12.4036 · Postulat · 2012-12-03
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de présenter un rapport visant à faire un état de la situation actuelle, un inventaire des meilleures pratiques en Suisse et à l'étranger ainsi que des moyens d'action pouvant être mis en oeuvre pour promouvoir l'éducation numérique dans le cursus scolaire dès l'entrée des enfants à l'école.
Begründung
L'importance de l'informatique dans le quotidien des Suissesses et des Suisses n'est plus à démontrer tant au niveau professionnel que privé. Il en va de même d'Internet et particulièrement depuis quelques temps, des réseaux sociaux.
Le paysage de la formation est en perpétuelle mutation. Afin de maintenir notre pays à la pointe, la Confédération se doit de donner une impulsion aux cantons pour les motiver d'une part à utiliser les moyens technologiques actuels dès les plus petits niveaux et d'autre part à anticiper le futur en intégrant les moyens numériques modernes comme vecteurs du savoir.
Une telle impulsion permettra non seulement à la Suisse de maintenir à l'avenir son très haut niveau de formation mais aussi de réduire la fracture numérique qui risque de voir le jour entre les enfants qui ont accès très tôt aux moyens informatiques dans leur cadre familial et ceux qui n'ont pas cette chance.
Les mesures proposées pourraient être de divers types : sensibilisation, formation des enseignants, information aux parents, soutien au développement de l'infrastructure matérielle et du contenu adapté (wifi dans les centres scolaires, développement de cours virtuels, etc.), fourniture aux enfants d'un support informatique (de type tablette par ex., évitant ainsi les lourds sacs d'école actuels), soutien financier aux cantons, etc.
Prévenir vaut mieux que guérir. Si la formation est d'abord l'affaire des cantons, au vu de l'évolution technologique et sociale, la Confédération porte une responsabilité toujours plus forte dans le maintien du niveau de compétences des personnes sur le marché du travail et il s'agit de faire en sorte que les cantons ne prennent pas de retard dans ce tournant pédagogique.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont devenus des facteurs qui exercent une influence considérable sur la société et l'économie de notre pays. Le Conseil fédéral veut saisir les chances qu'offre cette évolution, mais également parer de manière adéquate aux risques qu'elle présente. Ainsi, la Stratégie du Conseil fédéral pour une société de l'information en Suisse de 2012 fixe notamment l'objectif de promouvoir l'utilisation autonome et avisée des TIC au niveau de chaque individu.
Le Conseil fédéral partage l'avis de l'auteur du postulat selon lequel l'informatique joue un rôle central en particulier dans la carrière professionnelle et le mode de vie des habitants de notre pays. Il est également conscient de l'importance de la formation et de l'accès précoce des enfants aux moyens numériques. Il est également incontestable que des disparités peuvent apparaitre à ce niveau, et qu'il faut accorder toute l'attention nécessaire aux possibilités de les combler.
En Suisse, la responsabilité de la formation est partagée entre la Confédération et les cantons. Dans le cadre de leurs compétences respectives, la Confédération et les cantons veillent conjointement en tant que partenaires à la qualité et à la perméabilité de l'espace suisse de formation. À cet effet, ils sont également tenus de coopérer étroitement en matière de politique de la formation.
C'est dans ce cadre général que doit également s'insérer la promotion de la formation numérique. Dans ce contexte, on peut tout d'abord mentionner la déclaration 2011 sur les objectifs politiques communs de la Confédération et des cantons concernant l'espace suisse de la formation, qui donne une place importante à la stimulation de l'intérêt pour l'informatique à tous les niveaux de la formation. On peut également mentionner le portail suisse de l'éducation educa.ch, un système numérique d'information, de communication et de documentation qui est soutenu au titre de la loi fédérale du 5 octobre 2007 relative aux contributions en faveur de projets réalisés en commun par la Confédération et les cantons en vue du pilotage de l'espace suisse de formation. Par ailleurs, la Confédération et les cantons gèrent ensemble le Centre suisse des technologies de l'information dans l'enseignement CTIE, notamment dans le but de promouvoir l'intégration des TIC dans le système de formation au sens d'une stratégie coordonnée par la Confédération et les cantons. La large palette des offres à disposition s'adresse aussi bien aux écoliers qu'aux apprenants et aux enseignants. Elle permet à ses utilisateurs de trouver des informations générales sur l'éducation numérique en Suisse, de faire appel à des services de conseil en éducation spécifiques en matière de TIC, aussi bien pour l'enseignement que pour son usage personnel, et d'intégrer un réseau international. Le thème du postulat est également traité dans le cadre de la coopération avec l'Union européenne. La Suisse était représentée à la Conférence ministérielle de l'UE des 9 au 13 décembre 2012, intitulée "Opening un education through technologies", par la présidente de la CDIP, la conseillère d'État Isabelle Chassot. Dans ce contexte, Swisscore, qui est cofinancé par le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation, sert de bureau de liaison à Bruxelles. Il faut également mentionner le catalogue de projets relatifs à la société de l'information 2011-2015, qui offre une vue d'ensemble des principaux projets de l'administration fédérale pour mettre en oeuvre la Stratégie du Conseil fédéral pour une société de l'information en Suisse et couvre également le domaine de l'éducation.
Les informations à consigner dans le rapport dont le postulat demande l'élaboration sont aujourd'hui déjà disponibles. Les activités qui en découlent sont mises en oeuvre dans le cadre de la répartition actuelle des compétences. Les développements ultérieurs dans ce domaine seront analysés et pris en considération par les services compétents.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.