AB 125399
Schneider-Ammann Johann N. · Bundesrat · Bern · 2012-06-11
Wortprotokoll
L'autorisation d'un produit phytosanitaire peut faire l'objet d'une réévaluation en tout temps lorsque de nouvelles évidences scientifiques permettent de penser que les exigences ne sont plus respectées. En cas de nécessité, des restrictions d'utilisation du produit peuvent être ordonnées; si cela n'est toujours pas suffisant, l'autorisation peut être retirée.
Les informations publiées dans la revue "Science" font actuellement l'objet d'une évaluation par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Il s'agit notamment d'apprécier si ces études sont représentatives du risque auquel les abeilles sont confrontées dans les conditions pratiques d'utilisation du produit. Cette évaluation permettra de déterminer si de nouvelles restrictions d'utilisation doivent être ordonnées. Les avis émis par des services d'évaluation européens seront également pris en compte.
Les conditions d'utilisation des produits phytosanitaires sont fixées de telle manière que leur utilisation ne présente pas de risque inacceptable pour l'environnement, y compris pour les abeilles. Ces conditions doivent être respectées par les utilisateurs. Si ces conditions ne sont pas respectées, on peut s'attendre à des effets négatifs pour l'environnement en général et les abeilles en particulier.
Dans le cas mentionné dans la plaine du Rhône, l'enquête est en cours. Nous savons déjà qu'un insecticide à base de thiametoxam est à l'origine de l'intoxication de 88 colonies. Dès que les circonstances exactes auront été établies, l'OFAG évaluera si les conditions d'utilisation du produit concerné doivent être adaptées. A noter que ces intoxications sont sans commune mesure avec les pertes exceptionnelles de 100 000 colonies d'abeilles enregistrées l'hiver passé. Selon les experts du Centre de recherche apicole d'Agroscope, ces pertes hivernales sont liées à la virulence du parasite varroa. Les phénomènes de mortalité élevée des abeilles observés depuis plusieurs années en Europe sont suivis avec attention par le Conseil fédéral. Ce dernier vient de décider de soutenir financièrement la mise sur pied d'un Service sanitaire apicole national qui devrait également contribuer à mieux saisir les raisons de ce phénomène.