Rossini Stéphane · Nationalrat · 2012-05-02
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-02
Wortprotokoll
Au nom du groupe socialiste, je m'exprime ici de manière générale sur ce thème, extrêmement important, de la place économique suisse et de la situation financière. D'autres collègues reprendront tout à l'heure les propositions concrètes que nous avons déposées.
J'aimerais m'arrêter sur deux ou trois réflexions générales. D'abord, la question de la place économique suisse ne doit pas se résumer ou se réduire à une discussion sur la seule allocation des dépenses publiques relevant de la Confédération. Je crois qu'on ne peut pas axer une réflexion sur la place économique en n'ayant qu'un accent porté sur le budget de la Confédération. Il y a une synergie entre les dépenses publiques et la politique de croissance; il y a une synergie entre les politiques publiques et les conditions-cadres. Par conséquent, si nous voulons créer de la richesse dans ce pays, continuer d'innover, si nous voulons construire cette capacité de vivre ensemble, alors nous ne devons pas avoir comme seul angle d'attaque le ménage public. Je crois que [PAGE 584] c'est une approche réductrice, et on la retrouve dans toute une série de propositions qui sont développées dans cette section. Et c'est dommage, parce qu'effectivement, une approche politique centrée sur la seule pensée comptable autour du budget de la Confédération risque de passer à côté des véritables enjeux. Je pense que pour développer l'avenir, pour développer de nouvelles perspectives, notamment en matière de conditions-cadres - c'est-à-dire aussi d'infrastructures, de capacités de formation, de recherche, d'innovation -, nous devons d'abord investir.
Nous devons investir avec une vision à long terme, et cela passe par un soutien dynamique, notamment de la part de la Confédération. Tout le monde est d'accord pour admettre ici que des investissements dans le domaine de la recherche, de l'innovation et des infrastructures sont largement rentables et qu'ils profitent à toutes les régions du pays, à toutes les catégories de la population et qu'ils contribuent, d'une part à la croissance, d'autre part à la qualité de vie de notre population. Par conséquent, les mesures qui ont été présentées notamment par les minorités Blocher et Büchel Roland sont des objectifs réducteurs qui peuvent s'avérer à long terme franchement contre-productifs, voire dangereux pour les générations futures. Nous devons dépasser les postures idéologiques d'un Etat mauvais, inefficace et nuisible, pour renverser la logique, parce que cette posture de réflexion sur l'efficacité, sur l'efficience strictement économique, est trop réductrice. Le politique doit assumer ses responsabilités, sa marge de manoeuvre. Avec le frein à l'endettement, le frein aux dépenses, nous avons dans ce pays des instruments suffisamment rigides pour ne pas compliquer la gestion des politiques publiques.
D'autre part, vous voyez dans ces propositions quelques éléments qui relèvent quasiment de l'arbitraire, avec notamment la proposition de la minorité Büchel Roland sur la diminution de 20 pour cent des charges administratives imposées par l'Etat aux entreprises, ou avec celle concernant le lien entre l'évolution du chômage et la politique migratoire. Ces propositions comportent davantage de dangers que de chances pour le développement de notre place économique.
Enfin, il est clair pour nous que la justice fiscale est essentielle au bon fonctionnement de la place économique suisse et au succès de ce pays. Jouer la politique des caisses vides avec un accent concentré essentiellement sur le ménage de l'Etat, c'est passer à côté des vrais enjeux.
Je vous invite par conséquent à rejeter ces différentes propositions, qui relèvent de postures idéologiques et qui ne seront dans les faits que des miroirs aux alouettes.