Marra Ada · Nationalrat · 2011-09-28
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-09-28
Wortprotokoll
C'est la deuxième fois cette année que nous avons une session extraordinaire portant sur la migration. La première s'est déroulée au mois de mars, lorsque certains dans cet hémicycle craignaient, du fait des révolutions arabes, une invasion de la Suisse par des Africains du Nord. Et on les cherche encore dans nos rues, ces fameuses personnes! C'est donc la deuxième session extraordinaire sur ce thème, qui sert à des fins électorales à l'UDC, à certains clones du centre droit. [PAGE 1708]
Mais saisissons l'occasion, même si on aurait souhaité que la discussion sur la migration prenne pour une fois une tournure intéressante, pour nous interroger: pourquoi la Suisse a-t-elle besoin de cette main-d'oeuvre étrangère? en quoi les accords bilatéraux ont-ils, ou non, favorisé la Suisse? Mais on voit, avec toute la série d'interventions sur lesquelles nous devrons voter, qu'il y a une idée fixe, des thèmes récurrents au Parlement: l'asile et le regroupement familial, la limitation de la migration de manière générale. On fait une fixation sur l'asile, alors que, sur 1,7 million d'étrangers, cela ne concerne que 40 000 personnes! C'est le nombre de personnes qui sont en procédure d'asile en Suisse, chiffre stable depuis des années.
On le sait, la migration a changé de visage. Depuis 2007, 60 pour cent des nouveaux arrivants sont en possession d'un titre d'une haute école. Et, comme vous le savez, si ces nouveaux arrivants n'ont pas de permis de travail, ils n'ont pas de permis de séjour. Notre économie a donc besoin de personnes très qualifiées. Personnellement, je souhaiterais que l'on engage des personnes de Suisse. Mais, pour cela, il faut commencer à avoir une politique de formation dans notre pays; pour cela, il faut voter les budgets que vous refusez à longueur d'année! En attendant, la présence des personnes migrantes en Suisse est tout à fait justifiée.
Cette migration a des incidences positives sur nos assurances sociales. Economiesuisse - qu'on ne peut pas accuser d'être de gauche - l'a encore rappelé dernièrement dans un rapport, et c'est ce que nous disent les syndicats depuis des années.
Toutefois, il y a des problèmes à résoudre. En effet, il n'est pas tolérable que les grandes entreprises continuent de faire exploser le prix des loyers de l'Arc lémanique, par exemple, parce qu'elles cherchent à y loger leurs cadres. Il n'est pas tolérable que les entreprises ne soient pas plus regardantes avec leurs sous-traitants, car c'est à ce niveau qu'ont lieu la plupart des cas de dumping salarial. Le Parti socialiste, lui, a choisi d'affronter les problèmes, par exemple avec son initiative pour un salaire minimum, ou en demandant que soient renforcées les mesures d'accompagnement, ou encore en proposant des solutions pour débloquer la situation sur le marché du logement.
En conclusion, je répète qu'il faut trouver des solutions plutôt que de faire porter le chapeau aux étrangers qui, eux, viennent travailler avec nous pour la prospérité et le bien-être de la Suisse.