant volontiers accompagner d'un verre de vin.
C'était le cas pour le repas du soir de la journée d'état-major évoquée. Le quartier-maître responsable avait fait mettre quelques bouteilles sur les tables des 170 (et non 500) officiers présents.
La préparation a été faite par le tenancier privé de la cantine de la place d'arme, et personne n'a pensé à s'assurer de l'origine du vin, qui s'est avérée être californienne. La preuve qu'il n'y avait pas une volonté délibérée est qu'à l'apéritif, les participants ont bu un vin blanc suisse.
Le Conseil fédéral admet qu'il y a eu sinon une maladresse, du moins un manque de tact, surtout au sein d'une grande unité romande, mais il a la conviction que le fait est totalement involontaire.
Il relève par ailleurs que la plupart des cantines militaires sont louées à des civils, et que ceux-ci se voient imposer des prix par l'administration militaire, mais certainement pas des produits ou des fournisseurs.
Le Conseil fédéral ne voit donc pas sur quelle base juridique il pourrait s'appuyer pour forcer un tenancier privé à ne servir que du vin suisse.
Il n'en va pas de même pour les achats directs de la troupe par des fourriers et chefs de cuisine qui ont l'obligation réglementaire de privilégier les produits régionaux.
Quant à servir du vin suisse à tous les militaires du pays, il s'agirait plus d'une action promotionnelle que d'une recherche d'amélioration de l'efficacité de l'armée !