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Berberat Didier · Ständerat · 2013-09-24

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-24

Wortprotokoll

Je souhaite simplement signaler que je suis favorable à l'initiative populaire, parce qu'elle est applicable et souhaitable, car des cantons ont déjà tenté l'expérience. Monsieur Hêche a cité le canton du Jura qui a récemment accepté une initiative dans ce sens. Le canton de Neuchâtel, que je représente, a aussi accepté une initiative sur les salaires minimaux par 55 pour cent des voix, le 27 novembre 2011, il y a donc bientôt deux ans.

J'ai assumé pendant dix ans, comme membre de l'exécutif de la ville de La Chaux-de-Fonds, la responsabilité des affaires sociales et j'ai constaté à la lecture de dossiers et au quotidien que, malheureusement, nous étions obligés d'aider un certain nombre de personnes qui, bien que travaillant à 100 pour cent, n'arrivaient pas à nouer les deux bouts et à faire vivre leur famille. J'estime, pour ma part, que lorsque l'on travaille à 100 pour cent, on doit pouvoir, sans aide de l'Etat ou des collectivités publiques en général, faire vivre sa famille décemment.

C'est pour cette raison que cette initiative populaire me paraît être extrêmement intéressante et que nous devons recommander son adoption.

Monsieur Hêche l'a aussi relevé, ce qui est assez surréaliste, c'est qu'à chaque débat sur ce sujet, il a toujours été dit que l'aide sociale coûtait cher. Et ceux qui le disent sont justement ceux qui représentent des milieux qui ne veulent pas de conventions collectives de travail, des milieux qui sous-paient les travailleurs. C'est vraiment - c'est le moins que l'on puisse dire - assez peu cohérent, puisque parmi les personnes qui critiquent les coûts élevés de l'aide sociale sont celles qui ne paient pas leurs employés décemment.

On nous oppose toujours le partenariat social, auquel je suis tout à fait favorable. Je pense même que si l'on arrive à trouver une solution entre partenaires sociaux, c'est beaucoup mieux qu'une loi, mais malheureusement - et cela a été relevé par plusieurs personnes - seuls 50 pour cent des [PAGE 868] travailleuses et travailleurs des entreprises sont au bénéfice d'une convention collective de travail, et ceux qui ne le sont pas travaillent souvent dans des branches avec des bas ou très bas salaires. A mon avis, à partir du moment où l'on n'arrive pas à trouver de solutions dans ce domaine, il est important de prévoir une solution fédérale, une solution qui s'impose à toutes et à tous. Il est dommage d'en arriver là, mais je pense que c'est la seule solution, et ce d'autant plus que je vous rappelle quand même que, venant d'une région transfrontalière, comme beaucoup de personnes ici, ces tensions liées aux salaires sont extrêmement dommageables à de futures votations sur l'ouverture de la Suisse au monde, sur certains accords économiques avec l'étranger.

Je vous demande donc vraiment de prêter attention à ces questions et de recommander l'adoption de l'initiative populaire.