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van Singer Christian · Nationalrat · 2012-12-11

van Singer Christian · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-12-11

Wortprotokoll

Je ne répéterai pas ce que j'ai dit tout à l'heure. En deux mots, l'obligation de servir n'existe plus dans les faits. Il n'y a même pas 20 pour cent des jeunes en âge de servir qui servent leur pays militairement aujourd'hui. Et les raisons mêmes qui nous obligeaient à avoir une armée de masse n'existent plus. L'armée d'aujourd'hui se prépare à affronter des risques qui n'existent plus. Le monde a changé; le mur de Berlin est tombé et ce n'est pas demain que nous utiliserons nos avions de combat, nos chars, et toute l'organisation actuelle de l'armée, pour affronter des risques réels.

Mais des risques, il y en a! On doit avoir un corps capable d'affronter des actes de terrorisme, capable d'intervenir en cas d'événements naturels - mais il n'est pas nécessaire que ce soit l'armée -, qui soit au service de la population. En outre, il est important que tout jeune, qu'il soit Suisse ou étranger, puisse rendre à un moment donné service à son pays, mais pas forcément sous forme de service militaire. Il est essentiel que ceux qui veulent servir militairement le fassent, mais que ceux qui estiment qu'ils peuvent être utiles à leur pays autrement - par un service dans un home médicalisé, par un service à l'environnement, comme sapeurs-pompiers, dans un corps d'aide en cas de catastrophe, ou d'autres façons encore - puissent le faire différemment, sans être pénalisés.

A partir de là, il serait hautement souhaitable que la proposition von Graffenried ou, à défaut, la proposition de la minorité Hiltpold, soit acceptée. L'une ou l'autre permettraient à notre armée d'évoluer. Elles permettraient de changer de paradigme, de ne plus continuer à se dire qu'on a besoin de 100 000 hommes, sans même savoir pourquoi!

On attend toujours une vision de l'armée de la part du Conseil fédéral, une vision qui nous explique à quoi sert cette armée. Qu'il nous décrive quels dangers elle doit affronter! On attend toujours, en vain.

On aimerait que cela ne soit plus une petite minorité de citoyens suisses, même pas le cinquième des jeunes en âge de servir, qui fassent du service militaire. On aimerait que tous les jeunes établis en Suisse puissent rendre un service au pays de la façon qu'ils jugent la meilleure; ils seraient volontaires, ce serait bien plus efficace. Mais pour l'instant, malheureusement, il y a bien peu d'échos à ces propositions intelligentes. J'espère qu'il aille en grandissant, si ce n'est pas aujourd'hui, du moins ces prochaines années.

Comme je l'ai déjà dit, si la proposition von Graffenried ou la minorité Hiltpold n'obtient pas la majorité aujourd'hui, je vous invite à accepter l'initiative.