Dermatose nodulaire contagieuse. Quelles mesures le Conseil fédéral pourrait-il prendre pour assurer la protection maximale des troupeaux bovins ?
25.4525 · Interpellation · 2025-12-15
Département de l'intérieur
L’avis relatif à l’intervention est disponible
Wortlaut
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a fait son apparition en France à la fin juin 2025. Cette maladie infectieuse virale est considérée comme hautement contagieuse pour les bovins, elle provoque fièvre, nodules, lésions cutanées, amaigrissement et baisse de la production. La DNC présente un taux de mortalité très faible de l’ordre de 10%. Mais elle génère des pertes économiques importantes pour les éleveurs, avec la perte de production, la perte de poids et le coût des traitements.
La DNC n’est par contre pas contagieuse pour les humains, que ce soit par contact ou par la consommation de produits issus d’animaux atteints.
Depuis son apparition en France, près de 3'100 bovins ont été abattus pour 110 foyers détectés (au 15 décembre).
La Suisse est pour l’heure épargnée, mais la proximité de plusieurs foyers est à prendre au sérieux et les autorités sanitaires y veillent, notamment avec une stratégie de vaccination dans un rayon stricte de 50 kilomètres autour d’un foyer.
La LFE est claire, dès d’apparition d’une épizootie, c’est l’ensemble du cheptel qui doit être tué et éliminé. Toutefois l’OFE prévoit des dérogations au cas où le troupeau aurait été vacciné !
La vaccination préventive est pour l’heure le meilleur moyen pour protéger les troupeaux dès 28 jours après le vaccin, mais la situation en France nous démontre que le rayon de vaccination de 50 kilomètres autour d’un foyer n’est pas suffisant, tant la progression de la DNC peut être rapide.
L’abattage d’un troupeau entier est l’une des pires situations que peut vivre un éleveur. C’est le fruit d’une passion, d’un métier pratiqué avec amour, d’années de sélection, qui est anéanti de façon incompréhensible, en quelques heures.
Nous l’avons vu en France, l’abattage des troupeaux entiers relève de scènes de guerres civiles entre les éleveurs et les autorités.
Nous ne voulons pas de telles situations en Suisse et nous devons tout mettre en œuvre pour protéger nos élevages et les familles paysannes.
Le Conseil fédéral et prié de se prononcer sur les points suivants, en mentionnant les avantages et les risques des mesures évoquées :
Vaccination préventive contre la DNC de l’ensemble du cheptel bovin en Suisse avant le printemps 2026.
Extension du rayon de vaccination à 100 kilomètres.
Prélèvement ponctuel uniquement des animaux malades lorsqu'un troupeau est vacciné.
Autres mesures proposées par la Confédération.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral partage les préoccupations des milieux agricoles et prend la dermatose nodulaire contagieuse (DNC, Lumpy Skin Disease), épizootie hautement contagieuse, très au sérieux. La Confédération suit une stratégie axée sur la détection précoce, la vaccination des animaux des espèces réceptives et la lutte rigoureuse contre d’éventuels cas afin d’endiguer la maladie le plus rapidement possible. Après l’apparition des premiers foyers en France à l’été 2025, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a pris des mesures immédiates en achetant des vaccins non autorisés et en ordonnant la vaccination obligatoire des animaux présents sur le territoire suisse dans un rayon de 50 km autour des exploitations françaises touchées. En parallèle, il a réglementé de manière très stricte les déplacements d’animaux et de sous-produits animaux en provenance de cette zone. Les enseignements tirés depuis 2015 dans la lutte contre les foyers d’épizootie au sud-est de l’Europe ont montré que cette stratégie est payante. 1. et 2. Ce sont surtout les mouches piqueuses et les taons, et non le vent, qui véhiculent le virus de la DNC sur de longues distances. La propagation soudaine de la maladie en France à plus de 50 km de foyers existants n’est pas naturelle, elle s’explique selon toute vraisemblance par des déplacements interdits d’animaux (communiqué de presse du ministère français de l’Agriculture du 17.10.2025, sur agriculture.gouv.fr > Accueil > Alimentation > Santé / Protection des animaux > DNC : Annie Genevard réunit le Parlement du sanitaire et prend des mesures renforcées sur les mouvements de bovins).La création d’une zone de vaccination et de surveillance d’un rayon de 100 km ou englobant la Suisse entière aurait de lourdes conséquences pour le trafic des animaux, la valorisation des sous-produits animaux dans les zones concernées et l’exportation depuis ces zones. Cette mesure serait donc disproportionnée à l’heure actuelle, compte tenu des expériences positives réalisées dans la configuration des 50 km. L’OSAV suit l’évolution de la situation en temps réel. Il prendrait immédiatement les dispositions qui s’imposent au cas où de nouvelles données ou de nouveaux développements épidémiologiques devaient justifier d’étendre les zones de vaccination au-delà de 50 km. 3. L’élimination de troupeaux entiers est une mesure drastique à laquelle il faut recourir seulement en l’absence d’autres solutions appropriées. En Suisse, l’art. 111e de l’ordonnance sur les épizooties (RS 916.401) prévoit la possibilité que, dans les troupeaux ayant une protection vaccinale suffisante contre la DNC, seuls les animaux infectés soient mis à mort. Si la maladie apparaissait en Suisse dans des troupeaux non vaccinés ou en dehors de la zone de vaccination, tout le troupeau touché serait alors mis à mort afin d’empêcher la propagation de l’épizootie et d’éviter ainsi de plus grandes souffrances. 4. La stratégie de lutte de la Confédération repose sur les cinq piliers suivants :- renforcement des mesures de biosécurité ;- vaccination d’urgence et mise en place d’un périmètre de vaccination de 50 km autour de tous les cas ;- restriction de déplacement pour les animaux vivants à l’intérieur, à destination et en provenance de la zone réglementée ;- contrôles, dans les zones de surveillance, de toutes les exploitations ;- mise à mort des animaux contaminés (ou de l'ensemble du cheptel dans les exploitations où la protection vaccinale est insuffisante).