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Voruz Eric · Nationalrat · 2011-03-17

Voruz Eric · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-03-17

Wortprotokoll

Durant mes quelque 26 années de fonction comme secrétaire syndical, j'ai eu l'occasion de participer à de nombreux renouvellements de conventions collectives de travail, qu'elles soient cantonales ou fédérales, renouvellements qui nécessitaient de nombreuses consultations auprès des salariées et salariés des branches correspondantes. Lors de ces consultations, presque à chaque fois, il ressortait que les priorités des priorités étaient la durée du travail, donc l'horaire hebdomadaire de travail, la question de l'annualisation de la durée du travail et surtout le droit aux vacances. Et c'est ce dernier point qui attirait le plus l'attention, aussi bien des travailleuses et travailleurs soumis aux conventions collectives de travail que de celles et ceux qui ne l'étaient pas. D'ailleurs, l'enquête de Travail Suisse le confirme également.

Oui, la question de la durée des vacances prime celle de la durée hebdomadaire de travail. Cette durée moyenne qui est de 44 heures par semaine, une des plus élevées en Europe, n'est pas tout à fait innocente. En effet, au lieu d'une diminution de l'horaire hebdomadaire de travail, nous devions avant tout négocier sur les vacances. Lors des consultations précédant les négociations de renouvellements de conventions collectives de travail, j'ai toujours voulu savoir pourquoi la majorité des personnes axaient leurs premières revendications sur les vacances.

Les raisons sont simples. Tout d'abord, il faut dire que la période de travail est longue et que le droit aux vacances permet de se retrouver en famille pour une période déterminée et sans contraintes d'un lendemain consacré au travail. Ensuite, depuis le temps, et cela se confirme dans les enquêtes officielles, le stress - cela a été dit - conduit à des situations pénibles, stress causé par une sécurité de l'emploi précaire, de l'exigence de rendements supérieurs du fait que des entreprises produisent plus avec du personnel en moins.

Ces faits démontrent bien qu'en plus d'une vie familiale normale durant quelques semaines par année, il est nécessaire que les salariées et salariés puissent bénéficier d'une durée de vacances plus longue. Certes, les conventions collectives de travail prévoient souvent au moins cinq semaines de vacances, mais pas encore pour toutes et tous.

Mais comme plus de la moitié des travailleuses et travailleurs ne sont pas au bénéfice d'une convention collective de travail, c'est donc le Code des obligations qui fait foi et qui, comme à son habitude, est en retard de plusieurs guerres, puisqu'il prévoit encore seulement 4 semaines de vacances obligatoires et 5 semaines pour les jeunes de moins de vingt ans.

Il n'est plus nécessaire de prouver que si notre pays ne s'en sort pas trop mal au niveau de la situation économique, la principale raison tient à la qualité de l'ensemble des travailleuses et travailleurs qui ont une motivation sans faille dont bénéficient les entreprises. Il est aussi prouvé que la productivité des entreprises a souvent augmenté suite aux améliorations des conditions de travail, donc de la durée des vacances. D'après une statistique de l'Office fédéral de la statistique, que j'ai consultée ce matin, au quatrième trimestre 2010, la production a augmenté de 6,1 pour cent et le carnet des commandes de 6 pour cent. Comme vous le savez, en Inde, la vache est un animal sacré; en Suisse, c'est le travail qui est sacré. Il faut savoir que 6 semaines de vacances annuelles au minimum ne remettra pas ce constat en question.

Recommander l'acceptation de l'initiative populaire "6 semaines de vacances pour tous" sera bénéfique surtout pour celles et ceux qui ne bénéficient pas encore des avantages d'une convention collective de travail, donc encore sujets à la précarité du travail.