Hêche Claude · Ständerat · 2010-12-06
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-12-06
Wortprotokoll
Effectivement, nous sommes placés devant un choix de priorités, et je me permettrai dès lors de vous faire part de quelques considérations qui devraient guider notre choix.
Monsieur Berset l'a rappelé tout à l'heure: l'augmentation prévue se fonde - et je crois qu'il faut insister là-dessus - sur le mandat que nous avions confié au Conseil fédéral en décembre 2008, soit faire passer la part de l'aide publique [PAGE 1127] au développement à 0,5 pour cent du RNB. Par ailleurs, j'aimerais également rappeler que, suite à nos recommandations, c'est-à-dire à celles de la Commission de gestion de notre conseil, la Confédération a entrepris d'optimiser l'efficacité de sa coopération et se concentre ainsi désormais sur un nombre limité de pays prioritaires et de programmes spéciaux. Il faut aujourd'hui quelque part prolonger cette logique et lui donner les moyens des objectifs que nous lui avons fixés. C'est une question de cohérence également.
D'autre part - et je dois dire que je m'excuse d'entrer dans le débat de fond avant la séance de jeudi -, selon moi, plus personne ne devrait ignorer que l'aide au développement, tout en étant conçue dans l'intérêt des pays aidés, exerce indirectement et automatiquement des effets positifs sur le pays donateur. Ces effets positifs compensent dans une large mesure, à mes yeux, le montant de l'aide. Concrètement, elle est premièrement propice à la conclusion d'alliances et à la constitution de réseaux internationaux, élargit le champ d'action de la politique étrangère et renforce notre influence. Deuxièmement, comparée à celle d'autres pays, notre économie est plus largement intégrée dans l'économie mondiale. Nous le savons tous: si le reste du monde va bien, la Suisse se porte encore mieux. Par conséquent, notre pays se doit de fournir une contribution adéquate à la résolution des problèmes globaux.
C'est d'autant plus le cas - je tiens à relever cette évolution - que la situation des pays bénéficiaires de l'aide au développement s'est encore aggravée ces dernières années. Dans son rapport 2010 sur les pays les moins avancés du monde, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement montre que le nombre de pays très pauvres sur la planète a doublé - j'insiste là-dessus - ces quarante dernières années, de même que le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté - à savoir plus de 400 millions de personnes. Cette pauvreté et ces inégalités sont inacceptables et aussi, malheureusement, génératrices de violences et de conflits.
Pour conclure, j'aimerais rappeler que notre pays, comme siège de nombreuses organisations humanitaires, possède une tradition de solidarité plus ancienne que tous les autres pays industrialisés. Et pourtant, nous n'avons pas, et il s'en faut de beaucoup, la médaille d'or de l'aide au développement; la discussion - légitime - que nous menons aujourd'hui est là pour le prouver. Cela contraste avec l'importance de notre réputation humanitaire, volontiers soulignée à l'heure des discours, et de notre volonté de jouer un rôle dans les institutions internationales.
Par conséquent, et dans un souci de cohérence, je vous invite à suivre la majorité de la commission et, par là même, la position du Conseil fédéral.