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24.027 · Objet du Conseil fédéral · 2024-03-01

Département de l'intérieur

Liquidé

Zusammenfassung

Message du 1er mars 2024 concernant l’encouragement de la culture pour la période 2025 à 2028 (Message culture 2025-2028)

Ausgangslage

Communiqué de presse du Conseil fédéral du 01.03.2024

Le Conseil fédéral adopte le Message culture 2025-2028

Lors de sa séance du 1er mars 2024, le Conseil fédéral a adopté le Message concernant l’encouragement de la culture pour la période 2025 à 2028 et l’a transmis au Parlement. La politique culturelle de la Confédération repose sur six champs d’action. Des moyens financiers à hauteur de 987 millions de francs sont prévus pour sa mise en œuvre.

Le message culture définit l'orientation stratégique de la politique culturelle de la Confédération pour la période 2025 à 2028. Il présente les objectifs, les principales mesures et le financement de l'ensemble des domaines d'encouragement de l'Office fédéral de la culture, de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia et du Musée national suisse.

La Confédération a procédé à une analyse approfondie des enjeux auxquels la culture est actuellement confrontée en Suisse. Tous les acteurs concernés – cantons, villes, communes et associations culturelles – ont pour la première fois été associés à la conception du message. Cette analyse a conduit à déterminer six champs d’action: la culture comme environnement professionnel, l’actualisation de l’encouragement de la culture, la transformation numérique, la culture comme dimension de la durabilité, le patrimoine culturel comme mémoire vivante et la coopération dans le domaine culturel. Ces champs d’action ont une portée nationale et doivent jeter les bases d’une plus étroite coopération et coordination dans la politique culturelle en Suisse, tout en respectant les compétences des différents intervenants.

Pour chacun de ces champs d’action, des points forts ont été définis. La Confédération entend par exemple garantir une rémunération équitable des acteurs culturels, améliorer leurs conditions de travail et l’égalité des chances. Les soutiens seront accordés en considérant l’ensemble du processus de création de valeur. La Confédération soutiendra aussi la transformation numérique dans la culture et tiendra compte des nouveaux formats numériques et hybrides de production, de diffusion et de médiation. Elle encouragera la durabilité dans le secteur culturel et favorisera un large accès à la culture. Enfin, elle veillera à sauvegarder, développer et mettre en valeur le patrimoine culturel matériel, immatériel et numérique de la Suisse et à traiter de manière transparente le patrimoine culturel au passé problématique.

Le message culture 2025-2028 mis en consultation a été bien reçu dans l’ensemble. Les mesures de développement de la politique culturelle de la Confédération ont reçu un accueil positif, ainsi que la volonté d’aborder les enjeux de manière globale.

Des moyens financiers à hauteur de 987 millions de francs sont prévus pour la mise en œuvre du message, ce qui représente une baisse de 14 millions de francs par rapport à ce qui était prévu dans le projet soumis en consultation. Le cadre financier global tient compte des décisions prises par le Conseil fédéral le 14 février 2024 en matière d'assainissement budgétaire. Le message Culture 2025-2028 est transmis au Parlement.

Verhandlungen

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil des Etats, 04.06.2024

Un peu moins d'un milliard pour la culture en 2025-2028
Le budget 2025-2028 pour la culture est globalement bien accueilli. Le Conseil des Etats a adopté mardi une enveloppe de 990 millions de francs. La stratégie comporte de nouvelles orientations en matière de conditions de travail ou d'art spolié.

Le gouvernement propose de libérer 987,9 millions de francs pour les quatre prochaines années. Quelque 210 millions sont dédiés au cinéma, 187 millions à Pro Helvetia et 139 millions au Musée national suisse.

Les autres crédits vont à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions), au transfert des biens culturels (3 millions). Ces budgets n'ont pas été contestés. Pour l'encouragement de la culture, le Conseil des Etats a en revanche rallongé le crédit de 2 millions à 159 millions.

Ce léger supplément a été décidé pour la mise en place de deux nouveaux réseaux de tiers, à savoir créer un musée national sur la place de la femme dans l'histoire en Suisse et un lieu de commémoration des victimes du national-socialisme, a indiqué Mathilde Crevoisier-Crelier (PS/JU) au nom de la commission.

