Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2012-11-27
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-11-27
Wortprotokoll
J'ai déposé trois propositions de minorité: une pour l'aide aux pays de l'Est, une pour la coopération économique au développement et une pour la coopération économique avec les Etats d'Europe de l'Est. Elles demandent une limitation des augmentations prévues par le Conseil fédéral dans le budget 2013.
L'aide aux pays de l'Est est destinée à promouvoir et à renforcer l'Etat de droit, le respect des droits de l'homme, la démocratie et la formation. Ces changements de mentalité et de politique doivent sans cesse être encouragés. Par mon amendement, je ne conteste en aucune manière les bienfaits et la pertinence de cette aide; comprenez-moi bien! Mais passer de 108 millions de francs dans le budget 2012 à 129 millions dans le budget 2013, cela dépasse certaines limites du possible et de l'interventionnisme - même en action préventive. Alors que les aides alimentaires en céréales et produits laitiers - produits vivriers - stagnent pratiquement, cette position augmente de plus de 18 pour cent ou de 20 millions de francs. La raison invoquée est qu'on a décidé de porter l'aide au développement à 0,5 pour cent du PIB. Mais restons réalistes: il est utopique de vouloir, en augmentant les moyens financiers de manière démesurée, changer en une année les différentes mentalités politiques de ces pays.
Pour le groupe UDC, l'augmentation de cette rubrique de 20 millions de francs est trop rapide et difficilement contrôlable, surtout dans les pays présentant une certaine instabilité politique. Il faut continuer à accorder cette aide, elle doit augmenter de manière progressive pour ne pas pénaliser les projets en cours ainsi que ceux en préparation. Cela n'est pas contesté. Vous pouvez constater que ma proposition demande une augmentation de 8 millions de francs supplémentaires par rapport au budget 2012 et de 12 millions de francs supplémentaires par rapport aux comptes 2011.
Pour ce qui concerne la coopération économique au développement, mes propositions ne contestent pas du tout la coopération économique dans son ensemble, mais visent également à ramener son augmentation à des proportions plus que raisonnables par rapport aux autres positions de ce budget 2013, comme je l'ai affirmé dans le débat d'entrée en matière.
L'augmentation prévue sera difficile à utiliser de manière efficiente, car dans certains pays une certaine instabilité politique complique parfois les choses. C'est le cas par exemple au Burkina Faso, où la Suisse, par le biais de la Direction du développement et de la coopération, a déboursé 2 millions de francs pour un abattoir et une gare routière. Et dans sa réponse à mon interpellation 12.3364 concernant l'avenir de la gare routière de Ouahigouya, inutilisée par la compagnie locale, le Conseil fédéral explique que des événements sociopolitiques survenus au Burkina Faso, des divergences apparues entre leaders syndicaux, ainsi que l'altération de la santé du maire de Ouahigouya, avaient remis en cause le consensus qui avait été discuté lors de cette construction.
Je ne veux pas faire une généralité de cet exemple, mais inciter à la prudence vis-à-vis de certains investissements faits dans ce cadre et, surtout, éviter une précipitation dans ces investissements, en maintenant les montants, en les augmentant régulièrement, mais pas de manière importante, comme c'est le cas dans ce budget 2013. Pour le budget 2014, des coupes à hauteur de 118 millions de francs devront être faites dans ce qui deviendra le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche, comme annoncé par les services compétents, coupes qui toucheront l'agriculture, la formation, le logement et l'innovation.
Je vous propose donc d'accepter ces trois amendements, qui permettront déjà de limiter une partie des coupes prévues pour 2014.