Seydoux-Christe Anne · Ständerat · 2012-03-08
Seydoux-Christe Anne · Ständerat · Jura · Fraktion CVP-EVP · 2012-03-08
Wortprotokoll
Je vous prie à mon tour instamment de suivre, sur cette motion du groupe UDC, l'avis du Conseil fédéral et de la rejeter. Cette motion est en effet particulièrement contre-productive, comme Monsieur Berberat l'a déjà dit, et poserait de sérieux problèmes à notre pays dans ses relations internationales, sans avoir aucunement l'effet espéré par l'UDC sur la lutte contre l'immigration illégale et la reprise par les pays d'origine des demandeurs d'asile déboutés. Monsieur Niggli, le directeur d'Alliance Sud, a écrit un excellent article à ce sujet dans le journal "Le Temps" du 29 février 2012, que malheureusement un certain nombre d'entre vous n'auront pas pu lire, et son organisation nous a écrit le 24 février. Monsieur Niggli démontre de manière particulièrement claire à mon avis qu'une conditionnalité stricte entre aide au développement et coopération dans les domaines de l'asile et des étrangers ne concernerait qu'une minorité des pays d'origine, et que parmi les pays d'origine de plus de 60 pour cent des requérants d'asile qui ne reçoivent pas d'aide au développement ou seulement de l'aide humanitaire se trouvent 14 des 20 principaux pays d'origine.
Je ne reviens pas sur les exemples donnés par Monsieur Berberat, mais j'aimerais quand même relever qu'on ne doit pas ignorer que d'autres pays que nous apportent de l'aide à ces pays. La Chine, par exemple, en apporte énormément en Afrique sans aucune condition et elle est très bienvenue dans ces pays. Finalement, cela n'empêche pas les gens de ces pays d'envoyer des gens chez nous pour chercher du travail. Je crois qu'il ne faut pas se leurrer, on envoie de l'aide à ces pays, mais on n'est vraiment pas les seuls. D'autres ont des intérêts à ce que l'aide pour ces pays continue. De plus, la Suisse apporte le plus souvent possible son soutien aux populations locales et non pas aux gouvernements centraux. On l'a bien vu lors des voyages d'information avec la Commission de politique extérieure: on a pu voir l'immense travail qui est fait par le SECO et la DDC sur le terrain, en collaboration avec les ONG, et l'apport que cela fait pour les populations locales et l'amélioration énorme, même si c'est peu de choses, mais énorme quant au bien-être de ces populations. Je crois donc vraiment qu'il ne faut pas se tromper de bataille et qu'il faut utiliser les bonnes méthodes.
Il faut aussi relever que peu de pays posent réellement des problèmes lors de la réadmission de requérants déboutés. On en fait une montagne, mais en réalité c'est un problème relativement peu important, de mon point de vue.
En conclusion, comme le dit notamment Monsieur Niggli - mais j'imagine aussi Monsieur le conseiller fédéral Burkhalter -, seuls le dialogue et les négociations permettent de trouver des solutions satisfaisantes au problème de la réadmission des demandeurs d'asile déboutés. Nous devons absolument éviter de fausses solutions qui péjorent en réalité la position de notre pays sur le plan international et portent atteinte en définitive aux intérêts de la population locale que nous souhaitons soulager quant à leurs difficultés de vie quotidienne.
En ce qui concerne la motion du groupe libéral-radical, elle ne me plaît absolument pas. La minorité est retirée, mais je ne soutiendrai quand même pas cette motion.