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Berberat Didier · Ständerat · 2012-06-11

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-11

Wortprotokoll

Je constate en tout cas que le débat ne laisse personne indifférent, ce qui est réjouissant. Je suis favorable à l'initiative parlementaire Jenny, dans la mesure où - ce qui a déjà été relevé par bon nombre de personnes - il y a un légitime souci de transparence que l'on doit avoir envers la population qui a des attentes à ce sujet, on le sait. On ne doit pas courir après l'opinion publique, mais je pense que dans ce pays, il y a une grande majorité de la population - sans qu'on lui pose la question - qui serait favorable à l'idée d'une transparence des votes. On doit en tenir compte. En ce qui me concerne, je n'ai jamais critiqué le fonctionnement de notre conseil, dans lequel je me sens fort bien, et ce n'est pas pour moi une question partisane, même si, effectivement, une partie des personnes qui sont favorables à l'initiative demandent depuis très longtemps ce genre de choses, même durant la campagne électorale de l'année passée.

En ce qui me concerne, je n'ai aucun problème à assumer mes votes, parce que j'ai l'habitude de le faire. Dans cette salle, nous sommes 18 à avoir fréquenté assidûment le Conseil national avant de venir dans ce conseil: nous en avons donc l'habitude. De toute manière, on ne peut pas prétendre que jusqu'à présent on ne peut absolument pas savoir qui a voté quoi. En se donnant un peu de peine, on arrive à peu près à savoir qui a voté quoi, dans la mesure où - cela a été rappelé - des caméras balaient la salle. Des organisations très bien structurées contrôlent ce que nous faisons. Je vous donne un exemple: lors de la discussion portant sur la sortie du nucléaire, alors que nous nous trouvions dans la salle 301, une organisation avait examiné avec attention ce que chacun de nous votait, parce qu'il suffit de se répartir la salle en trois ou quatre parties pour arriver à peu près à savoir ce qu'il en est. Donc, le secret du vote n'est pas garanti. De plus, Monsieur Lombardi a dit que c'était une question de cohérence et qu'avec le vote électronique, si on changeait d'avis trois ans après, on risquait de nous le reprocher. Je ne pense pas que les journalistes prennent la peine d'aller regarder ce que les parlementaires ont voté trois ans auparavant; cet argument, à mon avis, ne tient donc pas la route.

Monsieur Cramer a dit que l'on ne pouvait pas simplement réduire la prise de position politique en appuyant sur un bouton. Fort heureusement, on ne peut pas le faire et, contrairement au Conseil national, nous pourrions presser sur un bouton, mais nous pourrions aussi nous exprimer avant, et c'est réjouissant. Nous pouvons donc faire les deux.

A mon avis, le vote électronique ne va faire disparaître ni les spécificités et les traditions, ni la culture politique du Conseil des Etats. Je ne crois pas que le Conseil des Etats deviendra en quelque sorte un mini-Conseil national. Nous sommes attachés à l'indépendance face aux partis, à la collégialité, à la recherche du compromis, à l'écoute de l'autre, à la culture du dialogue, et je pense que malgré tout, cette nouveauté technique n'induira pas les effets pervers ou catastrophiques que certains ont brossés tout à l'heure.

J'ai vraiment l'impression que c'est une question de modernité. C'est aussi une question de transparence face aux électrices et aux électeurs. En effet, vous le savez, nous représentons bien entendu non seulement des cantons, mais aussi un peu les partis politiques - on n'insiste pas trop à ce sujet, mais on représente aussi des partis politiques, et vous le savez aussi. Si vous lisez la presse, vous voyez très bien que la presse titre "La majorité de droite du Conseil des Etats a décidé telle et telle chose", "Une minorité rose-verte a proposé cela". On sait donc déjà à peu près quels sont les rapports de force dans ce conseil. Il ne faut donc pas se voiler la face et il faut faire un pas supplémentaire et donner suite à l'initiative.