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Hodgers Antonio · Nationalrat · 2012-05-31

Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2012-05-31

Wortprotokoll

Monsieur Maire, je vous comprends parfaitement. En tant que Genevois, nous vivons exactement la même situation: nous avons 250 000 mouvements frontaliers chaque jour à Genève. Et lorsque les Genevois veulent développer des trams, puisque Genève est un tout petit canton, on est tout de suite à la frontière française de part et d'autre - Genève a plus de 80 pour cent de sa frontière avec la France et beaucoup moins avec la Suisse. On retrouve le même problème que celui que vous évoquiez, à savoir la pénurie de financement du côté français pour faire le raccordement.

Il n'y a pas de solution idéale par rapport à cela. Mais une chose est sûre, c'est que si, du côté suisse, on investit dans des routes, c'est un signal pour les Français, qui revient à dire aux frontaliers qui viennent travailler chez nous: "Venez en voiture, on vous construit les infrastructures pour que vous puissiez le faire." Vous internalisez donc en quelque sorte en Suisse le manque de transports publics du côté français, que l'on connaît à Neuchâtel, que l'on connaît du côté genevois.

Il s'agit d'un long processus de pressions. Nous-mêmes, les Genevois, avons pu obtenir le CEVA en 2010, c'est-à-dire la concrétisation d'une convention signée en 1912! Il a fallu un siècle pour concrétiser une convention au sujet d'une ligne transfrontalière. Tout cela pour vous dire qu'il n'y a pas de solution miracle, mais qu'il y a une attitude à avoir, qui est la suivante: les Français ne peuvent pas continuellement se reposer sur les Suisses pour compenser leurs lacunes en matière de transports publics.