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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2013-11-27

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2013-11-27

Wortprotokoll

Le groupe des Verts soutient l'initiative sur les salaires minimums. Les opposants à cette initiative la rejettent parce qu'ils souhaitent une faible intervention de l'Etat. Les Verts vous proposent de l'accepter exactement pour la même raison.

C'est en effet surtout la situation actuelle qui suscite un interventionnisme excessif de l'Etat. Aujourd'hui, un salarié sur dix gagne moins de 4000 francs par mois, ce qui correspond à plus de 400 000 personnes. Nous devons le concéder, un salaire de moins de 4000 francs par mois permet vraiment difficilement de vivre dignement. Dès lors, c'est l'Etat qui est condamné à intervenir moyennant des dépenses importantes, que ce soit pour financer des logements à loyer modéré ou pour payer les assurances des ménages qui ne peuvent y parvenir.

Ce faisant, l'Etat cautionne d'une certaine manière les entreprises ayant les politiques salariales les plus inéquitables, en apportant des compléments aux salaires insuffisants qu'elles versent, ceci au détriment des entreprises qui assument, elles, leur responsabilité sociale. Ce phénomène place des dizaines de milliers de personnes qui pourtant travaillent dans des situations de dépendance vis-à-vis de l'Etat.

Les Verts veulent favoriser l'autonomie des personnes et réduire le nombre de celles qui sont contraintes de solliciter des soutiens de la part de l'Etat. Si l'on souhaite limiter l'interventionnisme de ce dernier, il faut que les acteurs économiques eux-mêmes prennent leurs responsabilités. Pour les entreprises, cela signifie notamment payer correctement les employés. L'initiative sur les salaires minimums y contribuerait, et c'est dans ce sens que nous la soutenons.

Cette initiative n'est certainement pas un frein à la compétitivité de la Suisse. Le goût du travail, le sens de l'engagement et la fiabilité de ses collaborateurs font la force de toute entreprise. Verser à un collaborateur un salaire qui ne lui permet pas de vivre constitue un manque de reconnaissance crasse envers les prestations qu'il fournit. Nous travaillons non seulement pour subvenir à nos besoins, mais aussi parce que nous avons besoin de mettre en oeuvre nos capacités et nos compétences professionnelles et d'être reconnus pour cela. Des salaires qui remettent en question ces aspirations légitimes ne peuvent constituer un système économiquement durable parce que ces salaires insuffisants minent les bases de l'engagement des employés, indispensable au succès des entreprises.

Définir un salaire minimum, c'est donc contribuer à responsabiliser les entreprises, à réduire les interventions de l'Etat, à favoriser l'autonomie des ménages et à renforcer l'engagement des collaborateurs. Les conventions collectives sont certes un bon instrument, mais nous avons besoin d'une impulsion supplémentaire.

Il est particulièrement nécessaire aujourd'hui de donner un signal positif à la population, alors que la question de la pression sur les salaires sera au centre des débats sur la poursuite des Bilatérales.