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Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2011-06-09

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2011-06-09

Wortprotokoll

Je vous demanderai de bien vouloir refuser la proposition de la minorité. Tout d'abord, parce que je crois que Monsieur Schlüer et son groupe n'ont pas vraiment compris ce que sont ces trois centres et ce qu'ils représentent pour la Suisse.

Au Centre de politique de sécurité, il s'agit bien d'une formation spécialisée offerte à des cadres civils et militaires du monde entier. Cette formation spécialisée est utile à notre politique de paix, à notre pays ainsi qu'à d'autres pays. Savez-vous, Monsieur Schlüer, que dans le Conseil de fondation du Centre de politique de sécurité figurent 42 pays, dont les derniers arrivés sont l'Egypte et la Chine? Je pense que vous devriez voir là l'intérêt pour la Suisse d'héberger un tel Centre de politique de sécurité: il crée des liens, des réseaux, et c'est extrêmement important pour nous.

Quant au Centre pour le contrôle démocratique des forces armées, c'est l'un des plus grands centres d'experts qui existent en matière de politique de sécurité. Il a pour objectif de pousser à la bonne gouvernance et à la réforme des stratégies en matière de sécurité. Il offre des appuis dans le développement des politiques de sécurité - vous l'avez dit et c'est important: il ne faut pas négliger ces aspects-là - aux Nations Unies, à l'Union européenne, à l'Union africaine et à l'OCDE. Vous voyez combien, là encore, il est important pour la sécurité et la paix dans le monde.

Quant à votre dernier argument selon lequel nous devrions savoir nous fixer des priorités dans la politique que nous menons, je précise, Monsieur Schlüer, que nous ne sommes pas pour la fermeture ou pour la restriction des services consulaires; au contraire, nous voulons donner aux citoyens et aux citoyennes suisses qui se trouvent à l'étranger de meilleurs services consulaires. Mais en même temps, nous voulons aussi gérer correctement le Département fédéral des affaires étrangères. Comment pouvez-vous soutenir le maintien d'un consulat dans n'importe quelles conditions? Prenons l'exemple de Bratislava où, pour toute l'année 2009, seuls trois visas et 42 passeports ont été délivrés! Comment pouvez-vous justifier le maintien d'un consulat qui a si peu d'activité? Ce n'est pas possible!

Mais cela ne signifie pas que nous n'allons pas développer des services consulaires mobiles, que nous n'allons pas prendre en considération les besoins de ces quelques citoyens qui se trouvent à Bratislava et que nous n'allons pas chercher à les satisfaire. Mais on ne peut pas justifier, pour 3 visas et 42 passeports par année, le maintien à Bratislava de deux collaborateurs à temps plein, de deux collaborateurs consulaires transférables! D'où cette décision du DFAE de centraliser la délivrance des services consulaires.

Vous savez aussi par ailleurs que le maintien des services consulaires à un endroit donné exige des investissements énormes aujourd'hui, en relation avec la prise des empreintes digitales et l'établissement du passeport biométrique. Nous ne pouvons pas nous le permettre pour 3 visas et 42 passeports par année. Donc les priorités sont pour nous extrêmement claires: les services consulaires sont une priorité, mais pas forcément le maintien partout de consulats lorsque les services consulaires ne l'exigent pas.

Les priorités sont aussi celles de la politique de paix et de la stabilité du pays. Pour assurer la stabilité de la Suisse, les trois centres basés à Genève sont des instruments extrêmement importants - étant entendu que la stabilité de la Suisse dépend aussi de la stabilité dans le monde. Mais je sais que l'UDC ne partage pas ce point de vue. Cependant, je vous le dis, Mesdames et Messieurs les membres du groupe UDC, c'est un point de vue qui reflète la réalité et auquel vous devriez réfléchir.

Je vous invite donc à ne pas suivre la proposition de la minorité Schlüer.