Meyer-Kaelin Thérèse · Nationalrat · 2010-09-15
Meyer-Kaelin Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Fraktion CVP/EVP/glp · 2010-09-15
Wortprotokoll
Le groupe PDC/PEV/PVL reste fidèle à la position adoptée avec force lorsqu'il est entré en matière sur ce projet: pas d'élévation de l'âge de la retraite des femmes sans aide à la retraite flexible avant [PAGE 1281] 65 ans pour les femmes et pour les hommes. Nous soutenons donc ici la majorité qui se rallie à la version du Conseil des Etats. C'est la version "400 millions" qui a toujours été notre objectif minimum, version affinée qui permet d'investir les moyens à disposition de la manière la plus judicieuse et la plus efficace possible.
Cette proposition cible les personnes dont le revenu est compris entre 41 000 et 62 000 francs, parce qu'elles se situent au-dessus du seuil qui donne droit aux prestations complémentaires. Elles ne peuvent souvent pas prendre de retraite avec réduction actuarielle. C'est aussi la classe de revenu où se trouvent des personnes qui font des métiers pénibles. Ce sont les personnes de cette classe de revenu qu'il faut aider. Elles pourront ainsi partir à la retraite une année avant l'âge légal avec une réduction de 1,7 pour cent de la rente, contre 6,8 pour cent aujourd'hui et 5,5 pour cent annoncés à l'avenir, par exemple. La différence est quand même intéressante pour les personnes concernées, vous l'avouerez.
Les personnes à bas revenu bénéficieront, elles aussi, d'une réduction de 2,3 pour cent. Elles gardent ainsi le droit aux prestations complémentaires. C'est la combinaison la plus avantageuse pour elles. Un échelonnement de l'aide sera évidemment établi jusqu'au maximum de 54 fois la rente vieillesse minimale.
La disposition est spécialement favorable aux femmes. Et là je m'insurge un peu contre les propos qui ont été tenus par mes deux préopinantes, car le bonus éducatif est pris en considération pour le calcul de la rente, mais il n'en est pas tenu compte pour calculer la réduction de la rente en cas d'anticipation, ce qui avantage les femmes. Si nous enterrons cette révision, évidemment, les femmes pourront continuer à prendre leur retraite à 64 ans, mais il n'y aura plus de facilités pour celles qui veulent prendre la retraite une année ou deux avant cet âge-là.
Une autre optimisation de l'emploi des moyens à disposition est le splitting qui permettra d'aider les couples qui en ont vraiment besoin.
Cette solution a donc beaucoup d'avantages: elle permettrait à 71 pour cent des femmes de profiter d'une aide à la retraite anticipée et, si l'on prend toute la population - soit les hommes et les femmes -, c'est 41 pour cent des personnes qui pourraient en bénéficier. Un refus de cette solution serait à notre avis un non-sens. D'une part, cela priverait les hommes et les femmes d'une aide à la flexibilisation, qui n'existe pas aujourd'hui et qui est souhaitée depuis longtemps. Je n'aimerais pas porter cette responsabilité et je pense que ce serait difficile à expliquer pour ceux qui désirent cette flexibilité depuis longtemps.
D'autre part, sans flexibilisation, nous n'accepterons pas la révision, et elle n'aurait certainement aucune chance devant le peuple. Or cette révision ainsi organisée apporte quand même 500 millions de francs d'économies par an; en dix ans, c'est 5 milliards de francs d'amélioration pour le fonds AVS. Celles et ceux qui veulent faire des économies et consolider le fonds AVS devraient prendre en compte cet élément aussi et soutenir ce projet, c'est clair.
Pour atteindre les deux buts - consolidation du fonds AVS et flexibilisation -, il faut voter la majorité. Alors, s'il vous plaît, faites-le!