24.3489 · Interpellation · 2024-05-28
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
1. Quels projets touristiques le SECO soutient-il au Maroc ?
2. Quelle est la nature des projets visés au chiffre 1 ? Finance-t-on notamment la construction ou la transformation de logements de vacances ou de petits établissements hôteliers, voire leur exploitation, et quel est le montant des engagements financiers ?
3. Dans quels autres pays le SECO a-t-il financé des projets touristiques depuis 2015 ?
4. Quelle est la nature des projets visés au chiffre 3 et quel est le montant des engagements financiers ?
5. Qui profite de cet encouragement et y a-t-il des Suisses travaillant dans le tourisme à l’étranger parmi les bénéficiaires ?
Begründung
Le SECO soutient des projets de tourisme durable au Maroc. Il financerait même la construction et la transformation de logements de vacances et de petits établissements hôteliers, voire leur exploitation. On peut en outre supposer que le soutien de projets touristiques ne se fait pas seulement au Maroc, mais aussi dans d’autres pays.
Le tourisme suisse fait face à une concurrence internationale acharnée, notamment en raison non seulement des salaires et des coûts élevés, mais aussi de la force du franc suisse. Il convient donc de se demander s’il est judicieux de soutenir des concurrents dans le secteur touristique en leur allouant des fonds destinés à l’aide au développement. Pour que l’on puisse formuler une réponse politique à cette question, il est important que le SECO fasse preuve de transparence en indiquant dans quels pays, pour quels montants et surtout dans quels projets de l’argent est versé pour le tourisme.
De plus, il semble aussi que des Suisses à l’étranger profitent de ces subventions. Dans la mesure où le but des subventions est de renforcer la population locale et de l’inciter à rester dans les pays concernés, on peut en outre se demander pourquoi des Suisses devraient profiter de cet encouragement.
Stellungnahme des Bundesrates
Au Maroc, le SECO soutient un projet, « Tourisme durable Suisse-Maroc » (TDSM).TDSM vise à améliorer et créer des emplois dans le tourisme durable et générer des revenus pour le pays, afin de renforcer la situation socio-économique et d’alléger la pression migratoire. L’objectif principal est le renforcement des capacités des principaux acteurs du secteur touristique (organismes de gestion des destinations, propriétaires de gîtes, coopératives et guides) en matière de développement et de gestion de la destination. Sur la contribution du SECO (3.5 mio CHF sur 5 ans), 10% au maximum sont consacrés à l’amélioration des infrastructures d’hébergement. Les autorités marocaines contribuent à la même hauteur. Pour chaque projet d’amélioration, les propriétaires des gîtes assument 20% de l’investissement. Dans ce cas de figure, ces projets sont pertinents car ils ont un effet de démonstration et montrent les perspectives économiques. En plus, ils sont efficaces, car ils interagissent positivement avec les autres composantes de formation.Le tourisme est un secteur à forte intensité de main d’œuvre, ce qui le rend particulièrement propice à la création d’emplois et de perspectives économiques sur place. Le SECO finance des projets touristiques dans des pays prioritaires de la coopération économique au développement (actuellement, Pérou, Colombie, Vietnam, Indonésie, Tunisie, Maroc et Kirghizistan) où le secteur constitue un pilier important de l’économie et où le besoin de renforcer les aspects liés à la durabilité (environnementale, sociale et économique) est significatif. Depuis 2015, le SECO a réalisé 17 projets touristiques pour 50 millions CHF dans les pays mentionnés au chiffre 3. Leur objectif est de créer des revenus pour la population locale en renforçant une croissance économique durable afin de réduire la pauvreté, qui est considérée comme étant une cause sous-jacente de la migration. Le SECO apporte ainsi une contribution à long terme à la réduction des causes profondes de la migration irrégulière, ceci également en soutien au dialogue migratoire mené par le SEM avec le Maroc et les discussions en vue de la conclusion d’un accord migratoire (cf. p. ex. Mo. 24.3373 Müller Damian). Selon le mandat de la coopération internationale, les principaux bénéficiaires des projets de tourisme durable sont les populations locales. Les autorités locales, les organismes de gestion des destinations et les entreprises du secteur du tourisme, entre autres, bénéficient de programmes de formation et de services de conseil. Les critères de choix pour la sélection des gîtes dans le cadre du TDSM sont transparents et n’incluent pas la nationalité des propriétaires. Dans le cadre d'une procédure de sélection organisée par l’agence de mise en œuvre et validée par un comité technique incluant les autorités marocaines, un gîte appartenant à un couple marocain-suisse a reçu un co-financement.