Pour la période précédente, l'enveloppe était de 942,8 millions de francs. Ce budget, globalement stable et qui tient compte des mesures d'économie de la Confédération, permet une politique culturelle ambitieuse, a estimé la cheffe du Département fédéral de l'Intérieur, Elisabeth Baume-Schneider.

Non à la culture du bâti

Les débats ont porté sur la stratégie pour une culture du bâti. Le Conseil des Etats n’en veut pas par 25 voix contre 19.

Pour la majorité de droite, les bases légales actuelles sont suffisantes. Et il s’agit d’une compétence cantonale, a rappelé Benedikt Würth (Centre/SG). Il ne faut pas selon lui ajouter de nouvelles obligations fédérales qui restreignent un peu plus le corset déjà étroit dans le domaine de la construction.

La gauche et quelques élus de droite ont plaidé pour. "La culture du bâti est une nécessité", a soutenu Isabelle Chassot (Centre/FR). "Ce concept doit être ancré dans la loi fédérale", a renchéri Matthias Michel (PLR/ZG). La beauté du patrimoine bâti profite aussi au tourisme, selon Maya Graf (Vert-e-s/BL). Sans succès.

Art spolié

Le gouvernement souhaite aussi traiter de manière transparente le patrimoine culturel au passé problématique. Il ancre dans la loi la nouvelle commission mise en place pour l'art spolié. Elle est chargée de conseiller le Conseil fédéral et de lui soumettre des recommandations.

Le Conseil des Etats a précisé par 30 voix contre 15 qu’une éventuelle sollicitation de cette commission ne devait être possible qu’avec l’accord conjoint de toutes les parties et non à la demande d’une seule personne.

L'expérience de l'Allemagne montre qu'il y a eu seulement 23 recommandations en 20 ans d'activité, du fait de l'obstacle aux victimes d'art spolié par les nazis de pouvoir en appeler unilatéralement à la commission, a critiqué Flavia Wasserfallen (PS/BE).

Le Conseil fédéral soutenait aussi un mécanisme plus favorable aux héritiers. "Il faut des solutions justes et équitables pour ces biens volés", a souligné en vain Elisabeth Baume-Schneider.

Visée sociale

La stratégie culturelle 2025-2028 tire sinon les enseignements de la pandémie de Covid-19. Durant cette crise, la situation des acteurs des milieux culturels s’est précarisée. Le message vise ainsi de meilleures conditions de travail, une rémunération équitable des acteurs de la culture et un renforcement de leur sécurité sociale.

La Confédération souhaite adapter l'encouragement à la culture, afin de mieux considérer les phases de travail avant et après la production. Elle veut aussi mieux tenir compte des nouveaux formats numériques et hybrides de production et de diffusion. Elle introduit un dépôt légal des contenus numériques auprès de la Bibliothèque nationale suisse, consultables gratuitement.

Les offres de soutien dans les domaines de la bande dessinée, de la littérature graphique et de la photographie seront renforcées. Le Conseil fédéral met également l'accent sur la mise en valeur du patrimoine culturel matériel, immatériel et numérique de la Suisse.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 11.09.2024

Le National valide le budget culturel, avec quelques retouches

La culture doit disposer d'une enveloppe de près d'un milliard de francs pour son budget 2025-2028. Après le Conseil des Etats, le National a validé cette enveloppe, mais a décidé de couper dans le budget de Pro Helvetia.

Le gouvernement propose de libérer 987,9 millions de francs pour les quatre prochaines années. Quelque 210 millions sont dédiés au cinéma et 139 millions au Musée national suisse.

Les autres crédits vont à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions), au transfert des biens culturels (3 millions). Ces budgets n'ont pas été contestés.

Le Conseil national a en revanche décidé, par 102 voix contre 87, de couper dans le fonds prévu de 187 millions pour Pro Helvetia. Il a procédé à une ponction de 6,5 millions dans les activités à l'étranger de la fondation, en raison notamment d'activités "problématiques" en Russie.

La Taskforce Culture a jugé cette décision incompréhensible. Elle remet en question l'indépendance de la fondation, a indiqué la taskforce mercredi soir dans un communiqué. "Cette ingérence met en péril non seulement la présence de la Suisse au plain international, mais aussi la crédibilité des institutions helvétiques", précise-t-elle encore.

