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Marty Dick · Ständerat · 2010-12-06

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2010-12-06

Wortprotokoll

Je crois que mes préopinants ont tout à fait raison. J'ai l'impression que nous nous trouvons dans une situation de schizophrénie. En effet, qu'est-ce que cela [PAGE 1128] veut dire, réduire de 50 ou de 100 millions de francs le montant total en faveur de l'aide publique au développement? Nous le saurons jeudi. En réalité, cela veut dire renoncer à toute une série de projets relatifs à l'eau, par exemple, de projets en vue de combattre le réchauffement climatique. Mais c'est jeudi que nous pourrons vraiment évaluer tout cela. Aujourd'hui, le Conseil fédéral nous présente un budget conforme à ce que nous lui avons demandé, en spécifiant que nous devons atteindre 0,5 pour cent du revenu national brut d'ici à 2015.

Je trouve que, si l'on est dans un état d'esprit de "fairness", même ceux qui sont contre l'augmentation devraient aujourd'hui dire oui au budget pour permettre jeudi de mener une discussion ouverte avec un message qui nous explique exactement ce que signifie cette augmentation. En effet, sans cela, nous manquons absolument de cohérence.

A propos de cohérence, je rappelle - aussi à Monsieur Freitag - que 0,5 pour cent constitue déjà un compromis. Le Conseil fédéral - en les personnes de quatre présidents de la Confédération, que ce soit au sein de l'ONU ou à d'autres conférences internationales - s'est engagé pour 0,7 pour cent. Cet objectif, plusieurs pays l'ont déjà atteint, voire dépassé considérablement. Actuellement, la Norvège a dépassé 1 pour cent. Ainsi, 0,5 pour cent constitue déjà un compromis.

Notre ministre de l'économie, Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann, nous a informés, lors de la séance de la Commission de politique extérieure, que l'Allemagne et le Royaume-Uni, qui font face à des crises financière et économique gravissimes - alors qu'en ce qui nous concerne, nous affichons cette année des comptes qui sont meilleurs que prévu de 3,5 milliards de francs -, ont décidé de couper partout sauf dans l'aide au développement. Cela signifie déjà quelque chose et cela devrait nous faire réfléchir, d'autant plus que le Royaume-Uni, de son côté, a déjà dépassé clairement 0,5 pour cent.

Donc, je trouve que l'on devrait engager la discussion jeudi, d'autant plus que, comme l'a dit Monsieur Schweiger, l'augmentation de cette position du budget est de toute façon gelée jusqu'à la décision de notre conseil de jeudi et du Conseil national du mois de mars 2011. Par conséquent, en suivant la proposition de la majorité, nous démontrerions une certaine cohérence et un respect pour le travail du Conseil fédéral qui s'est donné la peine de présenter ce message sur la base de nos indications précises.

Dans la comparaison internationale, si on considère les pays comparables au nôtre, je regrette de devoir constater que la Suisse ne fait pas bonne figure. Devant notre pays se trouvent la Norvège, la Finlande, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Autriche. Ces dernières années, nous avons eu des polémiques formidables parce que nous avons accueilli des milliards de francs qui provenaient de l'évasion fiscale d'autres pays. Alors, ne serait-ce pas le moment de démontrer que la Suisse, riche et privilégiée aujourd'hui, est solidaire avec la partie du monde qui souffre le plus, aussi à cause de nous? En effet, le réchauffement climatique n'est pas la faute des Africains. La crise financière, dont les conséquences se font sentir dans ces pays, n'est pas la faute des Africains.

Donc, je crois que l'on devrait vraiment faire ce geste, en tout cas, aujourd'hui dans l'attente d'avoir une discussion approfondie jeudi prochain.