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Hêche Claude · Ständerat · 2012-06-01

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-01

Wortprotokoll

Il y a deux éléments que je souhaiterais mettre en avant dans ce débat, parmi tous ceux qui ont été développés.

Tout d'abord, la liberté et la responsabilité personnelles ne sont à mon sens pas des arguments suffisamment recevables lorsqu'on parle de prévention. Dans ce domaine, il s'agit justement de prendre comme point de départ ce qui peut représenter un écueil pour atteindre le plus grand nombre. N'oublions pas qu'il y a en outre encore une part importante des problèmes de santé qui relèvent du domaine de l'aléatoire - on pourrait même dire de l'injustice.

Mais il y a aussi de plus en plus de problèmes de santé qui résultent des conditions de travail et parfois de comportements inadéquats. Il ne s'agit pas d'irresponsabilité, mais d'obligations à remplir et également - il faut le dire très ouvertement -, d'attitudes acquises tout au long de la vie qui sont difficiles à perdre. En matière de prévention, il faut agir à la racine et chez des personnes qui n'ont pas encore pris le mauvais pli.

Finalement, sur cette question de liberté individuelle - notre collègue Verena Diener Lenz l'a rappelé tout à l'heure - je serai toujours libre de suivre ou de ne pas suivre les recommandations d'une campagne de prévention. Je vous donnerai un simple exemple: celui des infirmières scolaires qui passent dans les écoles. Les discours récurrents des parents sur les bienfaits des fruits et des légumes sont une bonne chose; mais pour un enfant, le fait de devoir montrer son goûter et que celui-ci soit catégorisé "adapté" ou "non adapté", dans un langage qui lui parle, vaut tous les discours du monde: le message est passé, il a été relayé à la maison et la pyramide alimentaire ne fait plus partie de la théorie, mais bien de la pratique. En ciblant, dans les écoles - pour cet exemple -, on touche véritablement toutes les couches de la population, attentives ou non à leur santé, avec ou sans les moyens de manger sainement. La prochaine étape de prévention dans ce domaine consiste à rendre les produits sains aussi accessibles financièrement que les autres.

Le deuxième élément est l'investissement dans la prévention. En poussant un peu, on peut dire que l'homme est un outil de production. Cet "outil" a une valeur essentielle dans l'entreprise et en prendre soin relève de l'investissement. Lui donner les moyens d'être opérationnel, c'est prendre soin de sa santé et se garantir ainsi une productivité et une efficacité plus importante. Ne pas prendre soin de la santé du personnel, c'est prendre le risque de gripper le système, et le coût économique est non négligeable.

Une grande partie des maux de dos est due à des mauvaises postures, des mouvements inadaptés, ou un manque de musculature. Et le coût est exorbitant: il est chiffré à 4 milliards de francs pour le marché du travail en Suisse. Si des mesures sont prises rapidement pour limiter les risques de douleurs dorsales, l'économie serait sans doute substantielle au niveau de l'absentéisme et des frais médicaux.

L'homme et son corps sont un bien qu'il faut garder en santé, dans un but qui peut aussi être économique. Ces campagnes de prévention ont évidemment un coût, mais les fruits en seront récoltés rapidement, en particulier - j'insiste sur ce point - si elles sont coordonnées au niveau intercantonal et national, et les cantons sont d'accord avec cela.

Pour ces quelques raisons, je vous invite à soutenir l'entrée en matière.