AB 134269
Lombardi Filippo · Ständerat · Tessin · Fraktion CVP-EVP · 2012-06-11
Wortprotokoll
Es ist schon viel gesagt worden. Herr Jenny hat am Anfang der Debatte gesagt, er hoffe, dass man hier nicht parteipolitisch abstimme. Das ist gerade der Vorteil unseres Systems: Es ermöglicht und fördert sogar die Unabhängigkeit der Ständeräte gegenüber ihren Parteien; aber es wirkt auch gegen den medialen Druck. Ich bin ja selber Journalist. Was interessiert die Medien - mit löblichen Ausnahmen - am meisten? Ist es die Qualität unserer Debatten, sind es die Argumente der verschiedenen Seiten? Nein, meistens sind die Spaltungen das Interessanteste. Man kann sagen: Dieser hat gegen seine Partei, gegen seine Fraktion, gegen seinen Bundesrat gestimmt. Das interessiert am meisten. Oder: Wer hat anders gestimmt als noch vor einem Jahr, hat er seine Meinung geändert, woher kommt das?
Es ist nicht ein Problem der Tradition. Aber unser Verhalten würde sich verändern, wir würden darauf achten, ob wir es wollen oder nicht. Darunter würde unsere Diskussionskultur leiden. Jetzt sind wir gewohnt, den Konsens zu suchen, den anderen zuzuhören, was im Nationalrat kaum der Fall ist. Jetzt sind wir bereit, aufgrund der Qualität der Debatte unsere Meinung zu ändern, Brücken zu bauen, Kompromisse zu finden, auch wenn unsere Partei oder unser Bundesrat anders denkt.
C'est bien cela, c'est précisément l'intérêt public, Monsieur Comte, que nous devons protéger; ce n'est pas le fait que l'on ne sache pas ce que l'un ou l'autre a voté. Mais c'est la méthode qui nous permet d'essayer de toujours trouver un consensus - on ne le trouve pas toujours -, ou en tout cas une majorité qui aille au-delà des frontières naturelles qui seraient les nôtres si nous étions enfermés dans une logique du type de celle du Conseil national. C'est précisément cette recherche du consensus qui fait qu'à la fin il n'est pas important de savoir ce que l'un ou l'autre d'entre nous a voté; ce qui importe, c'est bien de savoir comment le collège, le Conseil des Etats, s'est prononcé, comment son opinion s'est développée - éventuellement d'une année à l'autre, d'un passage entre les chambres à l'autre. C'est la maturation de l'opinion du conseil dans son ensemble qui est importante, plus que le vote individuel de l'un ou l'autre de ses membres.
Monsieur Stöckli avoue ne pas se souvenir nécessairement de ce qu'il a voté deux ans auparavant: mais c'est justement ce qui nous fait du bien! C'est le fait que l'on puisse être sensible à l'argumentation qui est développée dans le débat ici sans être bloqué par ce qu'on a voté il y a trois ans, de sorte que maintenant, par cohérence, il faut continuer à voter comme cela et ne surtout pas changer d'opinion - c'est très grave d'oser changer d'opinion devant les médias!
Dès lors, si nous introduisons ce principe, nous allons évidemment affaiblir la culture du dialogue qui est la nôtre, c'est-à-dire le fait que nous sommes disposés à écouter les autres, à rechercher le consensus, à construire des ponts et à nous déterminer en fonction de la situation et de la discussion actuelles et pas nécessairement en fonction d'une position prise il y a des années par quelqu'un d'autre ou par nous-mêmes.
Il nous faut donc sauver cette culture, qui est plus qu'une culture: c'est une méthode, qui nous permet d'obtenir des résultats et d'être, dans le paysage politique de ce pays, un instrument essentiel, irremplaçable et différent des autres, qui justement pour cela, grâce au maintien de la capacité de dialogue et de construction dans ce pays, obtient des succès importants.