Berger Michèle · Ständerat · 2001-06-21
Berger Michèle · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-06-21
Wortprotokoll
C'est avec un très grand plaisir que je souscris pleinement à la volonté clairement affichée par le Conseil fédéral de voir notre pays adhérer à l'ONU avant la fin de la législature. Nous ne pouvons, en effet, ignorer la réalité du monde actuel, réalité qui n'est plus comparable à celle qui prévalait lors de la votation négative du peuple et des cantons sur le même objet, en 1986. Nous ne pouvons décemment aujourd'hui continuer à être un cas particulier, un "Sonderfall", face aux pays déjà membres de l'organisation.
En effet, comme le relève le message du Conseil fédéral, la Suisse est aujourd'hui le seul pays, avec le Saint-Siège, à ne pas avoir adhéré à l'ONU. Il y a là suffisance à vouloir continuer plus longtemps à faire cavalier seul. Il est temps que notre pays adhère à l'ONU sans restriction et, je l'espère, par la volonté de la très grande majorité de nos concitoyens. En quittant son siège d'observateur et en devenant membre à part entière de l'ONU, la Suisse pourra renforcer son influence. Elle pourra ainsi participer de plein droit et sur pied d'égalité avec les autres Etats membres aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU et des organisations qui en dépendent. Notre pays pourra mieux assurer sa présence, tout en s'engageant pour la promotion de la paix, de la solidarité et des droits, au sein de la communauté internationale.
J'aimerais rappeler, notamment à MM. Wenger et Jenny, qu'aujourd'hui déjà les relations entre l'ONU et la Suisse [PAGE 459] sont très intenses. La Suisse a fait l'expérience des alignements inévitables sur des mesures décrétées par l'ONU et de la marge que lui laisse l'affirmation non contestée de sa neutralité. Souvenons-nous des opérations en Bosnie et au Kosovo.
Quant au coût financier d'une telle adhésion, j'estime qu'il paraît supportable au regard des avantages considérables que notre pays retire d'ores et déjà de la présence des organisations internationales installées à Genève et de ceux qu'une telle adhésion aura nécessairement sur la place de la Suisse dans le concert des nations.
Je vous invite à dire haut et fort oui à l'initiative populaire "pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU". C'est ainsi que nous marquerons une politique d'ouverture et de participation nécessaire à l'avenir de notre pays.