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Darbellay Christophe · Nationalrat · 2011-05-31

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2011-05-31

Wortprotokoll

Je défends ici la minorité à l'article 1, en demandant pour les années 2012 à 2015 un crédit de 222 millions de francs pour le tourisme suisse. C'est un montant inférieur à la demande de Suisse Tourisme, qui prévoit la stratégie de croissance ainsi qu'une compensation du renchérissement. La majorité a déjà fait ici une première correction dans le projet du Conseil fédéral: elle consistait à améliorer cette position, puisque le Conseil fédéral voulait maintenir Innotour et, pour ce faire, prendre 20 millions de francs sur le crédit de Suisse Tourisme, ce qui n'était évidemment pas acceptable. Cette première erreur a été corrigée par la majorité.

Ma volonté est de corriger la seconde erreur, c'est-à-dire le fait que le Conseil fédéral, pour compenser le franc suisse fort, voulait rajouter 12 millions de francs, ce qu'il a fait: il a donné d'une main et repris de l'autre. Pour ma part, je vous suggère d'augmenter le crédit d'un montant correspondant à peu près à cette mesure anticrise pour compenser la force du franc suisse, le portant ainsi à 222 millions de francs. C'est la proposition de la minorité.

Je crois qu'il y a de très bonnes raisons de le faire; c'est la logique et ce n'est pas un cadeau. Il faut faire cet effort, parce que le tourisme est particulièrement sujet aux fluctuations monétaires. Il y est encore plus sujet que les autres branches d'exportation. C'est un domaine où le potentiel est prouvé par des études, notamment celle sur le potentiel de croissance du tourisme suisse publiée par le World Economic Forum, qui montre que l'on a beaucoup de possibilités, que le nombre de touristes en provenance de l'Asie, par exemple de la Chine, dépassera dans très peu de temps, comme marché touristique, celui des Etats-Unis, que dans l'espace de vingt ans on aura un doublement du potentiel touristique en provenance de ces pays. On a déjà des taux de croissance extrêmement intéressants avec l'Asie - plus 16 pour cent l'an dernier -, avec l'Amérique - plus 9 pour cent. Nous pourrons donc, malgré une concurrence très forte et très attractive au niveau des prix, avec une stratégie de qualité, avec une stratégie de marketing beaucoup plus intensive sur des nouveaux marchés, développer le potentiel extraordinaire du tourisme suisse.

Je dis déjà dans l'introduction qu'il ne s'agit pas d'une dépense supplémentaire, mais bien d'un investissement dans une branche importante pour l'économie de l'ensemble du pays. Avec 175 000 emplois, c'est l'un des grands secteurs de l'économie suisse, dans toutes les régions du pays, en commençant par les villes, puisque le tiers du tourisme vient des villes.

Et puis, un franc investi pour Suisse Tourisme, ce sont 41 francs de chiffre d'affaires et 6 francs d'impôt. Ce qu'on investit a donc un effet de levier très important et, dans ce contexte-là, le jeu en vaut absolument la chandelle. Investir dans la croissance, c'est travailler sur plusieurs marchés. 75 pour cent de nos clients viennent de l'Union européenne, mais ces marchés sont en stagnation. Si vous voulez maintenir le potentiel, il faut investir dans des marchés dont le développement coûtera un peu plus cher, puisque ce sont de nouveaux marchés - c'est le cas des pays d'Asie et d'Amérique -, mais qui sont des marchés très importants. Il faut compenser le fait que la durée du séjour moyen a diminué pour passer de 2,9 nuitées par touriste en Suisse à 2,2 nuitées. Cela signifie qu'il faut 25 pour cent de touristes supplémentaires pour obtenir le même potentiel de nuitées.

Il s'agit vraiment ici d'un enjeu très important. Pour l'ensemble du pays, on parle de 5 pour cent du produit intérieur brut généré par le tourisme, plus ou moins directement. Si l'on se place du point de vue de la ville de Lucerne, si l'on se place du point de vue des Grisons, d'Andermatt, du Valais, ou de l'Oberland bernois, l'intérêt est absolument clair. J'ai parlé tout à l'heure à des Genevois, et ils savent aussi l'importance du tourisme pour leur ville. Investir ce montant, qui paraît tout de même relativement modeste, permettrait vraiment d'investir dans la stratégie de croissance, qui a été fort bien développée par le Conseil fédéral. Mais là je dois regretter, très clairement, que le Conseil fédéral mette en place une stratégie de croissance qui me paraît parfaitement intéressante et intelligente, mais que ces belles promesses ne soient pas suivies d'actes.

Vous pouvez ancrer ces actes, pour développer le tourisme suisse, pour vraiment donner une chance à cette stratégie de croissance pour tout ce secteur économique, en soutenant cette proposition de minorité.