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Barthassat Luc · Nationalrat · 2011-02-28

Barthassat Luc · Nationalrat · Genf · Fraktion CVP/EVP/glp · 2011-02-28

Wortprotokoll

Nous nous devons aujourd'hui d'intensifier et de respecter l'engagement international de notre pays à tous les niveaux, que cela soit le 0,5 pour cent, le renforcement de l'appui aux banques multilatérales de développement et au FMI ou la prolongation de l'aide aux pays d'Europe de l'Est en transition. Toutes ces mesures sont des appuis à une stabilisation financière globale, même si la pièce centrale est le message sur le 0,5 pour cent.

Avec le paquet complet, la Suisse veut approfondir son engagement international, car il est aussi dans son intérêt de contribuer à un développement durable au niveau global. Mais seul le message additionnel sur le 0,5 pour cent garantit que cet engagement accru va bénéficier aussi aux pays les plus pauvres qui dépendent le plus de l'aide extérieure.

Il ne suffit pas de mettre à disposition des crédits à des conditions favorables auprès des banques multilatérales de développement, des fonds de développement et du FMI; comme ils ne peuvent pas se développer par leurs propres forces, ces pays ont aussi besoin d'un soutien qu'ils ne doivent pas rembourser et qui est employé de façon ciblée par la voie bilatérale pour l'eau et le développement rural, pour la formation et la santé, pour la promotion de la participation et du contrôle démocratique, pour une meilleure position des femmes, qui contribuent de façon décisive au développement dans les pays pauvres.

L'aide bilatérale est aussi très importante pour la Suisse elle-même. Ce n'est qu'ainsi qu'elle acquiert l'expérience, la pratique et qu'elle parvient à la reconnaissance internationale de ses compétences et de sa capacité d'innovation. Elle en a besoin pour garder son influence dans les institutions multilatérales. Un non au 0,5 pour cent signifierait que la Suisse s'engagerait auprès des banques multilatérales de développement au niveau commercial, mais qu'elle diminuerait sa contribution au niveau de la solidarité sur le plan international: cela serait vu comme une manoeuvre pour conserver son influence à peu de prix.

La Suisse profite de la globalisation plus que la moyenne et elle va continuer à le faire à l'avenir. Elle a donc le devoir d'être encore plus du côté de ceux qui ressentent surtout les désavantages de la globalisation. Et notre pays en a les moyens!

Pour ce qui concerne la participation aux augmentations de capital des banques multilatérales de développement, la Suisse se doit de participer de manière forte à lutter contre la pauvreté dans les pays en voie de développement. Ces banques de développement ont besoin de ces augmentations de capital; elles sont primordiales pour la lutte contre la pauvreté. Nous pensons qu'il est important pour notre pays de se montrer actif dans cette lutte. Ne pas participer aux augmentations de capital entraînerait une forte réduction de la quote-part de la Suisse, ce qui aurait une incidence néfaste sur son image de marque et, à moyen terme, sur sa présence dans les organes dirigeants.

Il est bon de rappeler que les entreprises suisses participent très activement à ces marchés publics. Comme il est dit dans le message, entre 2005 et 2009, le montant des travaux attribués aux entreprises suisses s'est élevé à plus de 940 millions de francs. Ces mesures, ce n'est pas seulement une question de solidarité, mais il en va aussi des intérêts à long terme de notre pays.

Concernant la coopération avec les Etats d'Europe de l'Est et de la CEI, il est nécessaire que la Suisse participe davantage à tout ce qui peut favoriser la transition vers des systèmes démocratiques et pluralistes. Cette aide contribue à la création d'institutions démocratiques légitimes et fonctionnelles.

Ces mesures permettront aussi à long terme de consolider les transitions politiques, économiques et sociales dans les pays d'Europe de l'Est. C'est grâce à de telles mesures que certains pays ont fait d'énormes progrès dans leurs réformes économiques et sociales, et la participation à ces mesures est aussi une question de solidarité de la part de notre pays.

Ces aides agissent aussi sur la pression des flux migratoires, surtout chez les jeunes. En effet, ces pays connaissent aussi de forts taux de chômage qui font surgir des problèmes de discrimination envers les minorités ethniques et des problèmes concernant la criminalité organisée et la corruption, que ces pays ont connus ou connaissent encore.

La Suisse a tout à gagner à participer à consolider la stabilité de ses partenaires appartenant aux pays concernés. La continuité de ses appuis vis-à-vis de ces pays procure à notre pays une excellente réputation. L'amélioration de la situation générale en Europe de l'Est peut ouvrir de nouveaux débouchés pour l'économie de notre pays. Nous avons donc politiquement intérêt à fournir une contribution visible à la transition dans les pays d'Asie centrale, d'Europe de l'Est et du Sud-Est, tout cela pour la prospérité, la sécurité en Europe, bien sûr, et aussi en Suisse.

C'est pourquoi notre groupe entrera en matière sur ces différents projets.