Perrinjaquet Sylvie · Nationalrat · 2011-06-06
Perrinjaquet Sylvie · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-06-06
Wortprotokoll
Le groupe libéral-radical entre en matière pour la prolongation de l'engagement de la Swisscoy. Depuis plus de dix ans, notre pays s'engage pour la promotion de la paix. Non seulement notre présence est utile, mais elle est appréciée tant par la population locale que par nos partenaires internationaux. Notre travail sur place constitue une excellente carte de visite pour notre armée et demeure indispensable au vu de ce qu'ont pu constater sur place celles et ceux qui ont fait partie de la délégation des Commissions de la politique de sécurité des deux conseils qui s'est déplacée les 16 et 18 mai 2010 au Kosovo.
Retrouver son identité, son indépendance et construire un Etat de droit a un prix, celui de la présence de forces internationales. Cette présence est toujours vivement appréciée et la population considère que la KFOR est indispensable pour assurer la sécurité et la paix internes. Malgré les [PAGE 904] progrès, la situation demeure délicate, la reconstruction d'un pays nécessite du temps et la remise en marche de son économie davantage encore. Actuellement, plus de 40 pour cent de la population se trouve au chômage, plus particulièrement les jeunes qui ont entre 18 et 25 ans. Cette donnée suffit à elle seule pour mesurer l'extrême fragilité du Kosovo renaissant. La force militaire permet de donner un cadre visible et rassurant à un vivre ensemble inéluctable entre les populations albanaise et serbe. La KFOR a pour tâche également de former une force de police kosovare qui devra être capable d'assurer la sécurité publique par la suite.
Nous partageons des valeurs autant que des intérêts avec l'Europe. La stabilisation du Kosovo en fait partie. Loin de nous freiner, notre neutralité et notre indépendance doivent nous servir de moteur pour aider à créer ce que nous appelons de nos voeux: une vraie et solide démocratie, aussi dans cette partie des Balkans. Cela passe par la présence de la Swisscoy dont les contingents sont composés de miliciens, apportant ainsi des compétences militaires autant que civiles. Nos soldats personnifient les fondements de la démocratie helvétique où tout un chacun participe à sa stabilité. Cette particularité est prise comme modèle par les Kosovars.
Il y a dix ans, l'intervention relevait de l'urgence - il fallait protéger les victimes de la guerre, reconstruire -, puis il s'est agi d'empêcher le retour d'un conflit et de restaurer la paix. Les missions de la KFOR et celles de la Swisscoy ont évolué, et c'est principalement la lutte contre toute cause de violence qui demeure prioritaire. Criminalité, crime organisé, corruption mais aussi chômage: toutes ces causes sont des facteurs de déstabilisation sociale.
La KFOR travaille aujourd'hui avec un objectif de durabilité. Après avoir mis en place une situation de paix intérieure ces dix dernières années, elle vise clairement le maintien de cette stabilité avant d'envisager un retrait des troupes internationales, au mieux à l'horizon 2015. Le socle doit être suffisamment solide pour que la reconstruction sociale, politique et économique accomplie jusqu'ici ne soit pas ruinée par une nouvelle flambée.
Dans le cadre des nouvelles structures de la KFOR, la Swisscoy endosse des tâches que l'on peut qualifier de tâches "à haute valeur ajoutée", en premier lieu la participation avec ses équipes au déminage et à l'élimination de munitions non explosées. Cela requiert des compétences techniques ainsi qu'un savoir-faire non négligeable et s'inscrit tout à fait dans un objectif de protection de la population civile.
Deuxièmement, citons la mise à disposition d'équipes de liaison et de monitoring. Celles-ci ont pour mission de rendre compte de l'état d'esprit de la société locale, en observant la population et en dialoguant avec elle. Ce travail se fonde sur des compétences civiles plutôt que militaires, mais fondamentales pour apaiser la situation en temps réel sur place, pour dépister des tensions entre les communautés. Les soldats suisses conviennent particulièrement à ce type de mission, car ils bénéficient d'un degré de confiance important auprès de la population.
La Suisse fut l'un des premiers pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo - en février 2008 déjà. Cela est encore très apprécié à l'heure actuelle: aujourd'hui, 66 nations font de même. L'ambassade de Suisse joue un rôle clé et dispose d'un réseau relationnel solide au travers du pays, très certainement en raison de la très forte diaspora kosovare en Suisse - plus de 170 000 personnes. Aux yeux des Kosovars, la Suisse offre des compétences particulièrement appréciées en matière de promotion de la paix, grâce précisément à sa neutralité et, surtout, à l'absence de toute velléité expansionniste ou dominatrice dans son histoire politique.
Vu ce qui précède, le groupe libéral-radical ne suivra pas les minorités déposées ni ne soutiendra la motion de la commission.