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98.3421 · Interpellation · 1998-09-30

Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

Liquidé

Wortlaut

Vu les décisions prises par les Commissions de politique extérieure des deux Chambres et la volonté maintes fois exprimée du Parlement d'intensifier la présence culturelle et politique de la Suisse dans le monde, le Conseil fédéral n'est-il pas d'avis qu'il convient de rétablir dans les plus brefs délais l'information quotidienne et les émissions en langue portugaise dirigées vers le Brésil ?

Begründung

La politique de l'actuelle direction de Radio suisse internationale (RSI) est aberrante. Les émissions régulières d'information de RSI en langue portugaise sont reprises par 160 stations brésiliennes. Depuis 1990 déjà, les émissions vers l'Afrique lusophone et le Portugal ont été amputées. Parmi les plus de cinq millions de personnes qui au Brésil écoutent chaque jour les informations parvenant de la Suisse, il y a de nombreux Suisses de l'étranger. La rédaction en langue portugaise existe depuis 57 ans. Fin 1998, la direction de RSI veut supprimer purement et simplement cette rédaction.

Cette décision relève de l'aveuglement le plus évident. Elle obéit à une stérile logique bureaucratique et ne tient aucun compte de la mission que la Confédération a assignée à RSI. J'espère vivement que le Conseil fédéral mettra de l'ordre dans la fumeuse stratégie de la direction de RSI et rétablira ce contact essentiel, quotidien avec les auditeurs du plus vaste pays d'Amérique latine qui, au-delà des colonies suisses, accueille l'essentiel des investissements helvétiques sur le continent.

Stellungnahme des Bundesrates

L'offre de base obligatoire de RSI comprend des émissions en allemand, en français, en italien, en romanche et en anglais (art. 2 de la concession); les autres langues sont facultatives.

L'art. 20, al. 3, de la loi fédérale sur la radio et la télévision contraint la Confédération à prendre à sa charge au moins la moitié des coûts de RSI, une obligation qui ne peut toutefois plus être totalement remplie en raison des mesures d'économies prises ces dernières années. Dans un tel contexte, RSI a le droit de réduire sa palette de programmes, en vertu de l'art. 5, al. 3, de sa concession. À l'heure actuelle, la SSR supporte près de 56 % des coûts, ce qui l'a obligée à fixer des priorités.

RSI renonce certes à sa rédaction portugaise, mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle supprime complètement cette langue de ses programmes. En effet, elle dispose à Genève d'un bureau qui pourra fournir aux médias brésiliens, portugais et africains des informations concernant la Suisse. En outre, la SSR n'exclut pas de renforcer ce service s'il suscite un réel intérêt et s'il est cofinancé par une partie des utilisateurs (souvent des sociétés commerciales). Enfin, dans le cadre de sa nouvelle stratégie, RSI est en train de développer sur l'Internet un service que les médias des pays lusophones pourront également utiliser.

Le DETEC a fait évaluer RSI dans le cade de son rapport sur les subventions. RSI s'est d'ores et déjà appuyée sur cette analyse pour élaborer un nouveau concept de diffusion.

Réponse du Conseil fédéral.