Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2012-03-13
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2012-03-13
Wortprotokoll
La détention de dauphins captifs en Suisse, pays de lacs et de montagnes, est une aberration. Non seulement elle est coûteuse en vies animales, mais elle ne contribue en rien à une meilleure connaissance des cétacés et encore moins à la protection des espèces en milieu naturel. On peut aussi s'imaginer que nous trouvions d'autres moyens de nous amuser pendant nos week-ends et nos vacances que le spectacle d'animaux dans un bassin bien trop petit pour eux.
Actuellement, 286 orques et dauphins sont détenus dans les 34 delphinariums de 14 Etats membres de l'Union européenne. La Grande-Bretagne, comme d'autres pays européens, a définitivement banni la détention de dauphins et baleines. Quant aux autres pays, ils n'ont pas de delphinariums.
En Suisse, il ne subsiste plus qu'un delphinarium, Connyland. Pour rappel: huit dauphins sont morts en trois ans dans ce parc d'attractions, sans compter les nombreux autres dauphins morts depuis la création du parc en 1983, ce qui représente un taux de mortalité exceptionnel et inadmissible. A ce jour, il reste encore trois dauphins captifs dans ce parc. Contrairement aux animaux de zoo, les dauphins de Connyland sont montrés dans le cadre de spectacles où l'on exige d'eux des comportements anthropomorphiques qui n'ont rien de naturel et qui, de surcroît, sont accompagnés de musique assourdissante. Toute émission sonore leur est douloureuse, car elle se répercute sur les parois alors que leur ouïe est dix fois développée que celle de l'homme. Au bruit de la musique des spectacles s'ajoute celui incessant des pompes. Ce type de spectacle en musique sans valeur éducative va même à l'encontre des recommandations de l'Association européenne des mammifères aquatiques, organisation pourtant procaptivité.
En liberté, les cétacés sont toujours en mouvement, même durant leur phase de repos. Un dauphin fréquente une zone d'habitat d'environ 300 kilomètres et peut parcourir plus de 1000 kilomètres en vingt jours. En milieu naturel, les dauphins passent moins de 10 à 20 pour cent de leur temps à la surface, alors que les bassins de détention, même grands, contraignent ces animaux à tourner indéfiniment en cercle et uniquement en surface. Même un poisson rouge dans un aquarium a plus d'occupations avec ses cailloux et ses coraux qu'un dauphin.
A Connyland, comme ailleurs, le taux de reproduction des cétacés en captivité est très bas par rapport au taux de reproduction à l'état sauvage. De nombreuses études scientifiques ont d'ailleurs démontré l'échec significatif des tentatives de reproduction en delphinarium, ce que confirme même l'Association européenne des zoos et aquariums. Par conséquent, le maintien en activité d'un delphinarium comme Connyland rend nécessaires les captures de dauphins en milieu sauvage. D'ailleurs, l'Office fédéral vétérinaire a même confirmé que les derniers dauphins importés en Suisse pour Connyland avaient été capturés dans leur milieu sauvage aux Etats-Unis et à Cuba.
Afin que ma proposition ne touche que les dauphins et les baleines et pas les otaries, Monsieur le président, je retire ma proposition de minorité au profit de ma proposition individuelle.
Ceci vous montre, Madame Riklin, que l'objectif n'est pas d'interdire les animaux dans les zoos dont la détention peut se faire dans de bonnes conditions, mais de toucher uniquement la détention des dauphins. Il n'y a aucune raison scientifique, écologique ou pédagogique de détenir des dauphins: de nos jours, il me semble que nous avons d'autres moyens de nous amuser que d'aller voir des dauphins faire des flip-flap devant nous. Ghandi ne disait-il pas que l'on reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux?
Merci de faire preuve d'un peu d'humanité et de soutenir ma proposition.