Berberat Didier · Ständerat · 2010-12-09
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-12-09
Wortprotokoll
J'aimerais tout d'abord dire que les quatre messages forment un tout - cela a été rappelé par Madame Maury Pasquier. L'augmentation de 640 millions de francs des crédits-cadres pour l'aide au développement renforcera la contribution de la Suisse à la réduction de la pauvreté; cela est très important à mes yeux.
Vous le savez, les activités prioritaires résideront dans des projets liés aux domaines de l'eau et de l'adaptation aux changements climatiques; une augmentation de l'aide publique au développement à 0,5 pour cent du revenu national brut (RNB) est fondamentale.
L'aide publique au développement fournie par la Suisse, avec une part de 0,47 pour cent du RNB, est basse, puisque notre pays se situe en dessous de la moyenne des pays donateurs de l'OCDE, qui est de 0,48 pour cent en 2010.
Cela a également été rappelé: beaucoup de pays qui jouissent d'un niveau de prospérité comparable à celui de la Suisse ont consacré nettement plus de moyens à l'aide publique au développement en 2009: la Suède, 1,12 pour cent; la Norvège, 1,05 pour cent; le Luxembourg, 1,01 pour cent; le Danemark, 0,88 pour cent; les Pays-Bas, 0,82 pour cent. Des pays qui connaissent des difficultés financières beaucoup plus importantes que la Suisse ont fait des économies, mais pas dans ce domaine-là, puisqu'il leur apparaît important de continuer de consacrer des moyens substantiels à l'aide publique au développement.
Cela signifie donc que, si nous acceptons une proposition à 0,45 pour cent, par exemple, à l'avenir la Suisse se placerait encore plus mal en comparaison internationale. Et à mes yeux, cette augmentation de l'aide publique au développement constitue un signal politique fort qui permettrait aussi à la Suisse de se rapprocher de l'objectif fixé par l'ONU, soit 0,7 pour cent, qu'elle s'est engagée à atteindre. Je vous rappelle aussi qu'il y a deux ans, une pétition munie d'environ 200 000 signatures demandait à ce qu'on passe à 0,7 pour cent. On n'en est pas là pour l'instant. On discute d'un pourcentage de 0,5 jusqu'à 2015 et, par ailleurs, l'augmentation qui est demandée répond à une recommandation centrale qui découle d'une évaluation par des pairs qui a été effectuée par l'OCDE en 2009.
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Le message - et cela me paraît important - met l'accent sur la réduction de la pauvreté et réagit aux besoins les plus importants des populations les plus pauvres de cette planète. On peut d'ailleurs se féliciter que l'objectif d'efficacité qui a été fixé pour l'affectation des fonds soit bien là. Au vu de l'accroissement des conflits qui concernent notamment les ressources naturelles, l'accès à l'eau et les mesures d'adaptation aux changements climatiques sont un choix tout à fait judicieux du Conseil fédéral en matière de politique de développement.
Vous le savez aussi, la pauvreté reste l'un des problèmes les plus pressants en ce début de XXIe siècle. Ce constat est d'ailleurs corroboré par un bilan qui a été fait en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le développement - cela a aussi été rappelé par Madame Maury Pasquier - les 20 au 22 septembre derniers, lors du Sommet du Millénaire. Le bilan est assez mitigé, dans la mesure où des progrès encourageants ont certes été faits: la proportion de pauvres au sein de la population mondiale a baissé, davantage d'enfants ont été scolarisés et l'accès à l'eau potable a été amélioré dans de nombreux foyers. Vous savez en effet que l'eau est véritablement un élément vital et fondamental dans les pays en développement. Cependant, il faut quand même admettre que les défis demeurent colossaux. Certains pays, que je connais assez bien, notamment dans les régions subsahariennes, ont de gros problèmes liés à la démographie et aux changements climatiques. Et parfois les aides ont été quasiment annulées suite à des problèmes qui relèvent entre autres de la crise économique et financière qu'ont connue tant les pays occidentaux que les pays en développement. Il ne faut toutefois pas perdre espoir, mais il faut redoubler d'efforts afin qu'on puisse atteindre en 2015 les Objectifs du Millénaire pour le développement.
Madame Maury Pasquier l'a dit: il y a des aspects humains, des aspects importants au niveau alimentaire, mais aussi au niveau économique. La Suisse est l'un des premiers bénéficiaires de la mondialisation et il est tout à fait dans son intérêt, pour notre pays qui a une économie ouverte et qui, on le rappelle, exporte la moitié de sa production, d'avoir une politique extrêmement ouverte dans le domaine de l'aide au développement.
A mon avis, utiliser dans ce domaine 50 centimes sur 100 francs gagnés, ce n'est pas beaucoup, ce d'autant plus que je ne suis pas certain que les déficits prévus dans le budget seront effectifs. Cela a aussi été rappelé lors de la discussion sur le budget il y a trois jours. Il est en effet fort possible que nous ayons comme d'habitude de bonnes surprises en fin d'année. Par conséquent, il est tout à fait possible de faire cet investissement - qui est vital - dans l'aide au développement.