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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2001-06-19

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-06-19

Wortprotokoll

Contrairement aux dangers invisibles et fort aléatoires qui ont été brandis lors de nos récents débats sur l'armée, cette initiative en faveur d'un service civil volontaire pour la paix nous permet d'appréhender très concrètement et de manière dynamique notre politique de sécurité et, surtout, notre volonté, affirmée à maintes reprises dans ce Parlement, d'un engagement effectif en faveur de la paix.

Nous pouvons aussi et d'emblée manifester notre étonnement devant le peu de soutien effectif, au-delà de la sympathie que cette initiative semble susciter, à en juger par la position du Conseil fédéral et le vote de la commission, alors même que ceux qui s'y opposent nous ont vanté la nécessité pour la Suisse d'avoir des actions concrètes en matière de solidarité internationale en faveur de la paix. Certes, quand on est responsable d'une armée, des soldats sont toujours préférables à des civilistes. Il n'empêche qu'une politique d'engagement pour la paix crédible et efficace se doit désormais d'entrer dans une autre logique dynamique, moderne, constructive, respectueuse des aspirations de la population consciente de l'évolution de l'environnement géopolitique et socioéconomique à l'intérieur duquel elle est amenée à prendre place et à se développer.

Que demandent les auteurs de l'initiative et ses signataires? Une véritable politique, une politique active en faveur de la paix, une politique de la paix qui ne soit pas pieds et poings liés à notre armée, une politique de la paix structurée, avec des objectifs et des moyens au service de la prévention des situations de violence, de la résolution pacifique des conflits, de la reconstruction sociale. Attention, ce ne sont pas de simples utopies! Il s'agit bel et bien d'une approche complémentaire d'une politique globale et cohérente de sécurité. Pour y parvenir, une approche nouvelle doit être mise en oeuvre par des personnes compétentes, motivées, dûment formées au même titre que d'autres conçoivent l'armée.

Or, entrer pleinement dans une telle démarche est illusoire, dans l'esprit du service civil actuel. On ne peut fonder cette action ambitieuse sur des personnes qui ont "à rendre crédible un conflit de conscience" et qu'on considère d'abord [PAGE 808] comme étant au purgatoire de l'armée. Non, le service civil n'est pas le pardon inhérent au refus d'une logique de guerre. Le service civil est un choix de participer et de s'engager pour la solidarité nationale et internationale par une contribution spécifique et constructive.

Dans cette perspective, l'on doit considérer que l'existant n'est qu'une demi-mesure inscrite dans la prédominance du courant de l'objection de conscience, passant par l'évaluation de la conscience par des commissions ad hoc, sortes d'instruments au service de la dépénalisation. On ne saurait se satisfaire d'un vision aussi étriquée, restrictive et dépassée; on ne saurait se satisfaire de pratiques parfois humiliantes pour la personne soumise au verdict de celles et ceux qui la jugent purement et simplement.

Pour ces raisons, il importe d'être cohérent. Assumons notre volonté d'engagement en faveur de la paix sans détour et surtout sans interprétation abusive du texte de l'initiative. Qu'il s'agisse du Conseil fédéral ou de la majorité de la commission, on joue quelque peu sur les mots; on se contente d'une analyse de texte pointilleuse, éludant malheureusement les vraies questions et les vrais enjeux. Cette partie de cache-cache politique est sans relation avec les véritables objectifs de l'initiative qui se veulent ambitieux, inscrits dans un esprit d'ouverture et de solidarité. Une politique de sécurité doit par conséquent concrétiser ces valeurs par des actes.

Soutenons ainsi cette initiative pour aller dans ce sens.