"Rester raisonnable"

Les députés ont en outre suivi les sénateurs sur la rallonge de 2 millions aux 159 millions prévus pour l'encouragement de la culture. La gauche a proposé des augmentations de budget, soulignant une baisse nominale de 0,1%, tandis que la droite a demandé des coupes, jugeant le budget pour la culture "trop gourmand". Les propositions des deux bords ont été rejetées.

Le budget de la culture a déjà été significativement touché ces dernières années, a affirmé la ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider. La Jurassienne a dit comprendre les souhaits d'augmentation, mais "nous devons rester raisonnables". Le budget discuté permet, à ses yeux, toujours de mener des projets ambitieux dans le domaine.

Processus plus strict sur l'art spolié

Concernant l'art spolié, le Conseil national s'est montré plus sévère que le Conseil des Etats en revenant à la proposition initiale du Conseil fédéral. La Commission pour le patrimoine culturel au passé problématique doit pouvoir être saisie unilatéralement et non avec l'accord de toutes les parties, ont décidé les députés par 126 voix contre 64.

La commission évitera ainsi de tomber dans le même cas que l'Allemagne. Aucun particulier n'a pu obtenir la mise en oeuvre d'une procédure ces dernières années dans le pays, a expliqué Bettina Balmer (PLR/ZH). Une saisie conjointe ne fonctionne pas, a appuyé la ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider. Berlin a revu son système en adoptant un mécanisme de saisie unilatérale.

Le National a, comme le Conseil des Etats, refusé, par 96 voix contre 90 et 4 abstentions, d'entrée en matière sur la culture du bâti. Les députés craignaient une trop grande charge administrative avec l'implication de la Confédération dans le projet.

Ils ont en outre repoussé à plus tard le débat sur l'introduction d'un dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse. Le National veut d'abord approfondir des questions liées au droit d'auteur, notamment via des auditions.

Quant au soutien au cinéma, le National veut qu'il soit majoritairement financé via un crédit d'engagement et non pas uniquement un plafond de dépenses, afin de gagner en flexibilité.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil des Etats, 16.09.2024

Le Conseil des Etats sauve le budget pour Pro Helvetia
Pro Helvetia doit pouvoir poursuivre ses activités à l'étranger sans entraves financières. Le Conseil des Etats a maintenu lundi, par 30 voix contre 8, le budget de 187 millions prévu pour la fondation entre 2025 et 2028, contre l'avis du National.

Les députés avaient décidé la semaine dernière d'enlever 6,5 millions à ce budget, en raison notamment d'activités "problématiques" en Russie. Ce malgré le fait que Pro Helvetia avait indiqué supprimer son antenne à Moscou d'ici la fin de l'année.

Cette coupe n'est pas opportune, car nous ne savons pas exactement à quoi elle va s'appliquer, a déclaré Mathilde Crevoisier Crelier (PS/JU) pour la commission. Les activités à l'étranger de la fondation s'en trouveraient compromises.

Jakob Stark (UDC/TH) a relativisé l'ampleur qu'aurait la coupe sur le budget total accordé à Pro Helvetia. Sans succès. Ce ne serait effectivement pas la fin de la fondation, mais il ne faut pas non plus considérer ces montants comme anecdotiques, a déclaré la ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider.

Le budget prévu pour les antennes de la fondation à l'étranger est de 36,3 millions de francs. Une coupe de 6,5 millions correspondrait donc à une diminution de 15%, a-t-elle expliqué.

Discussion sur l'art spolié repoussée

Les sénateurs n'ont pas contesté les autres retouches apportées par le National. Ils ont cependant repoussé à plus tard la discussion sur la Commission pour le patrimoine culturel au passé problématique.

Le National veut que celle-ci puisse être saisie de manière unilatérale, tandis que le Conseil des Etats voulait jusqu'à présent limiter cette possibilité en exigeant l'accord de toutes les parties. Il est nécessaire d'approfondir ces points qui ont fait débat, a déclaré Mme Crevoisier Crélier. Des auditions devraient avoir lieu d'ici la fin de l'année.

