Neirynck Jacques · Nationalrat · 2001-06-11
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-06-11
Wortprotokoll
Monsieur Mörgeli - je crois que c'est la seule personne à qui je dois répondre, puisque les autres groupes ont manifesté le soutien à la proposition de la commission -, je voudrais peut-être vous rappeler que vos propres délégués à la Commission de la science, de l'éducation et de la culture ont été favorables. Donc, votre position est tout à fait particulière et ne paraît pas représenter l'ensemble de vos collègues.
J'ai relevé, dans votre discours, un certain nombre de phrases qui me laissent perplexe. Vous parlez de censure, de contrôle. La loi dont il est question ne propose pas de censure, ne fait pas de contrôle. Absolument pas, elle demande simplement qu'il y ait une diversité dans les films. Je crains fort de devoir constater que, pour vous, le film est une marchandise comme une autre qui est soumise simplement aux règles de l'offre et de la demande. Pour moi, c'est quelque chose de beaucoup plus important. Je crois que le film est l'art privilégié de notre siècle, qu'il faut le respecter, que chacun des pays doit pouvoir exprimer sa culture. Je maintiens qu'il y a une ou plusieurs cultures suisses et qu'on ne peut pas simplement en faire table rase comme vous le faites. J'ai même relevé dans votre discours la considération que le cinéma suisse finirait peut-être par mourir de sa belle mort. C'est une proposition avec laquelle je ne peux pas marquer mon accord. Je vous rappelle que dans les années soixante et septante, le cinéma suisse a été une grande chose, qu'il a ouvert des portes et qu'en particulier, un Jean-Luc Godard est considéré dans le monde entier comme un grand cinéaste. Mais si vous ignorez jusqu'à son nom, je ne peux vraiment pas vous l'apprendre aujourd'hui.