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Recordon Luc · Ständerat · 2011-09-28

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2011-09-28

Wortprotokoll

L'interpellation que j'ai développée a reçu, je dois m'en réjouir, une réponse certes non exhaustive, mais qui forme quand même une assez bonne base d'analyse pour la réflexion sur les risques ainsi que sur les mesures à prendre en ce qui concerne la sécurité nucléaire. Certes, on n'a pas de réflexions sur des cas aussi lourds, me semble-t-il, et utiles à analyser que Three Mile Island ou les différents incidents à répétition du centre de retraitement de Sellafield, qui pourraient nous enseigner tout de même passablement de choses, notamment pour le cas de Sellafield sur la manière de gérer des déchets statiques. Néanmoins, je crois qu'il y a là une avancée. Il y en a une en particulier parce que le Conseil fédéral déclare qu'il poursuit sa réflexion et que la réponse qu'il me fournit ne constitue pour l'instant qu'une base.

Dans l'optique des travaux futurs, je voudrais faire encore quelques observations. Il est très intéressant et malheureusement aussi extrêmement inquiétant de constater que, année après année, les exploitants de centrale nucléaire dans le monde relèvent dans leur propre rapport et dans les rapports de leur propre association d'exploitants, les innombrables lacunes qu'il y a par rapport à une exploitation saine et sûre. Les dangers ainsi créés sont nombreux. Je ne tire pas cette information de quelque officine antinucléaire, mais d'un ouvrage de Georges Charpak qui, comme chercheur au CERN, s'était fait plutôt connaître pour une certaine sympathie en faveur de l'énergie nucléaire, et cela même dans un livre qui était plutôt relativement favorable au nucléaire. C'est vous dire si cette source d'information est fiable. Cela ne laisse pas d'inquiéter parce que nos exploitants ne sont pas meilleurs que les autres, malheureusement, et parce qu'on l'a dit - et cela revient dans d'autres interventions -, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire ne fournit pas beaucoup de garanties à nos yeux; et d'ailleurs le départ du président de son conseil récemment est là encore pour le confirmer.

Le problème que nous avons à gérer maintenant, c'est la durée de vie des anciennes centrales. Vous savez à quel point les Bernois, que nous avons vu même pour certains d'entre eux sur la Place fédérale l'autre jour, sont inquiets pour Mühleberg. On peut nous aussi l'être: nous passons à peu près 100 jours par année à Berne. C'est certainement la plus ancienne et la moins rassurante de nos centrales. Elle devrait véritablement rapidement disparaître et être à l'état de démantèlement. Cela nécessite, à mon sens, une étude non seulement sur la sécurité rémanente, mais aussi sur la sécurité en cours de démantèlement et après celui-ci. Et cela, je ne suis pas sûr que cela ait été grandement étudié. La seule grande centrale que je connaisse qui a fait l'objet d'un démantèlement pour l'instant, mais elle était un peu particulière, c'est celle de Creys-Malville. Je pense que dans ce domaine-là, oui, il y a vraiment des travaux à faire, des travaux de développement, peut-être même des travaux de recherche et le maintien nécessaire d'un certain niveau de formation pour que l'on soit capable, encore et toujours, de suivre ces centrales dans leur phase de disparition et, malheureusement, pendant très longtemps probablement pour ce qui concerne les déchets.