Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2012-05-02
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-05-02
Wortprotokoll
La communauté internationale se prépare à effectuer un bilan majeur: vingt ans après le Sommet de Rio, qu'en est-il du développement durable? C'est à l'aune de cette question que les Verts abordent ce programme de la législature. Le sommet "Rio plus 20" consacrera une grande partie de ses discussions à l'économie verte. Ce n'est pas un hasard.
Le plus grand défi auquel l'humanité est confrontée à ce jour est la surconsommation des ressources. Nous avons dépassé la capacité biologique de la terre à produire les ressources que nous consommons et à absorber nos déchets dans les années 1980 déjà. Depuis, rien n'a permis d'inverser cette tendance. Nous n'échappons pas à la règle: l'empreinte écologique de la Suisse est plus de quatre fois supérieure à sa biocapacité. Nous vivons dès lors au dépens des générations futures et des populations les moins favorisées.
L'énergie constitue une part importante de notre empreinte écologique. C'est pourquoi la priorité des Verts pour cette législature est la mise en place d'un programme ambitieux et crédible pour que la Suisse sorte du nucléaire et de sa dépendance par rapport aux énergies fossiles. La stratégie énergétique du Conseil fédéral doit se baser d'abord sur les économies d'énergie et sur l'efficacité énergétique pour nous permettre de nous passer de grandes centrales à gaz dommageables pour le climat.
Le climat, justement, ne doit pas disparaître de notre agenda, malgré les difficultés rencontrées au niveau international. Nous attendons du Conseil fédéral qu'il maintienne une position exigeante et qu'il montre l'exemple par le biais d'une politique crédible sur son propre territoire.
La biodiversité est une ressource souvent négligée. Les Verts ont pu intégrer dans le programme de la législature 2007-2011 la mise en place d'une stratégie en la matière. Elle existe aujourd'hui, mais seulement sur le papier. Sa traduction en un plan d'action comprenant des mesures efficaces et disposant d'un budget suffisant est impérative à nos yeux.
L'agriculture est l'un des secteurs qui doit contribuer à cette gestion durable de la biodiversité. Nous y serons attentifs dans le cadre de la Politique agricole 2014-2017. Les soutiens à l'agriculture doivent correspondre à des prestations ciblées et déboucher sur des résultats convaincants.
L'agriculture et la biodiversité ont en outre besoin d'espace et les Verts veilleront à ce que les réformes initiées cette année déjà en matière d'aménagement du territoire se poursuivent vers un usage intelligent et parcimonieux de cette ressource limitée et précieuse qu'est le sol.
Les agriculteurs ont entrepris sérieusement d'améliorer la durabilité de leurs activités depuis que cette exigence figure dans la Constitution, mais qu'en est-il du reste de notre économie? Nous avons aujourd'hui besoin d'une politique active de promotion de l'économie verte. Nous ne parviendrons pas à une gestion durable des ressources sans que notre économie cesse de fonctionner de manière linéaire, transformant les matières premières en déchets, moyennant gaspillage et pollution.
Les Verts espèrent dès lors que le rapport du Conseil fédéral sur l'économie verte et son projet de fiscalité écologique répondront à leurs attentes et ne manqueront pas de les rappeler dans le cas contraire. Il est grand temps que ceux qui dilapident les ressources prennent leurs responsabilités et en paient le prix.