Au total, une enveloppe de près d'un milliard de francs est prévue pour le budget culturel 2025-2028. Quelque 210 millions sont dédiés au cinéma et 139 millions au Musée national suisse. Les autres crédits vont à l'encouragement de la culture (159 millions), à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions) et au transfert des biens culturels (3 millions).

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 19.09.2024

Le Parlement valide le budget de près d'un milliard pour la culture
Le Parlement a validé jeudi le budget de près d'un milliard dédié à la culture entre 2025 et 2028. Le National a, sous la pression du Conseil des Etats, finalement plié sur le budget de Pro Helvetia qu'il voulait amputer de 6,5 millions.

Les députés voulaient procéder à cette coupe en raison notamment d'activités jugées problématiques en Russie. La fondation a entre-temps assuré qu'elle allait supprimer son antenne à Moscou d'ici la fin de l'année. L'argument a apaisé le Parlement, qui a donc, par 106 voix contre 79, maintenu le budget de 187 millions pour Pro Helvetia.

Le budget total prévu pour la culture entre 2025 et 2028 s'élève à 987,9 millions de francs. Quelque 210 millions sont dédiés au cinéma et 139 millions au Musée national suisse. Les autres crédits vont à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions), au transfert des biens culturels (3 millions).

Les deux Chambres se sont accordées sur une rallonge de 2 millions pour l'encouragement de la culture, afin de pouvoir créer un musée national sur la place de la femme dans l'histoire suisse et un lieu de commémoration des victimes du national-socialisme. Le budget dans ce domaine s'élève désormais à 159 millions.

Débats reportés

La gauche a, au cours des différents débats, tenté de rallonger encore plus le budget, tandis que la droite voulait le raccourcir. En vain. La ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider a rappelé que ce secteur a déjà subi des baisses de budget, mais le montant fixé pour les prochaines années permet toujours de mener des projets ambitieux.

Le Parlement a outre écarté du budget la culture du bâti, craignant une trop grande charge administrative avec l'implication de la Confédération dans le projet. Deux points ont par ailleurs été repoussés à plus tard: l'art spolié et la numérisation de la Bibliothèque nationale suisse.

Les deux Chambres n'étaient pas d'accord sur la manière de solliciter la nouvelle commission ancrée dans la loi pour conseiller le Conseil fédéral sur l'art spolié. Les députés voulaient que cette commission puisse être saisie à la demande d'une seule personne, tandis que les sénateurs souhaitaient l'accord conjoint de toutes les parties. Ces derniers ont finalement décidé d'approfondir encore le sujet avant de se prononcer à nouveau sur ce point.

Le débat sur l'introduction d'un dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse a aussi été reporté. Le National veut mener des auditions pour éclaircir des questions liées au droit d'auteur.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 09.12.2024

Pas de dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale suisse ne doit pas pouvoir collectionner les informations numériques librement accessibles qui se rapportent à la Suisse. Contrairement au Conseil des Etats, le National a refusé, par 99 voix contre 86, ce projet inclus dans le message culturel 2025-2028.

En septembre, le Parlement a validé le budget de près d'un milliard dédié à la culture entre 2025 et 2028. Le Conseil des Etats avait accepté l'introduction d'un dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse, demandé par le Conseil fédéral. Le National avait lui reporté la discussion, souhaitant d'abord éclaircir des questions liées au droit d'auteur.

Le projet prévoit que, si les informations numériques ne sont pas publiques, la Bibliothèque doit pouvoir demander de les recevoir gratuitement. Lundi, le PS a regretté qu'aucun dédommagement ne soit prévu pour les artistes.

Ces derniers doivent au moins être défrayés, a argué Estelle Revaz (PS/GE). Le but de la Bibliothèque nationale suisse n'est pas l'exploitation commerciale des oeuvres, mais de mettre le patrimoine culturel helvétique à disposition du public et des générations futures, a contré la ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider.

L'UDC rejetait elle le projet dans son ensemble. "Ce projet numérique risque de se transformer en gouffre financier", a déclaré Sylvain Freymond (UDC/VD). Et d'estimer que d'autres priorités financières sont plus importantes, dans les domaines de la sécurité ou de l'énergie.

