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Langenberger Christiane · Ständerat · 2001-06-06

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-06-06

Wortprotokoll

Je souhaite également appuyer la motion Plattner. Je partage certes l'opinion de ceux qui, tout en se réjouissant du bon résultat du compte d'Etat 2000, demandent à ce que l'on se montre très prudent par rapport aux nouvelles convoitises, sachant que notre quote-part fiscale a augmenté et que la montagne de nos dettes s'est encore élevée pour atteindre le niveau de 108 milliards de francs.

Mais il y a tout de même des exceptions à prévoir, notamment dans des domaines qui représentent un investissement évident pour l'avenir, soit la formation et la recherche. Or, je dois vous dire que je sens dans le canton de Vaud aussi un profond découragement parmi bien des professeurs, des corps intermédiaires, des chercheurs, ceci pour plusieurs raisons.

Peut-être avons-nous trop tiré sur la corde en demandant sans cesse à la recherche de répondre aux besoins à court terme de l'économie et de la rentabilité immédiate. La décision en décembre dernier d'écarter tous les projets de pôles de recherches et les sciences sociales, reconnus comme scientifiquement excellents par des experts internationaux, a aussi suscité une vague d'incompréhension.

Or, les sciences humaines et sociales disposent de peu de ressources. Il ne s'agit nullement ici de jouer les sciences les unes contre les autres, mais de constater un déséquilibre qui tente à s'installer.

Il n'est pas question de le faire sur le dos des EPF. Affaiblir deux écoles qui sont le fleuron de la recherche dans des domaines d'avenir serait évidemment coupable. Mais il s'avère que le nombre d'étudiants ne cesse de croître dans les disciplines des sciences humaines, sentant bien que nous allons aussi vers une société qui sera, davantage que par le passé, centrée sur le développement humain dans ses dimensions individuelles et collectives.

L'économie recrute d'ailleurs largement dans ce secteur, qui permet de comprendre le fonctionnement des organisations humaines et des entreprises et met à disposition des savoirs spécifiques nécessaires aux entreprises.

Nous savons que nos pays voisins et les Etats-Unis ont massivement investi dans le domaine de la formation, ceci même en temps de récession, alors que c'est toujours l'excuse que nous avons pour dire que nous avons dû économiser.

Il est essentiel, aujourd'hui comme demain, que nous nous donnions les moyens de nos ambitions et que la Confédération soutienne de manière accrue nos universités. Nous ne pouvons pas nous laisser prendre le marché de la précision, qui tient du court et du long terme.

Le Conseil fédéral a certes promis d'augmenter les ressources, en particulier des universités cantonales, pour la période 2000-2003. Il se réfère d'autre part à la période 2004-2007 pour éventuellement créer des instruments légaux visant à donner plus d'autonomie aux universités et il ne veut pas pour l'instant se prononcer sur une augmentation des crédits futurs. Mais ne risquons-nous pas de perdre un temps précieux en adoptant cette position si prudente, alors que nous reconnaissons avoir pris beaucoup de retard dans nos mesures de soutien, notamment précisément dans la recherche fondamentale et l'enseignement?

C'est la raison pour laquelle je soutiens l'idée de cette motion, même si, selon la philosophie de cette Chambre, elle ne semble pas tout à fait adéquate. Mais M. Plattner a donné une possibilité de trouver une solution par l'attribution à mi-chemin de ces montants.

C'est la raison pour laquelle je tiens à cette motion.