Reynard Mathias · Nationalrat · 2012-05-30
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-30
Wortprotokoll
La Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC) a reçu très positivement, lors de sa séance du 10 mai dernier, la motion de notre commission soeur du Conseil des Etats qui concerne la formation supérieure en romanche dans notre pays.
C'est en fait la question du plurilinguisme et du respect des différentes minorités linguistiques de notre pays qui est en jeu. Ceci contribue à la force de la Suisse, à sa spécificité, à sa cohésion nationale. Malgré les efforts de plusieurs cantons, et tout particulièrement de celui des Grisons, l'avenir du romanche, langue parlée par 60 000 personnes dans notre pays, est incertain. Cela doit nous inquiéter. Le romanche est l'une de nos langues nationales et doit donc récolter toute l'attention des autorités fédérales.
Pour sauvegarder et pour promouvoir une langue, l'école joue un rôle essentiel. La langue doit impérativement être enseignée à tous les niveaux de formation, de l'école obligatoire à l'université, en passant par le niveau secondaire. Tout cela est d'ailleurs lié. Pour que le romanche, qui est aujourd'hui une discipline de maturité reconnue, soit correctement enseigné au niveau secondaire, il faut que des enseignants puissent être formés en langue et littérature romanches dans nos universités. Et c'est là que la situation est inquiétante. Le canton des Grisons n'étant pas universitaire, les étudiants doivent se rendre dans d'autres cantons pour y suivre leur formation. A l'heure actuelle, trois universités proposent des cours de romanche: Genève tout d'abord, qui ne propose qu'une sorte de sensibilisation à la langue pour des débutants, et non pas pour des rhéto-romanophones; ce sont donc surtout les universités de Zurich et de Fribourg qui jouent un rôle essentiel. Mais l'avenir de cette formation est malheureusement incertain. A Fribourg, le professeur chargé de cet enseignement prendra prochainement sa retraite et on parle parallèlement d'une baisse des moyens alloués à l'enseignement de cette branche, voire d'une réduction du nombre d'heures d'enseignement.
Tout cela doit nous inquiéter. La Confédération doit prendre ses responsabilités pour soutenir le romanche, cette langue propre à la Suisse et qui a une importance culturelle et sociétale égale aux autres langues de notre pays. La motion, par laquelle on demande au Conseil fédéral d'assurer, en collaboration avec les cantons, qu'une formation en romanche soit proposée dans nos universités, est donc capitale.
En outre, l'enseignement du romanche dans nos universités est également primordial pour les médias d'un côté, et pour les administrations cantonale et fédérale de l'autre.
La commission a soutenu, à l'unanimité, la motion. Après la CSEC du Conseil des Etats, le Conseil des Etats et la CSEC de notre conseil, nous vous invitons à adopter cette motion.