John-Calame Francine · Nationalrat · 2012-02-29
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2012-02-29
Wortprotokoll
Les Verts ont pris connaissance avec intérêt du rapport sur la politique économique extérieure 2011.
Nous partageons l'avis du Conseil fédéral que l'économie de notre pays résiste plutôt bien à la crise actuelle. Cela est [PAGE 72] certainement dû au fait que nous comptons de nombreuses PME dynamiques, un tissu industriel suffisamment diversifié et aussi des entreprises qui fabriquent des produits de grande qualité et à la pointe de la technologie.
Cette crise touche néanmoins plusieurs secteurs et la force du franc reste un handicap pour le tourisme et les exportations, ce qui ne manque pas d'affecter les bénéfices enregistrés par certaines entreprises, surtout celles qui exportent principalement vers la zone euro et les Etats-Unis. Cette situation ne manquera pas de maintenir une forte pression sur notre économie si la situation perdure encore quelques années. Le marché du luxe et l'horlogerie semblent pour le moment échapper à cette tendance, car leurs principaux marchés se situent en Asie et dans les pays émergents, ce qui nous réjouit.
Nous avons aussi pris note que le Conseil fédéral entendait utiliser l'accord sur l'électricité pour aborder les questions institutionnelles en suspens avec l'Union européenne, qui est aussi notre principal partenaire commercial. La politique énergétique de la Suisse revêt une importance majeure, car elle est dépendante de l'UE et le projet de traversée d'une ligne à très haute tension à travers notre territoire doit rester un objectif prioritaire. Nous souhaitons sincèrement bonne chance au Conseil fédéral dans cette démarche et nous espérons qu'il réussira dans sa difficile mission.
Les Verts sont en effet nettement moins optimistes que le Conseil fédéral quant à un assouplissement de la position de l'UE, car les Bilatérales sont en panne depuis 2008 et les problèmes liés à la fiscalité ne sont pas encore réglés, malgré les accords RUBIK signés avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. De plus, bien que faisant partie des objectifs de la précédente législature, nos contacts avec l'Italie ne se sont pas encore améliorés, rien n'a bougé et les relations transfrontalières restent toujours aussi tendues. Nos contacts avec l'UE sont toujours cordiaux, mais le résultat des négociations se fait attendre et le ciel n'est pas prêt de s'éclaircir. Cette situation risque d'ailleurs de se péjorer encore, car les prochaines votations sur la libre circulation des personnes et son étendue à la Croatie risquent de nous réserver de drôles de surprises. En effet, le résultat n'est de loin pas garanti, même dans les cantons qui jusqu'ici ont toujours soutenu la voie bilatérale.
L'accès aux ressources naturelles est aussi devenu de plus en plus difficile, vu la demande croissante des pays émergents, et plus particulièrement de la Chine.
Les équilibres à trouver entre les différents pays acquéreurs qui sont en concurrence et les pays fournisseurs risquent d'engendrer de nouvelles tensions, voire de nouveaux conflits. Pour un pays aussi pauvre que la Suisse en ressources naturelles, il devient essentiel de mettre en place une économie tournée vers la récupération et la valorisation des matériaux devenus déchets, car, comme le souligne le rapport, il devient toujours plus compliqué de fournir ces matières premières à nos industries.
Le groupe des Verts pense encore et toujours qu'une économie globalisée doit être encadrée. Il faut donc prévoir un cadre normatif exigeant que les droits humains, ainsi que des normes sociales et environnementales minimales soient respectés dans les pays avec lesquels nous signons des accords. Ces normes doivent devenir les prérequis à toute négociation d'un nouvel accord de libre-échange et le groupe des Verts incite aussi le Conseil fédéral à intervenir auprès de l'OMC pour que des dispositions en ce sens soient introduites dans sa réglementation.
Afin de mettre en oeuvre une politique économique cohérente avec les valeurs que les Verts défendent, notre groupe soutiendra les différentes minorités concernant les accords avec Trinité-et-Tobago, le Kosovo et le Tadjikistan, pas uniquement pour des raisons sociales et environnementales, mais aussi pour les problèmes que nous posent les transferts de capitaux, car ces pays connaissent une corruption endémique. Si les minorités ne sont pas acceptées, alors ces accords seront rejetés par notre groupe.
Par contre, le groupe des Verts acceptera tous les autres accords proposés et prendra acte de ce rapport.