Son parti, associé au PS, a réussi à faire échouer le projet.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil des Etats, 04.03.2025

Le Conseil des Etats propose un compromis sur l'art spolié
Le Conseil des Etats est prêt à lâcher du lest sur l'art spolié. La commission que le Conseil fédéral veut mettre en place pour gérer le patrimoine au passé problématique doit pouvoir être saisie directement par les héritiers dans les cas liés au nazisme, mais pas dans ceux en lien avec le colonialisme, a-t-il décidé.

Les particuliers doivent pouvoir saisir unilatéralement la commission pour les oeuvres confisquées par les nazis qui se trouvent dans les musées et collections financés par des fonds publics, ont décidé, par 29 voix contre 16, les sénateurs mardi. L'accord de toutes les parties sera nécessaire dans les autres cas, dont celui du colonialisme, a précisé Mathilde Crevoisier-Crelier (PS/JU) pour la commission.

Avec ce compromis, le Conseil des Etats fait un pas en direction du Conseil national et du Conseil fédéral qui veulent une saisine unilatérale de la commission. Ces derniers souhaitent éviter que toute recommandation ne soit bloquée par un système trop restrictif, comme cela a été constaté en Allemagne.

"Pas interdit d'être pionnier"

Les sénateurs ont jusqu'à présent toujours contré cette proposition, en exigeant l'accord de toutes les parties. Elle est désormais prête à faire une exception. Une minorité de gauche voulait se ranger du côté du National, craignant que les cas qui ne sont pas liés au nazisme ne soient jamais traités.

Aucun pays n'a à ce jour mis sur pied un organe qui pourrait être saisi de n'importe quelle manière pour la question du colonialisme, a déclaré Isabelle Chassot (Centre/FR). "En élargissant la saisine unilatérale au nazisme, la Suisse va déjà au-delà de ce qui se fait aujourd'hui à l'international", a-t-elle ajouté.

"Il n'est pas interdit d'être pionnier sur les questions liées au colonialisme ou au nazisme", a rétorqué la ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider. Ce même si la documentation sur le colonialisme n'est pas encore très étoffée. Sans succès.

Artistes mieux pris en compte

Le Conseil des Etats est aussi allé dans le sens du National sur un autre point de friction: le dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse. En d'autres termes, l'obligation pour les artistes de fournir leurs productions électroniques et publiées en ligne, en plus de celles sur papier.

Les députés ont voté contre ce projet en décembre, estimé par le PS injuste pour les artistes et trop coûteux par l'UDC. Le Conseil d'Etat a introduit des garde-fous dans sa nouvelle mouture.

La Bibliothèque nationale devra soutenir les artistes en versant chaque année une somme d'argent à un fonds d'une société de gestion des droits d'auteur. Aucun montant n'est précisé. Et Les publications qui ne sont pas libres d'accès pourront être consultées dans la bibliothèque sous des conditions plus strictes.

Délibérations au Conseil national, 13.03.2025

Divergences

Délibérations au Conseil des Etats, 18.03.2025

Divergences

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 19.03.2025

Budget culturel validé, après un long désaccord sur l'art spolié

Le Parlement a trouvé mercredi un terrain d'entente sur l'art spolié après un long désaccord sur ce point sensible de l'Histoire. Il débloque ainsi le budget de près d'un milliard dédié à la culture entre 2025 et 2028, déjà validé en septembre.

La commission prévue pour gérer le patrimoine au passé problématique pourra être saisie directement par les héritiers dans les cas liés aux oeuvres nazies qui se trouvent dans des musées et collections publics. L'accord de toutes les parties sera nécessaire dans les autres cas.

Le National a donné son aval par 116 voix contre 53, mettant ainsi fin à un long désaccord entre les deux Chambres sur ce point inscrit dans le message culture 2025-2028. Le budget de 987,9 millions de francs prévu pour la culture peut désormais aller de l'avant.

Budget pour Pro Helvetia sauvé

L'enveloppe comprend quelque 210 millions dédiés au cinéma et 139 millions au Musée national suisse. Pas moins de 159 millions ont été débloqués pour l'encouragement de la culture afin notamment de créer un musée national sur la place des femmes dans l'histoire suisse et un lieu de commémoration des victimes du nazisme.

