Clottu Raymond · Nationalrat · 2014-06-10
Clottu Raymond · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2014-06-10
Wortprotokoll
La Suisse a besoin d'une circulation des personnes contrôlée avec le monde entier pour que nous recevions les travailleurs dont nous avons vraiment besoin. Les Suissesses et les Suisses l'ont bien compris en acceptant le 9 février 2014 une solution flexible et généreuse afin de répondre aux exigences des entreprises tout en ayant le contrôle de notre immigration, n'en déplaise à la majorité de ce Parlement.
En revanche, l'initiative "Halte à la surpopulation - Oui à la préservation durable des ressources naturelles" - plus connue sous le nom d'Ecopop, du nom de l'association à l'origine de ce texte - va limiter à 0,2 pour cent la croissance démographique en Suisse due aux étrangers. C'est réduire de 40 pour cent l'immigration par rapport à 2012, et cela correspond à faire fi des besoins en main-d'oeuvre de l'économie. Cette mesure, qui ne laisserait aucune latitude à nos autorités dans la fixation des contingents, aurait des conséquences catastrophiques pour notre économie et bien entendu pour les places de travail.
Les initiants prônent la fermeture des frontières et la modération démographique. Cette volonté de s'immiscer dans la politique de coopération internationale menée par la Confédération soulève plusieurs questions. Pourquoi se focaliser sur la planification familiale alors que les défis posés par la croissance démographique appellent une approche globale? Et de quel droit la Suisse se permettrait-elle de dicter à d'autres pays ses objectifs de politique démographique? Cette initiative est un leurre écologique. Plafonner l'immigration ne réduirait en rien la consommation de ressources naturelles car le plafond proposé s'appliquerait uniquement à la population résidant de manière permanente en Suisse. Du coup, pour notre pays, il faudrait s'attendre à une explosion du nombre de frontaliers - car ceux-ci seraient exclus du système de contingentement - et de leurs déplacements motorisés; cherchez l'erreur.
Au contraire, nous devons très rapidement mettre en place des quotas flexibles et généreux afin de répondre à la volonté exprimée par le peuple suisse, le 9 février 2014, de limiter et contrôler l'immigration de masse. Car, si nous ne réussissons pas à être restrictifs en matière d'immigration, les citoyens limiteront tôt ou tard, dans les urnes, l'ouverture de la Suisse au monde.
Alors que l'initiative de l'UDC laisse à nos autorités une marge de manoeuvre dans la fixation des contingents, l'initiative d'Ecopop fixe une limitation quantitative stricte, comme je l'ai dit, de 0,2 pour cent qui, inscrite dans la Constitution fédérale, n'admettrait aucune dérogation. Le recours à la main-d'oeuvre étrangère serait massivement réduit et la croissance fortement freinée, ce qui est du reste le seul but de cette initiative. Afin d'éviter ce genre de dérapage, le Conseil fédéral doit mettre en oeuvre rapidement et correctement la volonté du peuple exprimée le 9 février dernier.
En conclusion, je vous invite à ne pas soutenir cette initiative populaire et à recommander massivement son rejet.