09.3573 · Interpellation · 2009-06-10
Chancellerie fédérale
Liquidé
Wortlaut
Les résultats serrés lors d'une votation récente (passeports biométriques) et l'avalanche de recours (environ 500) qui ont suivi incitent à poser des questions non seulement sur la sécurité et fiabilité du mode de dépouillement mais aussi sur les conséquences des votes par correspondance et du e-voting. Voter est un acte civique, solennel, qui implique une attitude active, responsable, de choix et d'engagement personnel. Voter par correspondance pourrait augmenter les risques de vote par influence (pressions émotionnelles, délégation à autrui, récupération de matériel électoral dédaigné par d'autres, ou abandonnés dans des poubelles) ou même acheté.1. Le Conseil fédéral peut-il évaluer l'impact du vote par correspondance et du e-voting sur la fiabilité et la légitimité du résultat ? En comparaison avec le vote traditionnel. 2. Quelles sont les fraudes, les erreurs possibles et repérées ?3. Quelle en est l'ampleur ? 4. Quelles en sont les conséquences lors de votes au résultat serré ?5. Quelles sont les corrections possibles ? 6. Un retour à un vote direct, en faisant se déplacer les électeurs (exception faite des malades et handicapés...) pourrait-il être envisagé pour rendre l'acte plus civique et solennel, et aussi plus fiable ?
Stellungnahme des Bundesrates
Sur l'ensemble de la Suisse, quelque 500 recours ont été déposés suite à la votation du 17 mai 2009 (passeport biométrique). Pour 95 % de ces recours, il s'agissait de l'un des trois modèles de recours qui avaient été mis à disposition sur l'internet. Pour l'essentiel, il s'agissait de faire annuler le résultat de la votation et d'en organiser une nouvelle. Ces recours ont été rejetés en première instance, pour autant qu'il était possible d'entrer en matière. Les recourants se fondaient entre autres sur une erreur survenue dans la commune d'Embrach (ZH) dans le cadre d'une votation cantonale et sur une tentative de fraude dans la commune de Trimbach (SO) dans le cadre d'une élection communale. En ce qui concerne la votation fédérale, des problèmes se sont posés lors de l'impression des cartes de légitimation pour le vote électronique. Les autorités ont eu une attitude proactive pour informer les médias et la population qu'il était possible de voter par courrier ou dans les urnes sans difficulté. Cette manière de procéder est conforme à l'art. 79, al. 2, de la loi fédérale sur les droits politiques (LDP ; RS 161.1), en vertu duquel toutes les mesures nécessaires doivent être prises avant le scrutin pour que chacun puisse voter dans les règles.La LDP ne prévoit de recomptage ou de mesures qui vont plus loin que si la nature ou l'importance des irrégularités invoquées permettent de penser que le résultat du scrutin a été influencé de façon déterminante. Dans la problématique exposée ci-avant, rien ne permet raisonnablement de considérer qu'il existait de graves irrégularités. Les correctifs nécessaires ont été apportés à temps. Par ailleurs, les scrutins communal et cantonal n'ont en aucun cas pu influencer le résultat du scrutin fédéral.La libéralisation du vote par correspondance en 1994 remonte à deux motions adoptées à l'unanimité (motions des députés Eva Segmüller, conseil national - BO 1987 N 993 s.; BO 1988 E 6 - et René Rhinow, conseil des États - BO 1988 E 940 s.; BO 1990 N 284). Ces motions constituaient une solution pour pallier le taux croissant d'abstention aux scrutins.En ce qui concerne la problématique générale du risque d'irrégularités lors des votations et des élections, le Conseil fédéral a déclaré le 13 mai 2009 qu'il était prêt à accepter le postulat Rennwald 09.3174 (Votations et élections. Attention à la fraude) et à établir un rapport sur la question. Ce rapport présentera les différentes formes de participation au scrutin (par les urnes, par correspondance, par voie électronique) selon le risque de fraude. Il s'agit d'examiner la question de la sécurité en amont du scrutin par voie électronique, par les urnes ou par voie postale, de vérifier si les citoyens subissent des pressions et d'examiner l'effet de pressions éventuelles sur le bon fonctionnement de la démocratie. L'objectif global de ce rapport est de voir comment garantir le fonctionnement sans faille de notre démocratie.