Les autres crédits vont à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions) et au transfert des biens culturels (3 millions). Pas moins de 187 millions sont aussi prévus pour Pro Helvetia, qui promeut la culture à l'étranger.

Le National voulait l'amputer de plusieurs millions en raison d'une antenne de la fondation à Moscou jugée problématique. La fondation a entre-temps promis la suppression de cette branche, rassurant ainsi le Parlement.

La stratégie culturelle 2025-2028 vise en outre à renforcer le soutien dans les domaines de l'image comme la bande dessinée et la photographie. Elle veut aussi améliorer les conditions de travail des acteurs de la culture, dont la situation s'est précarisée pendant la pandémie de Covid-19.

Budget stable

La gauche et la droite se sont au cours des différents débats passablement écharpées sur le montant global à allouer à la culture. Le PS et les Vert-e-s ont tenté de rallonger le budget tandis que la droite voulait le raccourcir.

Celui-ci est finalement resté proche de la proposition initiale du Conseil fédéral. Il est légèrement plus élevé que l'enveloppe prévue pour la période précédente. La ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider a indiqué à plusieurs reprises que le montant fixé pour les prochaines années permet de mener des projets ambitieux.

Dépêche ATS

Délibérations au Conseil national, 02.06.2025

Dépôt légal numérique à la Bibliothèque nationale, sous conditions
La Bibliothèque nationale suisse pourra collectionner les informations numériques librement accessibles se rapportant à la Suisse. Après avoir refusé le dépôt légal numérique une première fois, le National a donné son feu vert mardi au projet, qui est donc bouclé. Des conditions ont été ajoutées.

En septembre dernier, le Parlement a validé le budget de près d'un milliard dédié à la culture entre 2025 et 2028. Le Conseil des Etats avait accepté l'introduction d'un dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse, demandé par le Conseil fédéral. Le National avait lui reporté la discussion, puis mis son veto.

Le projet avait été estimé injuste pour les artistes par le PS et trop coûteux par l'UDC. Le Conseil d'Etat a donc introduit des garde-fous dans sa nouvelle mouture.

Premièrement, la Bibliothèque nationale devra soutenir les artistes en versant chaque année un montant forfaitaire de 20'000 francs à un fonds d'une société de gestion des droits d'auteur. Cet argent devra servir à des projets en faveur des acteurs culturels.

Deuxièmement, les publications qui ne sont pas libres d'accès ne pourront être consultées que sur place, dans la bibliothèque. La consultation en ligne de ces publications ne sera accordée qu'aux usagères et usagers dont l'identité a été dûment vérifiée, afin de garantir la protection contre la copie et la diffusion.

"Moins de règles et plus de confiance"

Le PLR préférait la mouture gouvernementale. Soutenu par l'UDC, il voulait au moins rendre facultative la prestation versée à une société de gestion des droits.

Bettina Balmer (PLR/ZH) a demandé "moins de bureaucratie, moins de règles et plus de confiance". Selon elle, les garde-fous fixés donnent l'impression qu'on se méfie de la Bibliothèque nationale, qui ne saurait pas bien gérer les droits d'auteur.

"Symbolique"

Au contraire, Marie-France Roth Pasquier (Centre/FR) a jugé que les modifications apportent plus de clarté et permettent de répondre aux réserves soulevées. Estelle Revaz (PS/GE), elle-même musicienne, a salué le fait que les inquiétudes des artistes aient été prises en compte.

Le montant de 20'000 francs est "symbolique mais répond à une préoccupation fondamentale, à savoir que le travail mérite rémunération", a déclaré la Genevoise. Et de souligner que, sans ce travail, il n'y aurait pas de Bibliothèque nationale.

La diversité des acteurs culturels doit être conservée, afin que les générations futures sachent "comment nous vivions et quelles étaient nos valeurs", a appuyé Katharina Prelicz-Huber (Vert-e-s/ZH). La ministre de la culture Elisabeth Baume-Schneider a aussi approuvé la nouvelle mouture, qui permet un "rééquilibrage".

La version du Conseil des Etats a été validée par 131 voix contre 61. L'UDC s'est opposée au vote sur l'ensemble. Le message culture 2025-2028 est donc définitivement adopté.