06.1079 · Question · 2006-06-22
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
La fermeture actuelle de la route du Saint-Gothard a une nouvelle fois mis en évidence le problème du détournement du trafic individuel vers des itinéraires de remplacement.
Outre l'utilisation au maximum de la capacité de la N 13, le trafic des voitures particulières et des camions s'est déplacé vers la route du Lukmanier, où il a atteint des débits record.
Or, cet itinéraire de remplacement n'est pas adapté à une pareille circulation, ni dans la montagne ni dans les localités traversées. En prévision du cas où l'un des principaux axes de transit nord-sud devrait de plus être fermé en hiver, il est impératif d'établir une solution de rechange adaptée aux conditions hivernales. Depuis l'an 2000, la route du Lukmanier est maintenue ouverte en hiver par une organisation privée qui dispose du soutien financier des régions limitrophes et des cantons du Tessin et des Grisons. L'expérience a montré que les ouvrages pare-avalanches doivent encore être améliorés si l'on veut garantir une exploitation hivernale ininterrompue et sûre.
Je charge le Conseil fédéral de se prononcer sur la question, comme annoncé dans sa réponse au postulat 02.3049, et sur d'autres mesures éventuellement planifiées, suite aux récents événements, pour garantir un itinéraire routier nord-sud de remplacement sûr et praticable en toute saison par le col du Lukmanier.
Stellungnahme des Bundesrates
Dans sa réponse au postulat Decurtins 02.3049, "Col du Lukmanier", le Conseil fédéral a relevé que cet itinéraire figurait certes dans le réseau des routes principales pouvant bénéficier de subventions, mais qu'il incombait en premier lieu aux cantons concernés d'y assurer la sécurité. Ce passage entrait éventuellement en ligne de compte pour le trafic lourd nord-sud et sud-nord en cas de fermeture prolongée d'autres axes importants de transit. C'est dans ce sens qu'il convenait d'examiner comment le Lukmanier pouvait être inclus dans le concept de trafic à travers les Alpes.
Cet examen, qui a eu lieu entre-temps, a révélé ceci : entre octobre et décembre 2001, période durant laquelle le tunnel routier du Gothard est resté fermé suite à l'incendie qui s'y était déclaré, le San Bernardino a enregistré un important surcroît de trafic lourd, source de fortes perturbations de la circulation et d'une sécurité routière mise à mal. Depuis la réouverture du tunnel du Gothard, le trafic lourd est soumis, sur ces deux itinéraires, à un régime qui donne satisfaction et qui a également fait ses preuves pendant que l'A 2 était fermée à la suite de l'éboulement près de Gurtnellen. Dans les deux cas, le Lukmanier a servi d'autant moins d'itinéraire d'évitement que sa capacité est limitée.
Dans le cadre de la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches, soit vraisemblablement dès 2008, la Confédération assumera seule, et non plus conjointement avec les cantons, la gestion du trafic sur le réseau des routes nationales. Dans cette perspective, elle élabore d'ores et déjà des plans qui précisent comment il conviendrait de gérer le trafic en cas d'incidents d'une certaine ampleur et d'une durée relativement longue. Les connaissances acquises à travers cette préparation sont utilisées pour maîtriser les cas actuels concrets. Ces plans ne prévoient pas d'intégrer le Lukmanier dans les itinéraires prévus pour le trafic lourd. Dans cet ordre d'idées, cette route figure dans le réseau complémentaire du plan sectoriel des transports.
Globalement, et dans l'état actuel des choses, il apparaît donc que même en cas de fermeture prolongée d'autres axes routiers, le Lukmanier n'est pas fait pour accueillir un nombre important de camions.
C'est d'ailleurs pour cette raison que le rapport de gestion 2004 propose de classer le postulat 02.3049.
Réponse du Conseil fédéral.