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Recordon Luc · Ständerat · 2010-09-20

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-09-20

Wortprotokoll

Monsieur Stähelin a opportunément choisi la voie du postulat pour aborder une oeuvre aussi vaste et aussi délicate. Je dois en effet, par exemple, me réjouir que l'on envisage une meilleure autonomisation du patient, que l'on puisse dans ce cadre-là voir ce qui peut être fait à l'échelle nationale dans le domaine ambulatoire. Cela répond, partiellement seulement d'ailleurs, à un problème qui est trop méconnu: la santé psychique mondiale semble s'être beaucoup dégradée - je dis bien à l'échelle mondiale - durant ces dernières années ou ces dernières décennies, et nous ne sommes pas épargnés. Il y a probablement chez nous des facteurs assez particuliers, liés aussi au monde du travail, qui est de plus en plus exigeant et qui laisse de plus en plus de gens sur le bord du chemin; on l'a vu en marge des discussions en matière d'assurance-invalidité.

Et puis, il y a un problème particulier, qui n'est d'ailleurs peut-être pas sans rapport avec ceux que je viens d'évoquer: j'ai le sentiment que nous voyons apparaître de plus en plus de gens qui ont de la peine à éviter la décompensation d'un état psychique fragile. Or, si cela vient sur une structure dépressive de type névrotique, c'est en général relativement facile à soigner, mais si c'est sur des structures plus fragiles, le retour en arrière, la guérison est plus difficile. Et dans un monde qui met une forte pression sur les gens, il y a peut-être une réflexion d'ensemble qui doit être posée: pouvons-nous véritablement toujours augmenter la pression, notamment dans le monde du travail, sur les personnes les plus fragiles et vouloir en même temps les intégrer dans ce monde du travail? C'est un peu la quadrature du cercle.

Le troisième aspect que je voudrais aborder, c'est le cas très douloureux des pervers. Lorsque ceux-ci passent à l'acte, je crois que ni les structures hospitalières existantes, ni les structures ambulatoires ne peuvent régler le problème de manière systématique. Pour eux, ainsi que pour d'autres, on doit vraiment se poser la question d'un développement très sérieux de la psychiatrie pénitentiaire, ce qui est réclamé et prévu depuis des décennies. La psychiatrie pénitentiaire est un parent pauvre, et c'est terrible qu'elle soit un parent pauvre dans notre pays, car cela contribue à différents problèmes qui soulèvent l'émotion, qui contribuent à modifier souvent hâtivement les règles du droit pénal.

Si une réflexion d'ensemble doit voir le jour suite au postulat Stähelin, je souhaiterais vivement que l'on accorde aussi à cet aspect particulier toute l'attention nécessaire.